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La liberté d’expression [encore] menacée

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Les images étaient bouleversantes, les mots nous manquaient. Québec, victime d’une tuerie sans précédent, nous apprenait qu’aucune ville n’est à l’abris d’une telle attaque. Peu importe l’auteur d’un massacre, il n’existe aucune circonstance atténuante, aucune justification. Qu’il soit musulman, catholique, blanc, on doit dénoncer vivement la violence.

Expier sa haine par un carnage sanglant ne devrait jamais être une possibilité, considérant que notre société occidentale permet une multitude de solutions pacifiques pour régler conflits et tensions. Une de celles-ci est notre liberté d’expression, si durement acquise par nos ancêtres.

Les évènements de dimanche dernier sont dramatiques sur le plan humain, mais ne doivent jamais remettre en question notre droit de débattre et d’exprimer nos idées, nos opinions. Déjà depuis quelques jours, des politiciens osent mettre des bémols sur ce que nous devrions dire ou écrire l’immigration et l’islam étant les points de mire. Philippe Couillard souhaitait « mieux choisir les mots, qui peuvent unir, guérir ou diviser, ou blesser » alors que son adversaire Jean-François Lisée soulignait qu’un changement de ton s’imposait. Avec ces énoncés, le futur nous apparaît très sombre, la liberté d’expression risque d’être progressivement amoindrie. En réponse à cette attaque, l’impossibilité de critiquer l’islam sera alors à prévoir – crainte très réaliste. Les tenants de la rectitude politique, du multiculturalisme et de l’inclusion extrême, ébranlés par la morts de ces innocents musulmans, profiteront alors de ce climat de solidarité, de rage, d’incompréhension, pour encrer profondément cette philosophie où critiquer l’islam [ces éternels victimes] deviendra synonyme d’islamophobie.

Pour ne pas attrister davantage la communauté musulmane, qui légitimement, pleure encore ses morts, on exigera de la retenue, une censure, une totale absence de toute forme de reproche dirigée vers la religion mahométane. Alors que la violence ne doit avoir aucune place dans une société comme la nôtre, commenter dans un blogue, dans les médias sociaux, sur les tribunes radiophoniques, dans une chronique, un éditorial, ou tout simplement, entre nous, demeure une nécessité, un signe de santé collective. Vouloir limiter ce droit afin de ne pas déplaire à une communauté est le danger qui nous guette. Ce droit a été largement mis à l’épreuve dans les dernières années, gracieuseté de nos politiciens mollassons et adorateurs de la Charte des droits et libertés, pour qui une minorité culturelle ne doit jamais être sermonnée ou sujet à moqueries. Pensons au projet de loi 59, liberticide, affreux. Si une leçon doit être apprise de l’attentat de dimanche dernier, c’est bien celle que notre liberté d’expression est primordiale, qu’elle ne doit jamais être menacée. Toutefois, le politicien actuel, incapable de faire la part des choses, étouffé par la rectitude politique, la joute parlementaire, les défis électoraux et la peur d’être défini de raciste, d’intolérant, de xénophobe, accentue le déclin de notre espace communicatif, resserrant peu à peu l’étau de notre droit de parole.    

En terminant, voici quelques réflexions suite à ce triste attentat :

Est-ce possible d’avoir accès à un média traditionnel objectif, qui raconte les FAITS, sans complaisance musulmane?

Le Québec, si prompt à vouloir faire la leçon sur les armes et sur la présence d’un registre, mais qui est tout de même riche en tueries, plus qu’ailleurs au pays;

Selon les médias, étant un homme blanc, je suis automatiquement un membre du KKK ou le pire être sur terre. Les musulmans ne sont eux que des victimes;

Des musulmans tuent? C’est la faute à personne. Un blanc tue? C’est la faute de la droite, des radios, de Trump, du racisme, de l’islamophobie;

L’islam est toujours au centre d’évènements sanglants. Ici ce sont des musulmans qui ont été atteints. Sinon, ce sont eux qui tuent;

Qui est à blâmer pour les tensions actuelles? Certes, l’islam a une partie du blâme, mais n’oublions jamais les médias et les politiciens mollassons, adeptes de la rectitude politique et du multiculturalisme.      

Quel 3e lien?

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Le sujet est d’actualité, tout le monde en parle. Régis Labeaume vient même de présenter son plan pour la circulation routière. Les embouteillages saccagent notre qualité de vie, mais que faire? Pont, tunnel ou même un métro? Soyons sérieux. On entend fréquemment que si Montréal a son nouveau Pont Champlain, Québec mérite le sien. Erreur. La région de la Capitale Nationale compte de 3 à 4 fois moins d’habitants que celle de la métropole. Est-il souhaitable, compte tenu de l’endettement monstrueux des finances publiques, d’ajouter un projet de l’envergure d’un troisième lien? D’ailleurs, est-ce un projet si vital et encore plus important, règlerait-il les problèmes de circulation dans la capitale? Non. D’ailleurs, avec les sommes à prévoir pour le nouveau Pont de l’Ile d’Orléans et l’entretien des ponts Pierre-Laporte et de Québec, il n’est pas en mon sens prioritaire et économiquement responsable d’y additionner une autre facture.

Autant l’idée d’un 3e lien n’est pas réaliste, autant celle d’un SRB est une lubie de la pire espèce. Les pouvoirs publics doivent cesser d’écouter les larmoyants écolos. La région de Québec ne se compare en rien à l’Europe : l’Europe concentre des millions de gens à l’intérieur d’un espace très restreint alors que notre ville a une faible population étendue sur un vaste territoire. Le transport en commun n’est donc pas une solution efficace pour notre ville. Il est utopique de croire que l’autobus (ou un SRB,) devienne un outil efficient dans les déplacements quotidiens : une jeune famille, un entrepreneur ou un simple citoyen devant se rendre à un rendez-vous n’y trouveront jamais leur compte.

Depuis combien de temps remarque-t-on une augmentation du trafic à Québec? 10 ans, 15 ans? Depuis combien de temps les voies réservées aux autobus sont elles omni présentes? Environ 10 ans… Existe-il là une piste de solution? Il serait sage d’étudier concrètement la situation. J’exagère possiblement les méfaits de ces voies, mais si nous pensons que d’en rajouter demeure la clé, nous passons probablement trop de temps à contempler les adorateurs de Gaia. Êtes-vous passé sur le Boulevard Lebourgneuf récemment? Allez-y, vous comprendrez alors mieux pourquoi cette farce verte a assez durée.

Que faire alors? La première des choses, c’est d’établir un budget réaliste et d’y dessiner nos priorités. Certains axes routiers ont été imaginés il y a 30 ou 40 ans, loin de la réalité actuelle. Il ne fait pas de doute que le réaménagement d’autoroutes, l’ajout de voies régulières et la réduction de certaines zones réservées deviennent des solutions intéressantes. On l’a vu par exemple pour l’autoroute Robert-Bourassa, près du Cégep Ste-Foy : ce réaménagement a été bénéfique. L’appliquer ailleurs dans la ville serait souhaitable. Rapidement.

Notre mentalité moderne à l’égard du travail devra aussi être révisée. Du télétravail aux changements d’horaire, une réflexion nationale pourrait se présenter aux diverses entreprises et organes gouvernementales. La technologie facilitera ces choix.  

J’ai de grandes réserves sur la faisabilité d’un troisième lien. Certaines solutions moins radicales et surtout moins onéreuses existent. Suffit de le croire.  

Musée national des beaux-arts du Québec

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Bienvenue au Musée des beaux-arts du Québec (MNBAQ). Depuis le 24 juin dernier, le musée a pris un nouvel envol, avec l’ouverture du pavillon Pierre Lassonde. J’ai toujours apprécié les musées, spécialement ceux illustrant l’histoire, par ses artéfacts, pièces antiques et représentations artistiques. Je dirais que j’apprécie en fait la plupart des formes d’arts. Je dis « la plupart » car souvent, l’art flyé, avant-gardiste, trop contemporain, me laisse songeur. Le MNBAQ laisse beaucoup de place à cette forme d’art.

Quelques observations sur ma dernière visite. Premièrement, le MNBAQ, avec son nouveau pavillon, est de classe mondiale. Nous n’avons pas à rougir. L’intégration des divers pavillons sous un même espace facilite l’accès et rend la visite agréable. Prévoir un minimum de 3 heures pour voir la globalité des pavillons!

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Le MNBAQ, de classe mondiale

Le nouveau pavillon est d’une remarquable beauté. Moderne, spectaculaire, sa disposition permet également au visiteur de découvrir sous un angle différent certains secteurs de notre ville. C’est dans ce pavillon que nous rencontrons l’art contemporain. Certaines oeuvres sont loufoques, déjantés, incompréhensibles. Il est ici le fameux flyé que je n’apprécie peut-être pas suffisamment. Malgré tout, l’originalité, le soucis du détail ou la qualité esthétique de certaines de ces oeuvres permettent de passer un bon moment et de mieux saisir l’importance de cette forme d’art : s’éclater, sortir de l’ordinaire, réfléchir, divertir. Elle mérite un petit coin bien à elle.

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De l’art contemporain, incluant des œuvres assez flyés

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Une belle vue

Les deux autres pavillons du MNBAQ sont toujours aussi impressionnants. « Ce bâtiment a abrité, pendant près d’un siècle, la prison de Québec. Il est l’œuvre de l’architecte québécois Charles Baillairgé. Depuis 1991, il fait partie intégrante du Musée national des beaux-arts du Québec. Des cachots y ont été conservés pour témoigner de la vie carcérale au siècle dernier »[1]. On y retrouve des collections diverses (art moderne), de Jean-Paul Lemieux à Riopelle en passant par Pellan. Le Québec artistique!

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Nos artistes québécois les plus connus

En ce qui concerne le pavillon Gérard-Morisset, on y retrouve l’art historique, davantage classique et en mon sens, le plus intéressant et marquant.« Plafonds sculptés, colonnes surmontées de chapiteaux et matériaux nobles : l’architecture néoclassique de ce pavillon est impressionnante. Conçu par l’architecte Wilfrid Lacroix, l’édifice a été inauguré en 1933. Les bas-reliefs de sa façade ont été réalisés par le sculpteur Émile Brunet. Jusqu’en 1991, le Musée occupait uniquement ce bâtiment[2] ». Certains tableaux illustrent nos paysages québécois, d’autres nos personnages marquants, sans oublier plusieurs évènements historiques. L’art chrétien est aussi très présent. Avec ses magnifiques tableaux et sculptures, il nous ramène à notre passé catholique et à ce devoir de mémoire collective.

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Art historique

Le MNBAQ donne une place de choix à l’art québécois. En cette période de régression identitaire, il est toujours bon de retrouver les siens. Reconnaître son passé, pour maintenir son futur!

 

[1] http://www.mnbaq.org/renseignements/sur-place/plan-du-musee.
[2] http://www.mnbaq.org/renseignements/sur-place/plan-du-musee.

Les foutus parcomètres

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Lorsque je me promène dans le quartier St-Roch de Québec ou dans le centre-ville de Montréal, je ne peux que constater une certaine désolation à voir les nombreux immeubles délabrés, laissés vacants ou sans vraiment d’entretien. Je ne suis pas économiste et je n’ai pas fais d’étude approfondie sur le sujet, mais un fait me frappe toujours : pourquoi une ville aime tant nuire à sa population? Lourdeur bureaucratique, taxes, permis, pour un commerçant, réussir n’est pas aisé. Si on doit ajouter en plus les embûches rencontrées par sa clientèle afin de le visiter, on peut mieux comprendre la triste réalité du déclin des centres villes. J’ai écris récemment à la ville de Québec, dans le cadre d’un communiqué envoyé par la ville à ses citoyens. Je voulais simplement vous partagez mes frustrations vis à vis les parcomètres, entre autres.

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Bonjour, je me permets ce petit courriel suite à cette parution :

http://ville.quebec.qc.ca/citoyens/vieuxquebec/index.aspx

Pour redonner vie au Vieux Québec, à St-Roch et au quartiers limitrophes, il n’existe pas une multitude de solutions. Sans trop vouloir paraître simpliste, je peux résumer le tout à l’accessibilité. Pour tout visiteur du centre-ville de Québec, qu’il provient des banlieues, du reste du Québec ou de partout dans le monde, la question du stationnement demeure primordiale. Si la ville veut redonner le Vieux Québec à sa population, on doit lui en faciliter sa venue. Éliminer les parcomètres demeurent pour moi une alternative nécessaire. Évidemment, la ville aura moins de revenus palpables, mais en parallèle, les retombées engendrées par une augmentation de la fréquentation aideront nos commerçants à retrouver une santé économique et à déclencher le désir de participer à cet essor. Une ville accueillante pour les affaires promeut l’entrepreneurship. Une ville prospère voit fondre son pourcentage d’immeubles vacants, abandonnés ou inoccupés. Je parle du Vieux Québec, mais aussi des rues Cartier, St-Jean ou de la Grande Allée.

Pouvoir se stationner dans la rue, sans se soucier de payer son parcomètre agrémente une présence en ville. On déplore la mort des centres villes, que cela soit Québec, Montréal, ou partout en province, mais si les politiciens municipaux rendaient la vie plus facile et moins onéreuse à ses citoyens, la vitalité économique des centres villes en serait préservée. Je demeure dans Lebourgneuf et aller au centre-ville me répugne uniquement à l’idée de devoir payer, en plus de mes taxes municipales, un parcomètre. Un parcomètre, c’est payer pour se promener dans sa propre ville…!

Merci!

Marcel Trudel (1917-2011)

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Il y a des dizaines d’auteurs méconnus au Québec. Certains méritent une attention particulière. Je pense à Marcel Trudel. Je lisais récemment quelques uns de ses ouvrages : Mythes et réalités dans l’histoire du Québec et Deux siècles d’esclavage au Québec.

Marcel Trudel aimait traiter de sujets délicats ou venir déboulonner certaines réalités. On pense connaître un thème, un personnage, mais pourtant, certains bémols doivent être signalés. Par son travail exemplaire et sa rigueur intellectuelle, Marcel Trudel a, tout au long de son parcours littéraire, mit un frein à certaines faussetés véhiculées au gré du temps.

Plusieurs thèmes ont d’ailleurs été abordés par l’auteur. En feuilletant certains de ces ouvrages, on peut apprendre par exemples que la réputation de l’intendant Jean Talon était surfaite, que le récit héroïque de Madeleine de Verchères était exagéré, qu’il y a eu réellement de l’esclavage au Québec au cours de notre histoire, que le régime militaire suivant la conquête avait été bénéfique et que devenir « sujet » britannique » ne consistait pas à une fatalité.

On doit crier haut et fort l’importance de l’histoire, celle qui traite de nos origines, celle qui trace notre identité. Marcel Trudel en était un amoureux et l’un de ses meilleurs vulgarisateurs. Il fut d’autre part membre de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

En 1960, il publie un essai majeur et controversé – qui a depuis été maintes fois réédité – sur l’esclavage au Canada français. A cette époque, plusieurs religieux et intellectuels n’ont pas accepté sa visions des choses, à savoir que des personnages jusque là sans tache et élevés au rang de héros, aient profité de l’esclavage. Ses travaux sur la question, soit Deux siècles d’esclavage au Canada et son Dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires au Canada, donnent en quelque sorte un autre point de vue sur la société canadienne d’antan. Les diverses révélations de Trudel, autant en ce qui a trait à l’esclavage qu’aux divers personnages québécois, remettaient en question la place occupée par certaines de nos icônes historiques, constituées par une vision élitique et pédagogique, percevant en elles une manière de construire un fort élan de nationalisme et de patriotisme.

Cet historien de renom s’est ainsi démarqué par le caractère novateur de ses livres. Il a ouvert toute une série de nouvelles pistes de recherche en s’intéressant notamment au régime militaire en Nouvelle-France ou aux liens entre le Canada et les États-Unis, lors de la guerre d’indépendance américaine.

À partir d’une certaine époque, Marcel Trudel affichait déjà clairement son engagement en faveur de la laïcité et est même devenu le président du Mouvement laïc de langue française, en 1962. Ses prises de position déplaisent aux autorités universitaires, qui le forcent à quitter l’Université Laval, trois ans plus tard.

Les Québécois, par le biais de certains politiciens, historiens et intellectuels, ont longtemps voulu se créer une histoire bien vivante. Lord Durham n’avait-il pas écrit en 1839 : « ils sont un peuple sans histoire et sans littérature ». Quoi de mieux alors que de privilégier la construction de nouveaux héros, de récits fabuleux. Certains auteurs ont faussé – intentionnellement ou non, accompagné probablement d’une certaine ignorance –  quelques faits. Une image nationale doit se créer naturellement, sans un apport de superflu. Le Québec n’est pas la France, qui possède plus de deux milles ans d’existence et qui a vu défiler tant de rois, reines, cardinaux. On doit reconnaître et accepter que notre histoire québécoise est limitée dans le temps et donc plus modeste. C’est une normalité.

Malgré tout, le Québec n’a pas à rougir de son passé, rempli de hauts et de bas, comme toute nation. Pourquoi avoir voulu l’embellir? Évidemment, ces auteurs avaient leur raison. A une certaine époque, quelques faits manquaient probablement. En 2016, à l’ère d’Internet et des bibliothèques virtuelles, les informations sont accessibles comme jamais. Néanmoins, à l’apogée de la carrière de Trudel, ces ressources n’existaient pas : sa grande curiosité intellectuelle l’ayant toutefois guidée. On doit le remercier pour son apport extraordinaire à la cause québécoise.

Le Québec, a longtemps souffert de cette double ignorance, si bien définie et énoncée par Platon, dans l’Apologie de Socrate : « lui croit savoir quelque chose, alors qu’il ne sait rien, tandis que moi, si je n’ai aucun savoir, je ne crois pas non plus savoir ». Il est préférable d’avoir une histoire remplies de vérités, avec des personnages moins spectaculaires, plus effacés que de faire preuve de double ignorance.

Tout Québécois devrait s’inspirer de Trudel : sortir des sentiers battus, creuser son esprit, ne pas toujours croire ce qui est écrit ou dit, surtout dans nos manuels scolaires. Nos jeunes sont hélas endoctrinés par une pensée unique, celle vantant le socialisme, l’immigration massive et le multiculturalisme tueur d’identité. Si le Québec veut survivre en tant que nation démocratique francophone de souche catholique, le système scolaire doit au plus vite résoudre cette problématique en offrant à nos enfants le cadeau de la curiosité intellectuelle, et par ricochet, celui de la fierté nationale.

Trudel avait le soucis du détail. Enrichis de nombreuses statistiques et de longues énumérations, certains passages de ces livres pouvaient paraître lourds, mais rapidement, ses ouvrages sont devenus des repères, des encyclopédies.

Il aurait été intéressant de lire Trudel sur les accommodements religieux du présent siècle, lui qui prônait le caractère laïque de l’État. Gageons qu’il aurait appuyé le projet de Charte proposé par l’ancien gouvernement Marois. Gageons aussi qu’il aurait dénoncé le Québec et le Canada de 2016, celui de Couillard et Trudeau, pourvoyeurs de notre identité nationale.

 

 

 

 

Libéralisons l’industrie du taxi

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C’est le sujet de l’heure. Uber est partout, avec ses partisans et ses détracteurs. Que faire, que pensez? Difficile d’y répondre avec exactitude. L’industrie du taxi vit à son tour les aléas de la technologie. Personne ne pourra ralentir le processus. Les chauffeurs de taxi devront s’adapter et ajuster leur offre de service. Mais avant toute chose, la réponse passe par le gouvernement provincial. Comme il a également la main mise sur cet univers, notre gouvernemaman est le seul à pouvoir régler la situation. Uber est une application mobile contournant la réglementation actuelle, celle de détenir un permis d’exploitation valide. Ses conducteurs ne participent donc pas au régime étatique. Par son désir d’intervenir partout dans nos vies, le gouvernement est l’unique responsable du présent chaos.

L’actuelle injustice provient du prix parfois très élevé payé par les chauffeurs de taxi traditionnel versus la pleine liberté dictée par Uber. Au Québec, comme d’ailleurs dans plusieurs autres endroits au Canada, le gouvernement réglemente strictement la quantité de permis de taxi disponible. « Par exemple, l’île de Montréal peut avoir seulement 4522 permis. Notre-Dame-de-Pierreville, une petite municipalité de 2000 résidants située à environ 130 kilomètres de Montréal, n’en a que deux »[1]. Vous voulez acquérir un permis de taxi? Vous devez investir une petite fortune… sans même compter l’achat de la voiture. Pour obtenir ce permis, un nouveau venu doit procéder selon le principe de l’offre et de la demande. Comme à son habitude, le gouvernement a instauré un précepte complexe, abyssal, qui n’est maintenant plus au goût du jour. Mon but n’est pas d’expliquer expressément son fonctionnement, mais d’affirmer tout simplement que seule une libéralisation sauvera cette industrie en pleine métamorphose. Cet extrait d’une étude publiée le 21 novembre 2014 par lInstitut économique de Montréal est révélateur :

 « Il faut abolir ce permis de taxi qui freine le développement technologique de lindustrie. Selon les auteurs du rapport, ces permis représentent le plus grand obstacle à l’implantation de nouvelles technologies de covoiturage, tels qu’UberX, qui auraient de nombreux effets bénéfiques pour les chauffeurs et les clients. Les années 1970 sont terminées, mais la réglementation ne prend pas compte de possibles changements que les nouvelles technologies pouvaient amener, termine Vincent Geloso, coauteur du rapport. Le seul obstacle concret à l’adoption de ces nouvelles technologies est le système largement répandu des permis de taxi (permis d’exploitation). Il est impossible d’entrer dans l’industrie du taxi sans acquérir un tel permis ou en louer un d’une personne qui en est détentrice. Actuellement, à Montréal, le prix d’un permis est d’environ 200,000$. La concurrence accrue que suscitent les applications de covoiturage commercial fait diminuer la valeur de ces permis. Les chauffeurs de taxi qui comptent sur leur permis en tant qu’actif garantissant leurs vieux jours considéreront à juste titre toute détérioration dans leur valeur comme une menace à leurs perspectives de retraite.
Cette dynamique explique la résistance de l’industrie du taxi. Néanmoins, les avantages potentiels du covoiturage commercial sont si grands qu’il serait économiquement plus efficace pour tout le monde de résister à la tentation de bannir ou de trop réglementer ces nouveaux services et d’indemniser plutôt les chauffeurs de taxi d’une partie de leurs pertes. Par la suite, l’entrée sur le marché du transport urbain serait libre. Ceci améliorerait aussi la vie des plus jeunes chauffeurs de taxi qui, exemptés des lourds intérêts sur les prêts qu’ils auraient eu à contracter pour acquérir un permis, pourraient faire concurrence en réduisant leurs tarifs sans diminuer leur niveau de revenu. Les applications de covoiturage commercial sont susceptibles de révolutionner le secteur du transport personnel en milieu urbain et d’améliorer grandement la qualité de vie des citoyens. Une politique économique appropriée ne devrait pas empêcher leur adoption par les consommateurs tout en indemnisant ceux et celles qui subiront les conséquences d’une réglementation gouvernementale devenue désuète »[2].

Libéraliser le taxi ne sera pas une sinécure. Un marché libre, sans prix plancher, exclura toute inégalité législative. Pour ce faire, il sera d’abord nécessaire de racheter les présents permis d’exploitation des chauffeurs de taxi. Comme leur prix fluctue selon le marché, il est devient difficile d’y établir leurs valeurs combinées. Certaines sources parlent d’une somme allant de 750 millions à 1 milliard de dollar. Dans cette optique de rachat, le gouvernement devra trancher et rembourser chaque bénéficiaire selon une valeur établie : pourquoi ne pas utiliser une moyenne régionale? Par exemple, si la valeur moyenne des permis de taxi est établie à 175,000$ pour la capitale nationale, c’est à cette hauteur que le gouvernement rachètera individuellement les permis de cette région. On parlera évidemment d’une dépense importante pour le gouvernement. Importante mais vitale pour redonner vie à l’industrie. Puisque tout gouvernement doit être financièrement responsable, cette dépense devra se conclure par des coupures budgétaires proportionnelles : le Québec ne doit pas s’endetter. Le présent fouillis est le résultat d’un contrôle étatique. On peut le comparer aux garderies, aux différents quotas etc. Le gouvernement interventionniste québécois gâche les libertés les plus fondamentales et augmente le fardeau des contribuables.

Un libre marché ne doit pas signifier automatiquement un laisser-aller absolu. Inévitablement, certaines règles élémentaires devront venir complémenter l’industrie. Pour assurer à la population un minimum de sécurité et un service de qualité, que devons-nous faire? Des tonnes de règlements ne feront qu’alourdir et ruiner l’industrie. Des solutions pragmatiques, simples et éloignées des aléas bureaucratiques doivent resurgir. L’enfer administratif doit cesser.

Évidemment, un chauffeur de taxis pourra décider de son avenir : veut-il être à son compte ou employé d’une entreprise? La décision lui reviendra. Pour éviter l’évasion fiscale, chaque course devra être enregistrée par un reçu de service rendu. Le client qui fera son paiement devra aussitôt le recevoir du chauffeur. De son côté, à des fins de preuves fiscales, celui-ci sera tenu de le sauvegarder. En se libéralisant, le monde du taxi ne sera pas soustrait aux paiements d’impôts et de taxes. Tout revenu devient imposable, il va de soi. Pour être légal, tout chauffeur indépendant ou entreprise de taxi devra respecter certaines règles aisément applicables :

– Dans le but d’une surveillance et d’un contrôle fiscal traditionnel, l’employeur (une compagnie recrutant des conducteurs salariés) et le travailleur autonome seront contraints de s’inscrire au Registraire des entreprises du Québec. Les frais applicables varieront selon le nombre d’employés, le tout étant à renouveler à chaque année. Pour le travailleur autonome, sa tarification sera standard, d’après une grille préétablie.

– Une assurance responsabilité civile commerciale – couvrant les négligences non reliées à la conduite du véhicule, pensons à l’aide pour sortir les bagages – et une assurance automobile comportant un avenant « taxi ou transport de personnes à des fins lucratives » s’inscrirons parmi les obligations de toute entreprise ou travailleur autonome. Celles-ci pourront être souscrites chez n’importe lequel assureur qualifié. L’employé d’une entreprise de taxi sera de facto protégé par l’assurance responsabilité civile de son patron, mais s’il conduit son propre véhicule, cela nécessitera l’ajout de l’avenant prescrit en assurance automobile. Cependant, si le salarié utilise l’un des véhicules de la flotte automobile de son employeur, l’obligation ne tient plus. La souscription et la prime des différentes options seront à la guise des différents assureurs.

– La dernière obligation consistera à l’ajout sur le permis de conduire de tout chauffeurs de taxi de la mention « conducteur de taxi ou transport de personnes à titre onéreux », et ce, indépendamment de son statut de travail… salarié, autonome etc. Uber et les autres entreprises d’applications mobiles devront s’y soumettre. Un conducteur fautif pris sur le fait verra son permis révoqué et son véhicule saisi. Une amende salée accompagnera le tout. Pour tout chauffeur de taxi, la SAAQ oblige déjà cette forme de permis (4c), moyennant certaines exigences minimales, telles la réussite d’un test visuel et la présence d’un rapport médical conforme[3].

La possibilité du travail au noir a toujours existée. Elle continuera. Pour la freiner, un environnement fiscal non hostile doit prévaloir au Québec : des impôts trop élevés freinent l’entreprenariat et excite l’évasion fiscale. L’industrie du taxi n’y échappera pas. La libéralisation de ce domaine entraînera des critiques. On la trouvera trop accessible, trop risquée. La libéralisation amènera de la compétition. Les entreprises négligentes ou non ordonnées seront abandonnées. Il serait illusoire d’assister à la complète extinction de taxi illégaux, l’être humain aimant parfois défier la loi. Si des sanctions exemplaires frappaient les fautifs, la crainte de se faire prendre augmenterait.

Mentir à son assureur sur l’utilisation de son véhicule peut aussi devenir pour certains très attirant : une fausse déclaration suivant une perte implique d’importantes répercussions (annulation de la police ab initio[4], la difficulté à trouver un nouvel assureur etc.). Au Québec, pour conduire un véhicule – peut importe son usage –  il est obligatoire de posséder une assurance automobile disposant de la garantie « Chapitre A »[5]. Cacher à son assureur ses activités de taxi et voir son contrat annulé risque fortement de compromettre les chances d’un conducteur de trouver un nouvel assureur. Si une compagnie accepte de le souscrire, une prime salée et des conditions restrictives prévaleront. Perdre son permis de conduire pour une longue durée, voir son véhicule saisi, payer des frais de remorquage, être limité dans son magasinage d’assurance ou supporter de lourdes pénalités fiscales symbolisent des exemples classiques de cauchemars que pourraient subir ceux contrevenants aux obligations prescrites par une future libéralisation de l’industrie du taxi.

Libéralisons l’industrie du taxi. Laissons le marché fonctionner. Ne nous fions plus au gouvernement pour tout contrôler.

 

[1] D’après un texte du 2015/07/19, provenant du site : de http://www.lapresse.ca.
[2] Voir l’étude ici : http://www.iedm.org/files/lepoint0714_fr.pdf.
[3] Voir sur le site : http://www.saaq.gouv.qc.ca/permis/classes/classe_4C.php.
[4] Ab initio est une locution latine. Dans un cadre légal ou contractuel, ab initio fait référence à quelque chose étant partie du problème depuis le début ou depuis l’instant de l’acte. Lorsqu’un contrat est résilié ab initio, cela signifie qu’il est considéré comme nul depuis sa date de départ. Source : https://lussierdaleparizeau.ca/lexique/
[5] En effet la loi impose à tout propriétaire d’un véhicule circulant au Québec de détenir un contrat d’assurance responsabilité automobile. Cette assurance garantit le propriétaire du véhicule, ainsi que toute autre personne le conduisant, contre les conséquences monétaires pouvant leur incomber en raison des dommages causés à quelqu’un d’autre par le véhicule assuré. Le montant obligatoire minimum de l’assurance de responsabilité est de $50,000. Source : http://www.avocat.qc.ca/public/iiminigassur.htm

Un autre remaniement

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Le nouveau cabinet Couillard, 28 janvier 2016

On a été témoin d’un autre remaniement ministériel jeudi dernier. En effet, à mi-mandat, le premier ministre du Québec Philippe Couillard a brassé ses cartes, dans un exercice purement esthétique. Avant tout politique, ces changements démontrent encore une fois l’inutilité apparente du rôle de ministre. Interchangeable aisément, il est soumis au pouvoir parfois trop important de la fonction publique. Cette lourde bureaucratie, dirigée par les hauts fonctionnaires, sous-ministres et autres apparatchiks, contrôlent presque tout. Outre les forts en gueules et ceux profitant d’une rare stabilité à leur poste, les ministres ne sont règle générale que des coupeurs de rubans, des lecteurs de dépêches, des spécialistes en relation publiques. Paradoxalement, ces mêmes ministres, en raison de la notion électorale qui en font des « élus du peuple », donc redevables, devront assumer l’entière responsabilité d’une situation problématique. Jamais les hauts fonctionnaires ne seront blâmés!

Le jeu de la chaise musicale, spécialement celui en éducation, empêche tout ministre de prendre un certain leadership. Outre les Gaétan Barrette (santé) et quelques autres cas rares, les 25 dernières années nous auront démontré des ministres faibles, sans grande influence, se déguisant en de véritables « cassettes » partisanes. Il est toujours amusant de constater des élus sans aucune connaissance d’un domaine, y être nommé ministre. Un dentiste nommé à l’agriculture? Aucun problème, au nom de la parité homme-femme ou de toutes autres jongleries politiques, tout devient possible. Le temps d’arriver en place, d’apprendre les dossiers et de comprendre la réalité quotidienne de son ministère, la porte tournante revient au galop. Out! Au suivant!

Dommage, car à l’ère des clips médiatiques ou des réseaux sociaux, la patience n’est plus de mise : l’image règne en maître. Un ministre commet une erreur? On le balaie. Qui risquera de prendre position, de dire la vérité à la population sur un enjeu important, se sachant scruté et dépendant de l’humeur politique du premier ministre? En 2016, un ministre n’est qu’un porte-parole, tout au plus. Il lit des communiqués, préparés par des fonctionnaires, inaugure une route ou un immeuble, dont il n’avait jamais entendu parlé auparavant. Le day to day du ministère lui échappe, il ne fait que rapporter la bonne nouvelle… souvent au détriment du portefeuille du contribuable.

Le pouvoir au Québec (et au Canada) demeure entre les mains de quelques privilégiés, pour la plupart non élus. Le premier ministre reste le grand manitou de la province, il est celui par qui toute nomination passe. Les bureaucrates en mènent large, certes, mais ne minimisons pas l’énorme influence de la garde rapprochée du premier ministre. Ils ont la confiance du chef de l’État et restent plus puissants que n’importe quel ministre. Ces conseillers politiques, peu connus du public, sont parmi les rares personnes pouvant intervenir auprès du premier ministre.

D’autres non élus représentent aussi une force non négligeable : les juges. En ces temps modernes, les politiciens, menés par le politically correct, n’osent plus prendre de décisions, laissant ainsi le champs libre aux divers tribunaux, qui agissent à leurs places. Un pays gouverné par des juges, tous dictés par le dogme du multiculturalisme et du laisser-faire, nous en sommes rendu là!

Si vous aimez les cocktails, les soirées mondaines, les promenades en limousine, le prestige (à défaut d’avoir vraiment un réel pouvoir), le poste de ministre est pour vous. Plusieurs nouveaux ministres crient leur joie et débordent d’enthousiasme, pensant être LA personne qui changera le monde. Une fois la lune de miel terminée, constatant son impuissance, la naïveté du départ deviendra un ennui adouci par un salaire intéressant.

On se reparle lors du prochain remaniement.