Archives du mot-clé politique

Aux armes, citoyens

 



sans-titre
Les aventures de Tintin, Coke en stock 

Suite à l’épouvantable tuerie d’Orlando, certaines réflexions sur le port d’armes me sont venues. Que faire pour enrayer ce fléau? Je ne possède pas d’arme et je n’ai aucun intérêt à en obtenir une. Je ne suis donc aucunement biaisé dans ma désapprobation totale du registre des armes à feu proposé par le gouvernement Couillard. En vertu de ce projet de loi[1] :

 « Toute arme à feu sur le territoire du Québec doit être immatriculée avec un numéro unique et inscrite à un fichier. Toute transaction concernant l’arme immatriculée doit être signalée. Les autorités pourront saisir l’arme en cas d’infraction. Les entreprises d’armes à feu devront aussi établir et mettre à jour un tableau de suivi des opérations relatives aux armes à feu en leur possession. Le projet de loi prévoit également des sanctions pour les contrevenants, jusqu’à 5000 $ pour un particulier et jusqu’à 15 000 $ pour les autres cas ».

Toutefois, si nos voisins américains peuvent mettre facilement la main sur une panoplie d’armes, il en est tout autrement au Québec, où son acquisition demande un processus long et fastidieux. Dans un article paru le 22 juillet 2012[2], le directeur d’un club de tirs racontait : « Le processus pour obtenir une arme à feu prohibée aux États-Unis est différent. Dans la majorité des cas, c’est beaucoup plus facile qu’ici. Au Québec, on ne peut pas avoir une arme à feu comme ça. Pour les armes restreintes, c’est tolérance zéro. Il faut être patient, car il y a beaucoup de bureaucratie ». Le journaliste poursuit :

 « En effet, acquérir le droit d’acheter et d’utiliser ce type d’arme nécessite plusieurs démarches. D’abord, les aspirants tireurs devront suivre la formation du Cours canadien dans le maniement des armes à feu à utilisation restreinte, dispensée par la Fédération québécoise de tir et qui dure une journée se terminant par deux examens. La plupart des gens demandent des cours pour aller travailler pour des agences de sécurité, les postes frontaliers ou les prisons… C’est une formation qui est obligatoire. Et il y a beaucoup de personnes qui cherchent tout simplement à joindre un groupe, un club de tir, car ils ont des amis qui y sont déjà. S’ils obtiennent 80 %, les candidats peuvent ensuite passer à l’étape suivante qui consiste en un examen similaire au premier, mais qui s’applique à l’ensemble des armes à feu.
Par la suite, en vertu de la Loi sur les armes à feu (loi fédérale), la personne devra demander un permis de possession et d’acquisition auprès de la GRC qui fait une enquête, ainsi que la SQ, dans le cas du Québec. À cette étape, trois personnes doivent signer comme quoi le requérant est apte à mettre la main sur un tel objet. «Il n’y a pas de recherches psychologiques serrées au bout de l’évaluation. C’est la signature des trois personnes qui fait foi que tu es un citoyen honnête et non violent. Elles attestent que tu peux posséder une arme à feu. Une personne peut signer et ensuite téléphoner à la GRC pour dire que ce n’est peut-être pas une bonne idée que cette personne soit en possession d’une arme à feu.
 La Loi 9, en vigueur depuis 2008, et selon laquelle une formation de quatre heures est obligatoire, exige d’être membre d’un club de tir pour devenir éligible à l’achat d’une arme à feu restreinte. Une fois cette étape passée, la GRC doit délivrer un permis de transport d’arme à feu, valide uniquement entre le domicile et le club de tir. Le trajet doit être déterminé d’avance. Toutes ces étapes ne garantissent toutefois pas le droit d’être en possession d’armes. La Sûreté du Québec se garde beaucoup de latitude pour saisir une arme légalement enregistrée ».

Ainsi, le Québec est fortement protégé. L’achat d’une arme à feu est très surveillé et réglementé. Le risque zéro n’existe évidemment pas, pensons au trafic d’armes ou à l’accès illégal.

Dans ces circonstances, le futur registre québécois pour les armes à feu devient inutile et superflu : exercice purement esthétique et de supposé bonne conscience. Le Québec est champion dans les dépassements de coût, spécialement avec le bordel informatique[3]. La province croule sous la bureaucratie et son désir néfaste de tout contrôler. Le gouvernemaman est partout, nous taxant à l’infini. Les gouvernements modernes – et tout particulièrement au pays du socialisme québécois – adorent prendre la population par la main. La démocratie, cette « terre de liberté » devient de plus en plus autoritaire et infantilisante. Sous des allures de protecteurs des siens et d’une apparence de sensibilité à saveur de rectitude politique, le gouvernement Couillard n’apprendra vraisemblablement pas de l’exécrable expérience fédérale[4]. Un donneur de leçons québécois, incapable d’apprendre des erreurs du passé. Pathétique et arrogant : au Québec, nous sommes meilleurs que les autres, sachez le…

Ma dernière réflexion m’amène au niveau américain. Le deuxième amendement de la Constitution « garantit pour tout citoyen américain le droit de porter des armes ». Il fait ainsi parti des dix amendements, couramment appelés Bill of Rights[5]. Cette volonté américaine de posséder une arme est légitime, ce droit fondamental étant très encré dans leur historique nationale. Je suis de ceux pour qui la liberté n’a pas de prix, ce qui inclut la possibilité à tout citoyen d’acquérir une arme. Toutefois, aucun rapprochement n’est possible entre la réalité qui subsistait en 1791, et celle prévalant aujourd’hui. A cette époque[6], on parlait d’arquebuses, de pistolets, de mousquetons, de mousquets et de tromblons, bref d’armes à portée limitée, souvent assez lourde et encombrante, accompagnée d’une faible fréquence de tirs. Par exemple, la cadence de tirs pour le mousquet pouvait varier de 1 à 3 coups à la minute[7], ce qui est très peu si on la compare aux armes modernes, comme la Kalachnikov, qui va jusqu’à 600 coups par minute[8]. À la signature de la Constitution américaine, recharger une arme demandait de la patience et beaucoup d’entraînement. Une arme servait principalement pour se défendre et aller à la chasse. Qui aurait voulu et pu, avec un tel arsenal, provoquer une « tuerie de masse »? Pour les Pères fondateurs des États-Unis, l’idée qu’un de leur contemporain puisse user d’une arme pour perpétrer une tuerie à grand déploiement était inexistante.

Le deuxième amendement consistait à une sorte de protection contre un envahissement « potentiel » de l’État vis à vis sa population. Plus de 230 ans plus tard, cette peur de l’État est devenue caduque, l’armement s’est modernisé et notre société multiplie les occasions de grands regroupements publics (bars, évènements sportifs, etc.). En gardant à l’esprit ce désir profond du peuple américain d’être armé, serait-il toutefois envisageable d’éliminer du marché public les armes à grande portée et à cadence rapide? Nous pouvons facilement tolérer un accès illimité aux armes de poings tels un pistolet ou un revolver, mais doit-on l’accepter pour les armes d’épaule, telle une mitraillette? Outre à des fins militaires et policières, pourquoi la circulation à tout azimut des armes d’épaule est encore possible? En les interdisant au grand public, tout en maintenant le marché des armes de poing très accessible, on viendrait par le fait même réduire le risque de massacres, tout en respectant la mentalité légitime du deuxième amendement. Ce compromis est en mon sens très logique.

Le deuxième amendement garantissait le droit – sans compromis – de porter une arme, mais ce même amendement poussé à l’extrême devient archaïque dans sa forme contemporaine : il accorde à quiconque un accès infini aux armes, peu importe son modèle, sa portée etc. Mais à la fin du 18èime siècle, « l’infini » consistait à des armes à cadence lente. Si les Washington, Franklin, Adams et Cie avaient pu prévoir la progression fulgurante et meurtrière de l’armement, il est à parier que cet amendement se présenterait différemment.

Malgré toutes les interrogations et malaises concernant l’épineux dossier des armes à feu, n’oublions jamais que la cause première de l’attentat d’Orlando est l’islam radical. Un contrôle parfait des armes n’aurait probablement rien changé. Mais ce triste évènement permet tout de même de relever certaines pistes de discussion. En politique américaine, j’appui sans réserve les républicains, spécialement ceux prônant une droite économique décomplexée. Cependant, l’inflexibilité abusive du parti au sujet du port des armes me laisse songeur.

 

[1] Voir le http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-64-41-1.html.

[2] Voir : http://www.lapresse.ca/la-voix-de-lest/actualites/201207/27/01-4560209-obtenir-une-arme-a-feu-au-quebec.php.

[3] Je vous invite à visiter le site du Journal de Québec et de Montréal afin d’y lire l’excellent travail journalistique à ce sujet : http://www.journaldemontreal.com/enquetes/le-bordel-informatique.

[4] « Estimé au coût de 2 millions au départ, il totalise environ un milliard en 2006, soit 500 fois le montant initial. Bien qu’il soit un programme gouvernemental, ce dépassement de coût est considéré excessif par plusieurs ». Source : wikipedia.org/wiki/Registre_canadien_des_armes_%C3%A0_feu.

[5] Adoptée par la Chambre des représentants le 21 août 1789 et le Congrès le 26 septembre suivant, elle est ratifiée progressivement par les États fédérés, et prend effet le 15 décembre 1791, date de la ratification par la Virginie. Source : http://www.archives.gov/exhibits/charters/bill_of_rights_transcript.html.

[6] Je vous invite à visionner ce site pour avoir plus d’informations sur l’histoire des armes : http://www.armae.com/moderne.

[7] Tel que vu au http://www.waterloo1815.be.

[8] Selon un article paru le 2013-12-23, sur le http://www.huffingtonpost.fr.

Les foutus parcomètres

2015111252P4TI_328

Lorsque je me promène dans le quartier St-Roch de Québec ou dans le centre-ville de Montréal, je ne peux que constater une certaine désolation à voir les nombreux immeubles délabrés, laissés vacants ou sans vraiment d’entretien. Je ne suis pas économiste et je n’ai pas fais d’étude approfondie sur le sujet, mais un fait me frappe toujours : pourquoi une ville aime tant nuire à sa population? Lourdeur bureaucratique, taxes, permis, pour un commerçant, réussir n’est pas aisé. Si on doit ajouter en plus les embûches rencontrées par sa clientèle afin de le visiter, on peut mieux comprendre la triste réalité du déclin des centres villes. J’ai écris récemment à la ville de Québec, dans le cadre d’un communiqué envoyé par la ville à ses citoyens. Je voulais simplement vous partagez mes frustrations vis à vis les parcomètres, entre autres.

********

Bonjour, je me permets ce petit courriel suite à cette parution :

http://ville.quebec.qc.ca/citoyens/vieuxquebec/index.aspx

Pour redonner vie au Vieux Québec, à St-Roch et au quartiers limitrophes, il n’existe pas une multitude de solutions. Sans trop vouloir paraître simpliste, je peux résumer le tout à l’accessibilité. Pour tout visiteur du centre-ville de Québec, qu’il provient des banlieues, du reste du Québec ou de partout dans le monde, la question du stationnement demeure primordiale. Si la ville veut redonner le Vieux Québec à sa population, on doit lui en faciliter sa venue. Éliminer les parcomètres demeurent pour moi une alternative nécessaire. Évidemment, la ville aura moins de revenus palpables, mais en parallèle, les retombées engendrées par une augmentation de la fréquentation aideront nos commerçants à retrouver une santé économique et à déclencher le désir de participer à cet essor. Une ville accueillante pour les affaires promeut l’entrepreneurship. Une ville prospère voit fondre son pourcentage d’immeubles vacants, abandonnés ou inoccupés. Je parle du Vieux Québec, mais aussi des rues Cartier, St-Jean ou de la Grande Allée.

Pouvoir se stationner dans la rue, sans se soucier de payer son parcomètre agrémente une présence en ville. On déplore la mort des centres villes, que cela soit Québec, Montréal, ou partout en province, mais si les politiciens municipaux rendaient la vie plus facile et moins onéreuse à ses citoyens, la vitalité économique des centres villes en serait préservée. Je demeure dans Lebourgneuf et aller au centre-ville me répugne uniquement à l’idée de devoir payer, en plus de mes taxes municipales, un parcomètre. Un parcomètre, c’est payer pour se promener dans sa propre ville…!

Merci!

Un autre remaniement

160128_rh4xa_cabinet-photo-famille_sn635

Le nouveau cabinet Couillard, 28 janvier 2016

On a été témoin d’un autre remaniement ministériel jeudi dernier. En effet, à mi-mandat, le premier ministre du Québec Philippe Couillard a brassé ses cartes, dans un exercice purement esthétique. Avant tout politique, ces changements démontrent encore une fois l’inutilité apparente du rôle de ministre. Interchangeable aisément, il est soumis au pouvoir parfois trop important de la fonction publique. Cette lourde bureaucratie, dirigée par les hauts fonctionnaires, sous-ministres et autres apparatchiks, contrôlent presque tout. Outre les forts en gueules et ceux profitant d’une rare stabilité à leur poste, les ministres ne sont règle générale que des coupeurs de rubans, des lecteurs de dépêches, des spécialistes en relation publiques. Paradoxalement, ces mêmes ministres, en raison de la notion électorale qui en font des « élus du peuple », donc redevables, devront assumer l’entière responsabilité d’une situation problématique. Jamais les hauts fonctionnaires ne seront blâmés!

Le jeu de la chaise musicale, spécialement celui en éducation, empêche tout ministre de prendre un certain leadership. Outre les Gaétan Barrette (santé) et quelques autres cas rares, les 25 dernières années nous auront démontré des ministres faibles, sans grande influence, se déguisant en de véritables « cassettes » partisanes. Il est toujours amusant de constater des élus sans aucune connaissance d’un domaine, y être nommé ministre. Un dentiste nommé à l’agriculture? Aucun problème, au nom de la parité homme-femme ou de toutes autres jongleries politiques, tout devient possible. Le temps d’arriver en place, d’apprendre les dossiers et de comprendre la réalité quotidienne de son ministère, la porte tournante revient au galop. Out! Au suivant!

Dommage, car à l’ère des clips médiatiques ou des réseaux sociaux, la patience n’est plus de mise : l’image règne en maître. Un ministre commet une erreur? On le balaie. Qui risquera de prendre position, de dire la vérité à la population sur un enjeu important, se sachant scruté et dépendant de l’humeur politique du premier ministre? En 2016, un ministre n’est qu’un porte-parole, tout au plus. Il lit des communiqués, préparés par des fonctionnaires, inaugure une route ou un immeuble, dont il n’avait jamais entendu parlé auparavant. Le day to day du ministère lui échappe, il ne fait que rapporter la bonne nouvelle… souvent au détriment du portefeuille du contribuable.

Le pouvoir au Québec (et au Canada) demeure entre les mains de quelques privilégiés, pour la plupart non élus. Le premier ministre reste le grand manitou de la province, il est celui par qui toute nomination passe. Les bureaucrates en mènent large, certes, mais ne minimisons pas l’énorme influence de la garde rapprochée du premier ministre. Ils ont la confiance du chef de l’État et restent plus puissants que n’importe quel ministre. Ces conseillers politiques, peu connus du public, sont parmi les rares personnes pouvant intervenir auprès du premier ministre.

D’autres non élus représentent aussi une force non négligeable : les juges. En ces temps modernes, les politiciens, menés par le politically correct, n’osent plus prendre de décisions, laissant ainsi le champs libre aux divers tribunaux, qui agissent à leurs places. Un pays gouverné par des juges, tous dictés par le dogme du multiculturalisme et du laisser-faire, nous en sommes rendu là!

Si vous aimez les cocktails, les soirées mondaines, les promenades en limousine, le prestige (à défaut d’avoir vraiment un réel pouvoir), le poste de ministre est pour vous. Plusieurs nouveaux ministres crient leur joie et débordent d’enthousiasme, pensant être LA personne qui changera le monde. Une fois la lune de miel terminée, constatant son impuissance, la naïveté du départ deviendra un ennui adouci par un salaire intéressant.

On se reparle lors du prochain remaniement.

 

Jean-Paul L’Allier 1938-2016

lallier

Lors du décès d’une personnalité publique, les éloges fusent. C’est normal, car le respect est de mise, surtout vis à vis la famille et les amis endeuillés. Toutefois, on doit aussi garder un sens critique. Suite au décès de M. L’Allier, ce sens critique m’amène à faire le bilan de son règne à la mairie de Québec. Pour bien analyser un évènement ou un personnage, un recul est requis. Parfois, dans le feu de l’action, l’émotion prend toute la place et on ne peut juger correctement ;  d’où l’importance de laisser le temps faire son oeuvre, afin le moment voulu, de mieux saisir l’héritage laissé.

On peut résumer l’ère L’Allier à quelques points majeurs. Il est paradoxale de constater que son geste le plus important était à l’époque celui que je critiquais le plus : les fusions municipales. Quand je parlais de recul… Au tournant des années 2000, ce sujet fût très controversé. Les fusions ont été alors forcées par le gouvernement du Parti québécois, sans regard démocratique. Celles-ci étaient souhaitées par plusieurs, mais c’est sous M. L’Allier que l’idée a grandit : il l’a poussée et vendue au gouvernement provincial, qui seul avait le pouvoir d’agir. Le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard a ainsi tout gobé et a décidé d’appliquer sauvagement cette proposition. Le problème était donc là : les citoyens n’avaient aucun droit de regard sur leur avenir municipal. Fait très grave, venant d’un parti et d’un maire souvent étiquetés  comme étant de « grands démocrates ». Si on exclu ce malheureux manque démocratique et la fausse promesse du « coût nul » pour les citoyens, les fusions étaient effectivement nécessaire. Pendant que les villes ayant refusé les défusions proposées subséquemment par le gouvernement Charest progressaient – pensons à Québec, oui, mais aussi à Lévis et Saguenay – celles les ayant acceptées ont stagnées ou même dégringolées : le meilleur exemple restera Montréal. Québec parlait enfin d’une seule voix, pavant ainsi la route à de plus gros projets, à voir grand, à rêver. Fini les chicanes entre les divers maires! Terminé les compromis pour aboutir à rien! Pendant que Québec continue de se développer, Montréal s’encrasse dans les dédales administratifs, dans les guerres d’arrondissements, dans les labyrinthes de médiocrité. Sans le courage et l’esprit tordu de M. L’Allier, Québec resterait en 2016 morcelé et sans possibilité d’envergure. Régis Labeaume n’aurait jamais eu les coudées franches pour construire le Centre Vidéotron!

L’autre point positif que j’accorde à son règne est l’embellissement de la ville. On parle avec raison du quartier St-Roch, mais l’ensemble de la ville a aussi eu son lot de cures de rajeunissement. Québec est le berceau de l’Amérique, une capitale provinciale, elle mérite d’être belle. Sans le leadership d’un maire, une ville peut s’enlaidir ou évoluer pêle-mêle, sans plan. L’urbanisme est un legs majeur du maire : il se voit, il est tangible. En considérant l’amélioration visuelle qu’il aurait apporté, son grand projet d’escaliers entre la basse et la haute ville avait un certain bon sens. Une ville comme Québec – qui n’est pas exactement une mégapole comme New York – doit savoir se démarquer. Nos attraits touristiques et notre beauté représentent notre carte de visite : l’escalier en était un exemple probant. Il aurait fallu mieux le vendre au public et aux médias, tout en étant plus réaliste sur le plan financier.

Ce que je reproche maintenant le plus au maire l’Allier est l’esprit morose qu’il a engendré. Le départ des Nordiques, la défaite olympique et l’opération Scorpion (prostituées mineures) ont joués pour beaucoup. Ces évènements ne relevaient pas nécessairement du maire ou n’étaient pas sous la juridiction de la ville, mais un esprit défaitiste tournait alors sur la vieille capitale. Il en était le maire, il en avait la responsabilité. Certes, une certaine élite aimait cette ville dortoir, spécialisée en fêtes hautaines et en musique classique, mais la grande majorité de la population déprimait, broyait du noir. Et cela est sans parler des gens, qui en ayant marre, déménageaient. Triste constat.

J’ai également toujours trouvé immoral qu’un maire n’habite pas la ville qu’il administre. Jean-Paul L’Allier habitait l’Ile d’Orléans, on le sait tous. J’ai toujours eu un grand malaise à cet égard. Est-ce que les montréalais accepteraient que leur maire habite Longueuil ou Laval? J’espère que non!

L’esprit d’une ville demeure un point central. Les citoyens sont-ils heureux d’y vivre? Sous l’Allier, la population n’était pas malheureuse, elle était tout simplement endormie. C’est une grande nuance.

Sous Jean-Paul L’Allier, on peut tout de même admettre que les bons coups surpassaient les mauvais. Lorsqu’il était en poste, je « détestais » beaucoup Jean-Paul L’Allier. Je considérais son règne comme une nuisance, une médiocrité sans borne. J’avais hâte qu’il cède sa place. Avec le temps, on peut ainsi voir les choses sous un autre angle, n’est-ce pas?

Battre l’État Islamique

justin-trudeau-and-sophie-gregoire-trudeau-in-vogue

Dans la foulée de l’arrivée de réfugiés syriens au Canada et de la guerre que mène l’Occident au terrorisme (vis à vis l’État islamique – ISIS – entre autres), nous avons entendu dans les médias beaucoup d’information et de commentaires. La population est préoccupée par les diverses menaces et la question de sécurité est mise de l’avant de plus en plus.

La venue du gouvernement Trudeau a changé la donne pour le Canada. Au lieu d’être à l’avant-plan et appuyer nos alliés face aux agressifs et sauvages groupes terroristes, le Canada reculera et deviendra très timide. Le premier ministre Justin Trudeau a crié à Paris, le 30 novembre 2015, lors de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques « Canada is back », faisant référence à la lutte contre les « changements climatiques ». Le Canada sera effectivement de retour parmi les joueurs majeurs au niveau de l’environnement, mais encore une fois, son influence général sera à contre-courant, de second ordre, soit sans envergure, voyant la planète avec des lunettes roses, pour qui les trousses médicales, les denrées alimentaires et l’agitation du drapeau blanc seront suffisants, dans cette vive lutte actuelle contre le terrorisme. Le Canada regardera la parade, sous des allures de gamin innocent. Avec un tel comportement, ISIS sera on s’en doute hospitalier et respectueux envers l’aide humanitaire et les tenants de la Croix-Rouge soutenus par le Canada… Trêve d’ironie, on le sait tous, ce n’est pas avec des sandwichs et des pansements que nous allons vaincre ces barbares islamistes.

Nous sommes en guerre, c’est une réalité. Nous pouvons faire semblant d’être présent, d’être gentil, faire de beaux sourires, avec des promesses creuses, mais le Canada doit au contraire montrer du cran et faire preuve de leadership. Avec Trudeau fils, il est évidemment impossible d’envisager cet élan, notre pays se cachera sous des principes archaïques de maintient de la paix, de roses au bout d’un fusil, comme l’a poussé Lester B Pearson, ex premier ministre du Canada (1963-1968), à une époque très différente de la notre : c’était les débuts du peace and love, la macabre deuxième guerre mondiale ne remontait pas à si loin et le terrorisme tel que préconisé par l’islam, n’existait pas.

Je sais pertinemment que les Canadiens ne sont pas habitués à un conflit opposant une force prônant la destruction de notre mode de vie occidental, une force souvent invisible, agissant subitement. Le territoire canadien n’a pas vu de guerre depuis la milieu du 19e siècle. Loin sont les tranchés, parlons plutôt de terreur qui est propagée de façon violente et sous les habits d’une cause politique et religieuse : explosions de voitures, attentats à la bombe, fusillades etc. Quel visage montrerons-nous si nous décidions vraiment de retirer, comme M. Trudeau le suggère, nos avions de chasse canadiens du Moyen-Orient? Alors que 2015 fût une année sanglante et qui passera dans les annales pour l’une des plus meurtrières en ce qui concerne les attentats terroristes, le Canada va à l’opposée de la solution. Nous sommes partie intégrante de l’OTAN et nous avons le devoir d’être solidaire des pays avec qui nous sommes alliés. Notre crédibilité sur la scène mondiale est en jeu. Alors que l’Occident, pour vaincre l’État islamique, devra utiliser encore plus d’effort militaire, accompagné d’une lutte acharnée au sol, le Canada ira dans le sens contraire. On peut détester la guerre – on la craint tous et nous ne la souhaitons qu’en dernier ressort – mais notre société, ce qui inclut l’héritage que nous laisserons à nos enfants, doit se lever, être fier et agir promptement pour neutraliser complètement notre ennemi commun, l’État islamique.

Au moment d’écrire ces lignes, plusieurs dirigeants occidentaux ne sont pas les plus vaillants et semblent forts en parole mais très faibles en action. Barack Obama en est le meilleur exemple. Retirer nos avions de chasse pourrait « déplaire » à ces dirigeants, mais pour eux, cette guerre à ISIS n’est pas une priorité et leur esprit souvent socialiste, donc complaisant vis à vis l’islam et la guerre en général, ralentit notre lutte. Notre décision de 2015 sur les avions de chasse pourrait venir hanter le Canada dans quelques années, alors que plusieurs de ces dirigeants alliés ne seront plus en poste et que leurs remplaçants jugeront peut-être nécessaire d’intensifier la lutte à ISIS. Le Canada et son premier ministre seront alors pris au dépourvu et verront accentuer les pressions afin que le pays augmente ses efforts militaires. D’ailleurs, d’ici quelques années, il n’est pas à exclure que la situation se sera détériorée, voyant de plus en plus d’attentats meurtriers, de plus en plus de terreur dans nos villes, de plus en plus d’islam radical, ce qui inclut la charia. Il n’est pas interdit de prévoir un Donald Trump à la tête des États-Unis et Marine Le Pen, présidente de la France, d’ici 2 ans. Ces deux politiciens ont des discours dures mais justes vis à vis l’islam. Une lutte plus féroce serait envisageable, ce qui serait à l’opposée des discours plus modérés des actuels dirigeants.

L’Histoire nous a enseigné plusieurs leçons au fil des siècles : pour faire la paix ou se sentir en sécurité, on doit faire la guerre. C’est la réalité. La deuxième grande guerre mondiale est évidemment le meilleur exemple. Si tout les pays avaient léché le derrière d’Hitler comme l’a fait la France de Pétain, les nazies auraient gagné. Que serions-nous aujourd’hui?

La guerre en territoire syrien et iraquien, entre autres, est requise. Cette portion du monde cache et développe le terrorisme et l’absence de dignité humaine n’est plus à redire. L’expansion de la charia est leur idéal, et vous le savez sans doute, celle-ci est un code criminel digne du monde médiéval. Je demeure toujours sans mot lorsque j’entends des gens critiquer le sort que certains pays font subir à des dissidents ou certains groupes – les femmes, les gays etc., l’Arabie Saoudite est le meilleur exemple – mais qui s’opposent à une guerre qui viendrait palier à ces inégalités et cette cruauté.

Éliminer complètement le terrorisme parait illusoire, mais on peut tout de même envisager sa réduction. Pour l’éliminer, on doit aller à la source, ce qui implique la destruction de l’État islamique. Beaucoup de gens ont critiqué l’ex président américain George W. Bush d’aller combattre en Iraq, ou l’actuel président français François Hollande d’intensifier les frappes en Syrie. Mais si vous étiez le dirigeant d’un pays qui subissait des attaques terroristes, comment réagiriez-vous? Vous garderiez le silence? A moins d’être réellement naïf ou déconnecté, ne mentionner pas que vous auriez été pacifique, que vous auriez pardonné sans rien dire ou faire. Comme M. Bush suite au 11 septembre 2001, vous auriez sans doute couru à travers le monde pour retrouver les coupables. L’immobilisme n’est pas une option, mais l’être devient une lâcheté et synonyme de traîtrise.  Si on ne fait rien suite à une attaque, si on agite la peur, on cesse nos activités quotidiennes, on « approuve » par conséquent les gestes commis et on entre alors dans le jeu des terroristes. La guerre n’est jamais une chose amusante, mais elle est malheureusement nécessaire

Souhaitons que le premier ministre Trudeau agisse en chef d’État et surtout, dévie de ses beaux principes romantiques et accepte que le Canada fasse parti intégrante de la coalition contre ISIS et que la guerre menée soit du même coup efficace. Une action militaire au sol, je vous pris!

 

Alexis

sans-titrevers39_chasseriau_001f

On se demande parfois quel personnage historique aimerions-nous rencontrer ou être. Jules César? Samuel de Champlain? Charlemagne? George Washington? Après la lecture du roman de Christine Kerdellant « Alexis ou la vie aventureuse du comte de Tocqueville » et des nombreux ouvrages du comte lui-même, Alexis de Tocqueville serait ma réponse.

D’abord, il a une personnalité attachante, qui me ressemble sur certains points. Il est curieux intellectuellement, timide, surtout lorsqu’il doit discourir devant de grandes foules, remplie de doutes, mélancolique et éternel angoissé.

J’admire sa carrière politique et d’écrivain. Auteur visionnaire et de talent, son amour de l’écriture et son immense héritage ne sont que quelques éléments à retenir. Il ne se contentait pas de faits et d’opinions, il allait à la source, le plus loin possible, afin de découvrir la vérité. Pensons à son inspirant voyage en Amérique.

Selon Christine Kerdellant, pour Alexis : « l’écriture le fait échapper aux douleurs de l’âme, elle lui permet d’oublier ses faiblesses, de combler certains manques, de se réconcilier avec lui-même et avec les autres. Elle est son salut ». Je me retrouve beaucoup dans cette description.

Il vécu aussi à une époque très mouvementée de la France (19èime siècle), ce qui forgea sa légende. Homme de convictions, et non d’ambitions, ses idées devaient triompher. La France était plus importante que tout.

J’envi cet homme de l’Académie française. Un homme adulé des femmes, qui a su trouvé un amour fusionnel avec Mary Mottley. C’est elle qui inspira, aidera et encouragera Alexis dans ses écrits et sa carrière politique. Un amour comme celui-là est rare. Il est inspirant et permet d’y croire.

J’aurais aimé être Alexis, un homme marquant et charismatique de la France moderne. Ses longues conversations intellectuelles dans divers salons parisiens, londoniens et américains, ainsi que ses rencontres inoubliables nous poussent à le jalouser un peu. Une vie trop courte toutefois, Alexis étant décédé à 53 ans seulement.

Encore de la démocratie en Amérique

sans-titre

Existe-t-il un système politique idéal? La démocratie – car c’est d’elle qui est question ici – comporte plusieurs alternatives.

La république est l’une forme les plus connues, mais il y a également la monarchie constitutionnelle à régime parlementaire.

Au Québec, nous vivons selon un régime parlementaire. Le parti ayant le plus de députés élus forme le gouvernement. Ce système comporte plusieurs faiblesses importantes.

Depuis l’arrivée des médias sociaux, le politicien moderne est scruté sous toutes ses formes. Chacun de ses commentaires sera repris et analysé. Parallèlement, plusieurs médias ont vu leurs animateurs muselés par des poursuites en diffamation. Au Québec (et en Occident en général), la langue de bois est maintenant de mise.

La ligne de parti a toujours été présente dans le monde politique, mais de plus en plus, elle est incontournable. On veut bien paraître, ne pas faire de controverse, être aimé de son chef. On rêve d’avancement, d’être populaire. Le monde politique actuel, plus que jamais, en est un de pouvoir, et non d’idées. En général, on se magasine un parti politique pour faire avancer notre carrière, non pas pour faire avancer le Québec.

La présence de partis politiques nuit à la démocratie. Elle augmente le cynisme de la population. Un parti politique est une mini entreprise. On veut amasser de l’argent afin d’avoir les poches pleines pour des campagnes électorales ou pour se faire de la publicité. On veut également remercier sa clientèle et sa base – donateurs, groupes de pressions – pour services rendus. Le favoritisme est la plaie d’un parti politique. Un bon « soldat » se verra récompensé par un poste quelque conque dans la fonction publique, comme conseiller ou comme ministre. Les personnalités fortes – en gueule – d’un parti se verront aussi accorder un poste important afin de les garder dans le rangs, de ne pas les voir partir ou pour satisfaire leur ego.

Une membre influent du parti, s’il est mécontent, peut causer des dommages considérables. Pensons à l’esprit d’équipe déclinant, au torrent médiatique ou à une crise interne. Il n’est pas rare de voir un ancien politicien déchu ou un ancien conseiller promu dans un poste noble. Les compétences ne sont donc pas la clé, il faut le concevoir avec dépit. La chaise musicale que nous voyons souvent, parmi les postes de hauts fonctionnaires, lors de changement de gouvernement, résume tout. N’oublions pas que la corruption apparaît souvent lorsqu’il est question de dons à un parti ou lorsque le temps est venu de retourner l’ascenseur à quelqu’un.

Je n’ai jamais été un partisan des partis politiques. La liberté d’expression n’y existe plus de façon précise. Les dirigeants d’un parti (le chef, hauts conseillers) exigeront toujours un discours unique, sans discordance, au détriment d’idées contraires. Une majorité de membres/députés va alors s’autocensurer. Ces carriéristes ne veulent pas perdre la possibilité d’une promotion future ou d’une meilleure place dans la hiérarchie sociétale et gouvernementale. Ils veulent de plus absolument éviter l’isolement politique. Se taire par peur d’un échec professionnel devient plus important que l’appel à ses convictions. Le mutisme à son meilleur, un déshonneur vis à vis sa conscience.

En 2015, la ligne de parti, la bible des membres, n’est que rarement contournée. Un parti porteur d’un seul message démontre, aux yeux de la population, un parti uni. Une chicane de famille ou des débats vigoureux démontrent à leurs yeux un malaise qu’il faut éviter. Qu’est-ce qu’en penserait l’électorat? Tout est une question d’images, de faire comprendre à la population que le parti est bien préparé et apte à gouverner, possédant un discours limpide, claire, efficace. Mais en théorie, ce discours est vide et rempli de clichés, car un seul mot résume l’objectif suprême : pouvoir. Une fois au pouvoir, la ligne de parti demeure aussi. Le message du gouvernement doit bien passer, être sans anicroche, pour éviter d’être trop terrassé par les médias, les groupes de pression, les autres partis. Si on veut être réélu, on doit avoir une image cohérente et la moins négative possible. La réélection est plus importante que le travail à faire pour améliorer le sort de sa province, de son pays…

La politique en 2015, c’est l’abnégation des idées. On ne mise que sur le style, sur l’enrobage. Chaque politicien devient une caricature de son parti, une personnalité sans saveur, sans conviction. Et si part malheur, un commentaire, un « tweet » ou une photo déborde du discours ambiant, c’est la panique. La valse des excuses bidons jaillit. Le politicien moderne n’assumera jamais ses propos, préférant discourir une sortie de crise pathétique, planifiée par des génies du briefing creux.

Que faire?

Il est facile de critiquer sans amener des solutions. Je ne suis pas constitutionnaliste, ni juriste. Je ne dis pas non plus que les changements proposés ici seront facilement réalisables. Je dis seulement qu’une discussion nationale est requise sur des sujets à la base de notre vie publique : l’élection de nos élus et la vie parlementaire.

Un système fonctionnant selon les convictions profondes de chacun obligerait la disparition des partis politiques. Chaque candidat se présentant devant l’électorat devra le faire en son nom, son c.v et ses idées. Ces élus formeraient l’Assemblée nationale. Les députés, au nombre de 125 actuellement, auraient l’indépendance de pensée et pourraient voter selon leurs convictions profondes ou d’après les volontés de leur comté respectif, leurs véritables commettants.

La notion de députés indépendants est totalement absente de la politique actuelle. De temps en temps, un député quitte son parti et devient indépendant – par défaut – mais il ne faut pas oublier qu’il fût élu d’abord sous une bannière et non pas individuellement. La révolution proposée concerne l’élection, le moment du choix populaire. Choisir entre des individus permet l’avancement d’idées, ce qui est nettement plus judicieux que d’entendre le même refrain partisan.

Le premier ministre, qui représente actuellement le parti ayant le plus de députés, devrait être élu au suffrage universel. Le président des États-Unis et les maires québécois sont présentement élus de cette façon. Pourquoi pas notre premier ministre?

Évidemment, celui ayant le plus de prestige, le plus d’argent, le plus de visibilité partirait la campagne avec une longueur d’avance. Mais la population n’est pas si idiote. Parfois, effectivement, elle votera pour le plus charismatique, le plus charmant des candidats, mais en temps normal, elle sera en mesure de déterminer le meilleur candidat. L’importance de la présence des médias dans le cadre d’une campagne, sera majeure. Ceux-ci devront toutefois dépeindre de façon neutre les différents candidats. Une couverture biaisée n’est donc pas souhaitable…

Une fois élu, le premier ministre pourra sélectionner son cabinet parmi les députés élus ou à l’extérieur, si le choix est plus pertinent. N’ayant pas de faveurs à redistribuer – chaque député ayant été élu individuellement, sans aide d’un parti – le premier ministre pourra alors choisir les meilleurs. Le premier ministre n’aura pas à offrir les fonctions de ministres selon la région du député par exemple, pour remercier celle-ci d’avoir votée du bon bord. Le vote universel du premier ministre ne rendrait aucune région redevable.

Le gouvernement ainsi formé pourra promulguer des lois. L’Assemblée nationale aura toujours la possibilité de voter sur les divers projets présentés par le gouvernement. Si un vote toutefois n’est pas à l’avantage du gouvernement, le premier ministre sera en mesure d’afficher un droit de veto pour renverser la décision de l’Assemblée. Le premier ministre a été élu pour prendre des décisions. Les députés le sont pour conseiller, débattre, déstabiliser, mais jamais pour dicter la voie à suivre.

Les abus de pouvoir

Évidemment, si le premier ministre abuse de son droit de veto, plusieurs conséquences le rattraperont.

Moralement, ces abus seront mal vus par la population. Les politiciens ne sont pas tous des gens sans scrupule. La majorité des nos élus est honnête et ne voudra pas défendre l’indéfendable. Tôt ou tard, l’arrogance ou le non respect de la démocratie reviennent hanter. On mentionne souvent que la population oublie vite et ne s’intéresse pas à la vie politique. En général cette affirmation est fausse. Il y a évidemment des ignorants, mais le peuple, par différents moyens – médias, discussions entre citoyens – s’aperçoit assez rapidement des mauvais coups d’un gouvernement… surtout dans cette ère des médias sociaux. Lors des élections subséquentes, les membres du gouvernement subiront les conséquences d’un abus de pouvoir. Un politicien devrait, néanmoins, agir selon les intérêts du Québec et non pas de sa réélection. Si une décision, malgré son impopularité, doit se prendre pour les bienfaits de la nation, le gouvernement doit la prendre sans hésiter.

Un vote de non confiance de l’Assemblée nationale envers le gouvernement pourrait aussi devenir une possibilité. Toutefois, il faudra un vote ferme, par exemple du deux tiers, afin d’éviter les « poutchs », les guerres personnelles et les élections trop fréquentes. Un gouvernement incompétent ou corrompu serait donc en danger de mort, surtout par le fait que les députés devant lui ne seront jamais conquit d’avance. Ce vote de non confiance ne touchant que le poste de premier ministre, l’élection subséquente ne concernerait que ce poste. Un député voulant devenir premier ministre devra démissionner et tenter sa chance.

La révocation (Recall) devra également être un processus à intégrer. Celle-ci signifie qu’un premier ministre pourrait, à la suite d’une demande massive de la population, perdre son poste et voir des élections déclanchées. Le premier ministre pourra se représenter et faire valoir ses points. Toutefois, un peu comme le vote de non confiance, il faudra éviter de voir cette solution trop souvent appliquée. Les groupes de pression – pensons ici aux syndicats – souvent très organisés, riches, déstabilisateurs, auront alors accès à un moyen facile pour défaire un gouvernement ne leur plaisant pas. On devra alors envisager qu’un nombre élevé de citoyens – seulement les cas extrêmes passeront, et ceux-ci sont rare dans une démocratie –  signe une pétition reconnue par l’Assemblée nationale, et ce, dans un court laps de temps. Un signataire devra être identifié, selon le même principe que le vote électoral, afin d’éviter la fraude. Un vote internet n’est pas à recommander. Un protestataire sérieux devra se lever de son écran et faire l’effort de signifier son mécontentement. D’ailleurs, ce qui est bon pour un chef de gouvernement le serait aussi pour tout député. Le recall touchant chaque parlementaire. Les conditions applicables seraient évidemment différentes pour un député.

Les lignes de parti, répétons le, sont néfastes. Elles empêchent la libre expression et de véritables débats. Les partis politiques permettent un certain favoritisme exécrable. Ce favoritisme n’est toutefois pas nouveau. « Voter du bon bord », est une expression connue. Si un comté vote pour le parti au pouvoir, il va en bénéficier. En campagne électorale, on cible souvent des comtés « achetables » et nos politiciens y vont de calculs politiques, passant par les fameuses promesses électorales. Un nouveau pont, une nouvelle route, un nouveau parc etc.  Il est si facile de dépenser l’argent des autres, celle des contribuables.

Pouvoir fort

Le nouveau système décrit produira-t-il un chantage éhonté de la part de certains députés? En effet, certains élus pourraient refuser de voter – idéologiquement ou par frustration – en faveurs d’un projet de loi. En accordant un pouvoir fort au premier ministre, avec le droit de veto, aucun cadeau ne sera à accorder pour acheter le vote d’un député. Un pouvoir fort au premier ministre, toujours sous le joug toutefois d’une démocratie saine et de mesures exceptionnelles pouvant être appliquées.

Certains y verront une approche dictatoriale ou antidémocratique. En effet, la norme actuelle veut qu’un projet de loi soit sanctionné par une majorité de voies. Cette règle ne tient plus la route tellement les périodes de votes parlementaires (et de questions) sont partisanes. L’enjeu n’est plus le projet de loi mais la joute politique l’entourant. L’opposition va toujours aller à l’encontre du gouvernement, peu importe le contenu du projet de loi.

Le vraie démocratie doit se faire par les élections et les mécanismes d’éviction d’un gouvernement. Elle est aussi accompagnée des débats publiques, médiatiques et parlementaires. Toutefois, un politicien voulant se faire élire ou réélire fera souvent l’erreur de plier ou reculer aux minorités, celles qui souvent ont beaucoup d’influence tant médiatiquement que monétairement. La tyrannie des minorités afflige actuellement notre démocratie. Les crises d’accommodements raisonnables en sont des preuves tangibles. Un gouvernement fort et indépendant pourra aisément faire fit des pressions hypocrites, souvent soutenues par des organisations dogmatiques et sectaires. La mollesse des politiciens actuels en sera fortement réduite. Un pouvoir fort est le seul moyen de parvenir à un gouvernement efficace, à l’abri des pressions externes.

Revoir certains rôles

Pour éviter toute confusion et surtout un dédoublement de tâches, un candidat ne pourra jamais se présenter, pour la même campagne, à un poste de député et à celui de premier ministre. Le travail de député est différent de celui d’un premier ministre. Le député doit être à l’écoute de son comté, ce qui, actuellement n’est pas le cas, en raison de la trop grande partisanerie politique.

Le député doit agir pour une population ciblée – son comté – alors que le premier ministre doit agir dans le bien général. On devra, je le répète, même envisager qu’un cabinet ministériel ne soit pas complètement élu. Un ministre non élu comporte un manque démocratique, mais apporte un élément de compétence et d’absolu dévotion au poste.

Actuellement, la norme veut qu’un ministre provienne de la députation. Cette norme comporte deux inconvénients majeurs. Le premier est la négligence de son travail de député, celui de ministre étant très exigeant. Le deuxième est la complexité souvent de la tâche à accomplir. Un député nommé ministre n’est fondamentalement pas apte à accomplir cette mission. Par exemple, comment un député n’ayant aucune expertise dans l’agriculture pourrait être nommé à ce ministère? Avec le système actuel, les ministres sont nommés non pas pour leur compétence, mais pour répondre à des besoins politiques précis. Le premier ministre a de plus un bassin de candidats très limité : sa députation. Parmi l’éventail de députés, qui est vraiment compétent pour un poste de ministre? Très peu.

Les premiers ministres ont souvent un casse-tête à résoudre pour former un cabinet : nombre suffisant de femmes, représentativité de chaque région, faire plaisir à des députés fidèles etc. On agit ainsi par complaisance et stratégie. Il faut stopper ce raisonnement. Si aucun député n’a les qualifications pour être nommé à la tête d’un ministère donné, on doit aller à l’externe. Un économiste de renom pourrait, sans être élu, devenir ministre des finances. Actuellement, plusieurs personnalités de prestige et de qualité ne se lancent pas en politique pour éviter la joute partisane, mais aussi ne pas perdre du temps sur les banquettes de l’opposition. On perd de grands talents! La seule note négative de ces nominations devient l’embauche d’un ami. Ce risque est présent, mais si ce dernier est compétent, est-ce pire que nommer un député n’ayant pas les outils professionnels requis pour le poste? Le premier ministre, en 2015, ne s’empêchera pas de nommer ministre un proche devenu député, et qui seulement son implication dans le parti et sa proximité du chef auront suffit à sa nomination. Sans parti, un premier ministre n’aura pas de bouche à nourrir.

Suffrage universel

Comment élire le premier ministre est aussi une question primordiale. Doit-on déclarer gagnant celui ayant reçu le plus grand pourcentage de votes lors d’un seul suffrage universel – avec la possibilité d’être élu, exemple, par seulement trente pourcent de la population – ou devons-nous exiger une majorité absolue (cinquante pourcent), impliquant dès lors la grande possibilité d’un deuxième tour de scrutin? Le premier tour retiendrait les deux meilleurs scores, et le second confirmerait le vainqueur. Laquelle de ces solutions est la meilleure? Laquelle éviterait un trop grand nombre de candidatures? Il faudra évidemment exiger certains critères précis de base: âge, dépôt en argent, signatures etc. Des règles à respecter pour éviter un trop grand nombre de candidatures indésirables et clownesques.

L’argent ne devra toutefois pas être un critère majeur de réussite pour briguer le poste. Exiger un dépôt trop élevé fera reculer plusieurs candidats et des critiques fuseront sur le pouvoir et la richesse. Toutefois, pour être candidat, une formule devra démontrer le sérieux d’un individu. Dépôt en argent, des appuis suffisants, un examen des antécédents criminels, un test de connaissances et ainsi de suite. Le directeur général des élections serait celui en charge de ce fardeau.

Une campagne électorale, on le sait, coûte cher : pancartes, publicité, déplacements etc. En l’absence de partis politiques, chaque candidat devra faire sa propre promotion. Des donateurs évidemment se pointeront le bout du nez. Les règles éthiques et électoralistes actuelles devront être maintenues. Un don politique ne devra jamais dépasser un montant prédéterminé. On veut évidemment ici éviter qu’un premier ministre nomme un généreux donateur à un poste clé de son cabinet. Une promotion nationale – pour le poste de premier ministre – coûtera évidemment plus chère que celle locale d’un député, pour un comté de la province. C’est pourquoi une campagne électorale devrait être de courte durée, accompagnée de plusieurs débats, afin d’éviter les dépenses importantes, favorisant ainsi les candidats plus fortunés. La présence vigoureuse des médias est capitale afin d’offrir la visibilité à tous.

Qu’en pensez-vous?

« Dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau ». –Alexis de Tocqueville