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La grande hypocrisie

 

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L’hypocrisie fait partie du monde politique. Depuis l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, il a été souvent mention de la légalisation de la marijuana. Ce n’est donc qu’une question de temps avant que le grand public puisse avoir accès à un marché accessible et sécuritaire : les divers paramètres du projet de loi seront à discuter dans les prochains mois.

Si je peux comprendre et accepter certains avantages reliés à la vente libre de la marijuana, je ne peux que constater l’immense paradoxe vis à vis le traitement réservé au tabac. D’un côté, on veut libéraliser et rendre plus transparente et facile la distribution du cannabis, et de l’autre, on diabolise le tabac. Où est la logique? Est-ce que le cannabis est moins dangereux? Sans être un professionnel de la santé, je peux affirmer sans me tromper que l’usage du cannabis peut engendrer une dépendance et qu’il est tout aussi nocif que le tabac[1] :

« Il ne faut pas sous-estimer la nocivité du cannabis sur l’organisme et la santé. Certes les retombées sont souvent moins dramatiques que certaines autres substances psychoactives, mais les risques sont bien là… et peuvent même mener au décès. L’appareil respiratoire est doublement exposé aux risques physiques : les émanations toxiques du goudron contenu dans le tabac mais aussi au goudron contenu dans le cannabis en combustion font double emploi et attaque donc sévèrement le système respiratoire. La consommation régulière et avancée de ces produits peut engendrer l’apparition d’un cancer précoce du poumon. Ces risques sont d’autant plus forts si l’on consomme le cannabis dans certaines conditions d’inhalation intense (douille, bang, pipe…) ».

Les mesures prises par les divers paliers de gouvernements ont été efficaces. Nous assistons une baisse progressive du nombre de fumeurs au pays. En effet, selon Statistiques Canada, entre 2013 et 2014, la proportion de fumeurs au Québec est passée de 21,4% à 19,6%. Au Canada, elle a chuté de 19,3% à 18,1%[3]. Il ne faut toutefois pas passer sous silence les fonds publics utilisés par les gouvernements. Au Québec, « le Ministère de la santé et des services sociaux a consacré environ 17 millions de dollars à la lutte contre le tabagisme en 2014-15, ce qui représente un peu plus de 2 dollars par personne[4] ».

La classe politique est de plus en plus ouverte au cannabis. C’est une lubie de notre temps, on doit paraître cool, in et tolérant. À l’ère des médias sociaux, cette philosophie est présente comme jamais et y être opposée équivaut à un éboulis de commentaires désobligeants. La gauche qui aime se dire progressive mais qui déteste les opinions contraires.

L’hypocrisie à l’égard du cannabis accroît le cynisme. Alors que pour plusieurs, la légalisation du cannabis est synonyme de modernité et d’ouverture d’esprit, on ne compte plus les campagnes médiatiques sur les effets pervers du tabac. On nous supplie de cesser son utilisation : pensons à la « Semaine pour un Québec sans tabac », aux publicités de « De Facto » – financées autant par le Gouvernement du Québec que celui d’Ottawa – et sans oublier les nombreuses réglementations et initiatives gouvernementales pour contrer le tabagisme.  

« Le Gouvernement du Canada a de nombreux programmes pour lutter contre la façon dont les produits du tabac sont fabriqués, publicisés, emballés, étiquetés et vendus. La stratégie fédérale de lutte contre le tabagisme est celui qui a la plus grande portée […]
Plusieurs lois du Gouvernement du Canada contrôlent la publicité sur le tabac. La Loi sur le tabac, par exemple, restreint la publicité sur le tabac, interdit la commandite par les compagnies de tabac et exige la présence de mises en garde sur les paquets de cigarettes. […]
Les gouvernements provinciaux et territoriaux canadiens ont banni la publicité sur les produits du tabac dans les lieux de vente […] Le Règlement sur l’étiquetage des produits du tabac (cigarettes et petits cigares) est entré en vigueur en 2011. Il expose les grandes lignes des exigences sur les étiquettes relatives à la santé qui doivent être affichées sur les paquets […]
Imposer des taxes qui font augmenter les prix des produits du tabac est l’une des mesures les plus efficaces pour réduire la consommation de tabac[2].

Les mesures prises par les divers paliers de gouvernements ont été efficaces. Nous assistons une baisse progressive du nombre de fumeurs au pays. En effet, selon Statistiques Canada, entre 2013 et 2014, la proportion de fumeurs au Québec est passée de 21,4% à 19,6%. Au Canada, elle a chuté de 19,3% à 18,1%[3]. Il ne faut toutefois pas passer sous silence les fonds publics utilisés par les gouvernements. Au Québec, « le Ministère de la santé et des services sociaux a consacré environ 17 millions de dollars à la lutte contre le tabagisme en 2014-15, ce qui représente un peu plus de 2 dollars par personne[4] ».

Il est donc paradoxal de constater des gouvernements de plus en plus présents dans nos vies, de plus en plus interventionnistes, de plus en plus maternants, faciliter l’accès à la population d’une drogue, le cannabis. Si l’État concocte des campagnes de peur pour contrer le tabac, le fast food, les boissons gazeuses, le sucre, l’alcool au volant etc. comment peut-on comprendre que celui-ci ouvre la voie à la légalisation du cannabis? Le Canada n’est pas le seul pays à faciliter le vente du cannabis, certains États américains[5] l’ayant déjà approuvée. Les gouvernements modernes veulent nous protéger de tout ce qui existe, nous dire quoi manger, quoi boire, quoi écouter, bref l’infantilisation à outrance. Il est donc difficile de comprendre les raisons derrières la légalisation du cannabis. Pendant que sous Jean Chrétien les libéraux faisaient la guerre à la cigarette, ceux de Justin Trudeau veulent offrir au grand public le cannabis. La girouette libérale à son pire! 

Légaliser le cannabis n’est pas souhaitable, il s’agit de la première porte pour l’entrée graduelle des autres drogues : 2016 la cannabis, 2020 l’héroïne? 2025 La cocaïne?

On légalisera le cannabis alors que le gouvernement provincial de Philippe Couillard a fait adopter en 2015 la Loi 44 visant à renforcer la lutte contre le tabagisme et que le gouvernement Trudeau veut dans sa nouvelle stratégie anti-tabac obliger les compagnies à utiliser un emballage neutre – donc sans logo ni nom[6] – . C’est une évidente contradiction, accompagnés d’une naïveté malaisante sur les méfaits de cette drogue et d’un geste purement symbolique. Symbolique pour démontrer un Justin ouvert d’esprit, bien de son temps, qui ne juge personne. Son désir de la légaliser est un autre signe de son égocentrisme, de son penchant à vouloir être populaire à tout prix. En 2016, la consommation de cannabis est sympa et bien perçue par la population? Pas de problème, monsieur selfie va l’autoriser et se foutre des conséquences. Si de nos jours, la cigarette était encore à la mode, le premier ministre canadien n’hésiterait pas à la rendre encore plus accessible et il en profiterait pour publiciser son utilisation.

Au Canada, n’a-t-on pas de sujets plus importants à discuter? L’argent public devrait sans aucun doute servir à d’autres fins, car vouloir mettre en circulation le cannabis demandera du temps et beaucoup de dépenses : comités, travail parlementaire, effort marketing. Alors que nos politiciens devraient débattre des vrais enjeux – lutte au terrorisme et à l’islam radical, assainissement des finances publiques, économie etc. – notre classe dirigeante s’occupera de légaliser la marijuana. Question de priorités.

Mais revenons à la racine primaire d’un gouvernement, l’infantilisation. Avec le temps, alors que cette drogue deviendra une pratique normale, courante et facile d’accès, progressivement, l’État ressortira sa recette maternante, celle tant utilisée pour le tabac, entre autres : il fera des campagnes invitant la population à cesser son usage. Lorsque la cigarette est apparue, sa grande nocivité était inconnue. Des décennies d’ignorance auront coûté la vie à des milliers de gens. Les gouvernements sont depuis en mode rattrapage et veulent absolument éradiquer le danger que peut représenter le tabac. D’un autre côté, les études démontrent clairement qu’il n’est pas si recommandable de fumer du cannabis. Alors profitons de nos connaissances sur le sujet et évitons la légalisation. Le tabac n’a pas eu cette chance, d’où les millions maintenant dépensés pour l’éliminer. Il sera hypocrite dans le futur de décrier les méfaits et les coûts associés au cannabis (pour le système de santé) sachant qu’en 2016, lors de sa légalisation, les informations étaient largement disponibles.

 

[1] Tel que vu au : http://www.drogues-dependance.fr/cannabis-effets_et_dangers.html.
[2] Source : http://www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information.
[3] Source : info-tabac.ca/tabagisme-a-la-baisse-au-canada.
[4] Source : info-tabac.ca/combien-dargent-est-necessaire-pour-bien-lutter-contre-le-tabagisme.
[5] « Le 6 novembre 2012, le Colorado et l’État de Washington sont les premiers États des États-Unis à adopter la légalisation de petites quantités. Le 24 février 2015, l’Alaska imite les deux premiers États et autorise la possession de moins de 28 g pour un usage privé. Deux jours plus tard, le 26 février, c’est au tour du district de Columbia de légaliser la marijuana, après approbation par référendum. La loi autorise la possession de moins de 60 g et la culture de six pieds à des fins privées ; la vente reste interdite. Le 1er juillet 2015, l’Oregon devient le 4e État à légaliser la possession de marijuana. Le 23 mars 2016, la ville de La Nouvelle-Orléans décriminalise la possession de marijuana. A partir du 21 juin 2016, elle ne sera plus passible que d’une amende de 40 à 100 $ ». Source : Wikipedia.
[6] Nouvelle emmenée par Brian Lilley, le 2 juin 2016 sur http://www.therebel.media.
 
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