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La liberté d’expression [encore] menacée

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Les images étaient bouleversantes, les mots nous manquaient. Québec, victime d’une tuerie sans précédent, nous apprenait qu’aucune ville n’est à l’abris d’une telle attaque. Peu importe l’auteur d’un massacre, il n’existe aucune circonstance atténuante, aucune justification. Qu’il soit musulman, catholique, blanc, on doit dénoncer vivement la violence.

Expier sa haine par un carnage sanglant ne devrait jamais être une possibilité, considérant que notre société occidentale permet une multitude de solutions pacifiques pour régler conflits et tensions. Une de celles-ci est notre liberté d’expression, si durement acquise par nos ancêtres.

Les évènements de dimanche dernier sont dramatiques sur le plan humain, mais ne doivent jamais remettre en question notre droit de débattre et d’exprimer nos idées, nos opinions. Déjà depuis quelques jours, des politiciens osent mettre des bémols sur ce que nous devrions dire ou écrire l’immigration et l’islam étant les points de mire. Philippe Couillard souhaitait « mieux choisir les mots, qui peuvent unir, guérir ou diviser, ou blesser » alors que son adversaire Jean-François Lisée soulignait qu’un changement de ton s’imposait. Avec ces énoncés, le futur nous apparaît très sombre, la liberté d’expression risque d’être progressivement amoindrie. En réponse à cette attaque, l’impossibilité de critiquer l’islam sera alors à prévoir – crainte très réaliste. Les tenants de la rectitude politique, du multiculturalisme et de l’inclusion extrême, ébranlés par la morts de ces innocents musulmans, profiteront alors de ce climat de solidarité, de rage, d’incompréhension, pour encrer profondément cette philosophie où critiquer l’islam [ces éternels victimes] deviendra synonyme d’islamophobie.

Pour ne pas attrister davantage la communauté musulmane, qui légitimement, pleure encore ses morts, on exigera de la retenue, une censure, une totale absence de toute forme de reproche dirigée vers la religion mahométane. Alors que la violence ne doit avoir aucune place dans une société comme la nôtre, commenter dans un blogue, dans les médias sociaux, sur les tribunes radiophoniques, dans une chronique, un éditorial, ou tout simplement, entre nous, demeure une nécessité, un signe de santé collective. Vouloir limiter ce droit afin de ne pas déplaire à une communauté est le danger qui nous guette. Ce droit a été largement mis à l’épreuve dans les dernières années, gracieuseté de nos politiciens mollassons et adorateurs de la Charte des droits et libertés, pour qui une minorité culturelle ne doit jamais être sermonnée ou sujet à moqueries. Pensons au projet de loi 59, liberticide, affreux. Si une leçon doit être apprise de l’attentat de dimanche dernier, c’est bien celle que notre liberté d’expression est primordiale, qu’elle ne doit jamais être menacée. Toutefois, le politicien actuel, incapable de faire la part des choses, étouffé par la rectitude politique, la joute parlementaire, les défis électoraux et la peur d’être défini de raciste, d’intolérant, de xénophobe, accentue le déclin de notre espace communicatif, resserrant peu à peu l’étau de notre droit de parole.    

En terminant, voici quelques réflexions suite à ce triste attentat :

Est-ce possible d’avoir accès à un média traditionnel objectif, qui raconte les FAITS, sans complaisance musulmane?

Le Québec, si prompt à vouloir faire la leçon sur les armes et sur la présence d’un registre, mais qui est tout de même riche en tueries, plus qu’ailleurs au pays;

Selon les médias, étant un homme blanc, je suis automatiquement un membre du KKK ou le pire être sur terre. Les musulmans ne sont eux que des victimes;

Des musulmans tuent? C’est la faute à personne. Un blanc tue? C’est la faute de la droite, des radios, de Trump, du racisme, de l’islamophobie;

L’islam est toujours au centre d’évènements sanglants. Ici ce sont des musulmans qui ont été atteints. Sinon, ce sont eux qui tuent;

Qui est à blâmer pour les tensions actuelles? Certes, l’islam a une partie du blâme, mais n’oublions jamais les médias et les politiciens mollassons, adeptes de la rectitude politique et du multiculturalisme.      

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Rigueur, rigueur, rigueur

Rigueur, rigueur, rigueur

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Suite aux tristes évènements de la semaine dernière à Moncton, il y a eu lieu d’y ajouter des précisions. Je ne peux y échapper, compte tenu du caractère très publicisé de l’affaire. Cette tuerie est terrible, la pire des choses pouvant survenir. Ce n’est pas la première, ni la dernière fois où nous serons témoin d’un tel drame. La nature humaine, parfois, est difficile à saisir.

La couverture médiatique dans ce genre de nouvelle me répugne souvent. L’actualité « spectacle » est répandue et peu importe le sujet, on analyse tout dans les moindres détails ; le sport, la culture, la politique, les faits divers. Dès qu’un événement sort un peu de l’ordinaire, on va l’approfondir sur toutes ses formes. L’analyse politique sur une décision gouvernementale est légitime, celle sportive aussi. Les « sportifs de salon » ont été, sont, et seront à la mode. Il y a une multitude de stations de télévision, on doit remplir le temps d’antennes. La nouvelle réalité web rattrape aussi les médias.

L’actualité n’est plus tributaire du journal papier publié le lendemain, ni des bulletins télévisés. Elle va vite, on la retrouve aisément sur internet, sur les réseaux sociaux, en temps réel. Les chaînes de nouvelles continues telles RDI et LCN, ainsi que les journaux ont dû réagir à cette récente ère. Une des conséquences de ce changement fut l’introduction massive des commentateurs et éditorialistes de tout azimut. En général, on commente la politique, mais on y retrouve aussi une décortication de la société. Étudier en profondeur la dernière saison du Canadien, faire des reportages sur la nouvelle vie des ministres du cabinet Couillard, ou analyser le comportement d’une vedette de cinéma, peuvent paraître superflu, mais c’est de bonne guerre et très bénin.

On rencontre ainsi de plus en plus de spécialistes pour analyser une situation quelque conque, allant très fréquemment dans le TRÈS inutile. On fait appel à un avocat pour nous parler d’une cause du tribunal, à un ex-policier pour discuter du travail d’un agent, à un économiste pour nous entretenir de la fermeture d’une entreprise ou à une psychologue pour nous expliquer les répercussions d’un drame chez une victime. Ces personnes ne font en fait que donner leur point de vu, souvent inintéressant, impertinent ou tout simplement étrange. Ces « experts » jouent les gérants d’estrade, n’étant pas impliqué directement dans le dossier, le regardant de loin, sans en comprendre les raisons internes. On leur demande leurs avis tout de même, se contentant alors de généralités. C’est absurde, mais sans conséquences. Tu as le loisir de changer de poste ou de page.

Une limite atteinte

Toutefois, dans le cas de tueries, de massacres, de monstruosités – choisissez le terme qui vous convient- , le seuil de tolérance est atteint. Un évènement comme celui de Moncton, personne ne peut l’ignorer, autant par sa gravité que par la multitude de pages ou de topos que les médias diffusent. Ceux-ci, au lieu de se garder une « petite gêne », enfonce le clou et joue le drame à plein gaz. Nous sommes maintenant rendu à un point de non retours, celui, entre autres, de tracer le portrait du meurtrier. Un profil psychologique par ici, des photos de son enfance par là, on est complètement submergé de renseignements.

Pensons à l’attaque du Collège Dawson (2006), à la tuerie de Virginia Tech (2007), au bain de sang en Norvège (2011) ou au meurtre sordide de Luka Rocco Magnotta. Ces bandits, au lieu de demeurer des criminels, deviennent des vedettes instantanées. Dans certains cas, en étudiant leurs enfances difficiles ou leurs problèmes d’adaptation sociale, il en résulte quasiment de la pitié. De vulgaires monstres, ils sont transformés en victime. Je pousse peut-être un peu fort, mais la réalité n’est pas si loin.

Cette publicité gratuite suite à leurs méfaits, est en quelque sorte une récompense pour ces vauriens. Recherchant d’abord à faire le mal, se faire remarquer était, directement ou indirectement, une autre raison probable du crime commis.  A plusieurs reprises, la police a retrouvé des photos, un site internet, une page Facebook ou des lettres produites par le tueur. Le but était simple : faire parler de lui. Laisser une trace VOLONTAIREMENT, afin que l’on fasse de lui un héros, un martyre. Avoir son heure de gloire, sortir de l’anonymat, par un geste marquant, un geste d’éclat.

On doit être claire là-dessus :  il n’y a pas de pires choses à faire que de parler de gens qui ne le méritent pas. Est-ce que le meurtrier de John Lennon aurait été autant connu si on n’avait pas fait de lui la star des premières pages, la une des quotidiens? Ne vous trompez pas, on doit parler de l’évènement lui-même, des victimes, des conséquences, et nommer le responsable (avec sa photo), afin que sa réputation soit évanouie à jamais, mais arrêtons  là, s.v.p.

L’analyse crasse

Cependant, depuis trop longtemps, l’analyse médiatique du tueur porte également sur sa marque de céréale favorite, sa musique préférée, son passé, ses peines d’amour! On interview d’anciens camarades, un ancien professeur, son barbier, celui qui lui a vendu son dernier véhicule, et quoi d’autres? Un traitement de la sorte est-il répugnant ? Je le crois. Est-il aussi dangereux ? Oui. En poussant un peu loin la théorie, on risque même de faire haïr certaines catégories de gens qui n’ont rien à voir dans l’événement. Par exemples, les Asiatiques dans le cas de Virginia Tech (l’assassin était un sud-coréen) ou  les amateurs de musique métal dans le cas de Moncton et de la fusillade  de Columbine, en 1999 (ils écoutaient du Mégadeth ou de Marilyn Manson). Je me souviens de l’aversion pour les asiatiques suite à cette tuerie, et du regard que certaines personnes avaient sur ceux portant un t-shirt noir d’un groupe de métal. Avec tout ce battage médiatique, on peut arriver à trouver très stupides, bizarres ou excentriques, des personnes ayant les mêmes goûts ou intérêts que le meurtrier. Les amateurs de métal ont souvent été décrits de cette façon. Injustement.

Le meurtrier écrit les paroles d’une chanson de Mégadeth avant de commettre son crime? Tout les amateurs de ce groupe seront pointés du doigt, les médias ayant tellement insistés sur ce fait banal dans la description du tueur, qu’il deviendra un fait saillant majeur. De simple groupe populaire, on voudra le mettre à l’index. Un texte poétique d’artistes deviendrait-il l’une des causes de la tuerie ou un élément déclencheur ? Sérieusement ? Certaines personnes et commentateurs osent s’aventurer dans cette hypothèse.

Les seuls responsables sont les tueurs eux-mêmes, ce sont eux qui décident d’appuyer sur la gâchette, d’agir de la sorte. Avoir été élevé dans un environnement violent, jouer à des jeux vidéos ou écouter de la musique psychédéliques n’ont rien à voir avec ce geste crapuleux. Le cerveau agit selon sa conscience, point à la ligne.

« Il en avait contre l’autorité » dit-on. Et alors?’ « Il était un garçon timide », raconte un autre. Cela en faisait un suspect potentiel ? On doit se l’avouer, outre quelques rares cas où l’on pouvait voir venir le coup, ce type de massacre, ou dans une moindre mesure, le suicide d’une personne, sont quasiment impossible à détecter.

Le fameux registre

D’ailleurs, on peut aussi faire un parallèle avec le registre des armes à feu. Le fédéral l’a supprimé, le provincial, en colonisé, veut s’en créer un nouveau. En plus d’être coûteux, son inutilité est évidente. Si une personne veut causer un massacre, qu’un registre ou non existe, il trouvera une arme ou un autre moyen. Le problème n’est pas celui des armes à feu mais bien de santé mentale. Nous faisons face à un problème de santé déguisé en problème d’armes à feu. Ne soyons pas dupes. Mais qui dit troubles mentaux dit système de justice déficient. Je ne reviendrai pas sur cette aberration, que nous avons pu observer par exemple avec le dossier de Guy Turcotte.

Registre ou pas, il y aura toujours des tueurs. Toutefois, comment peut-on acheter des armes d’assauts aussi facilement ? Même avec un permis de chasse, pourquoi il est autorisé d’acheter ce type d’armement ? Il semble aisé d’en trouver, un registre ne serait donc pas efficient. Faire de la chasse avec une mitraillette ? Seule l’armée devrait s’en procurer.

« Les fusils qu’il a sur la photo, c’est des fusils qu’il a depuis un bout, ils sont toutes enregistrés, c’est un chasseur, il aimait ses armes », mentionnait un article de journal. Cette phrase résume tout : enregistrer une arme n’est pas synonyme de succès. Une barbarie est toujours possible. Une conclusion dure, mais vraie.

Que faire?

Comment faire pour enrayer le « star in the making » engendré par les médias? Passer une loi interdisant la publication du nom et d’une photo du tueur ? Nous sommes au Canada, un pays libre, qui ne doit pas limiter ni brimer le droit de parole des citoyens, médias, groupes ou autres. Comme le disait un jour Pierre Bruneau « rigueur, rigueur, rigueur ». C’est l’unique façon de contourner le problème. Les médias doivent faire un examen de conscience, revoir le sens moral de leurs publications et reportages. Dénoncer le meurtrier en le nommant et le montrant, c’est normal et souhaitable, mais pourquoi en vouloir plus ? La population en général est de nature curieuse, aimant les potins, mais elle a une moralité et n’est pas si « voyeuse ».

Une leçon pour tous!