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LNH 2016-2017

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Une nouvelle saison de la LNH est à notre porte. Malgré une évidente baisse d’intérêt pour le hockey en générale – jeu défensif, moins d’émotion – voici mes prédictions pour 2016-2017.

Association de l’Est

       Atlantique  

  • 1. Tampa Bay : Une attaque terrifiante/Équipe bien dirigée/ Très bons gardiens;
  • 2. Montréal : Si l’attaque fonctionne et si le jeu de Beaulieu grimpe d’un cran;
  • 3. Detroit : Constance/Bien dirigé/Faiblesse à la ligne bleue;
  • 4. Boston* : Trop de changements dans les dernières années;
  • 5. Buffalo : Encore trop jeune/Point d’interrogation devant le filet;
  • 6. Ottawa : Une équipe imprévisible;
  • 7. Floride : Un gardien usé/Pourquoi avoir fait le ménage à la ligne bleue?
  • 8. Toronto : Une position habituelle;

        Métropolitaine

  • 1. Washington : Sur papier, ils ont le meilleur club de la LNH;
  • 2. Pittsburgh : Peu de faiblesse/Ils seront fatigués après un long printemps;
  • 3. Rangers NY : Formation maintenant très ordinaire;
  • 4. Islanders NY*: Excellents gardiens/Bonne défensive/Trop de changements à l’attaque;
  • 5. Philadelphie : Si les gardiens tiennent le coup/Un jeune défenseur doit se lever;
  • 6. New Jersey : La venue de Hall est un coup de maître/Schneider est l’un des meilleurs gardiens;
  • 7. Columbus : Ils ont besoin d’être en santé et d’une remarquable saison de Bobrovsky;
  • 8. Caroline : Ca s’en vient, mais la défense doit prendre de l’expérience;

Association de l’Ouest

        Centrale

  • 1. Dallas : En saison, les gardiens font l’affaire, mais pas en séries;
  • 2. Chicago : Le plafond salarial fait mal, surtout en attaque;
  • 3. St. Louis : Si les jeunes continuent leur progression!
  • 4. Nashville* : Ribeiro et Fisher comme 2e et 3e joueurs de centre? Ouch!
  • 5. Winnipeg : Imprévisible/Gardiens moyens/Est-ce que Trouba partira?
  • 6. Colorado : Une défense trop ordinaire pour être dans le peloton de tête;
  • 7. Minnesota : Un bon entraîneur, mais avec une équipe sous la moyenne;

         Pacifique

  • 1. San Jose : Ils seront premiers seulement si Thornton ne décline pas;
  • 2. Anaheim : Un directeur général médiocre/Problèmes à l’aile gauche;
  • 3. Los Angeles : Il manque de punch à la l’attaque;
  • 4. Calgary*: Gaudreau devra être signer rapidement pour que les Flames aillent une chance;
  • 5. Arizona : Et les jeunes maintenant;
  • 6. Edmonton : Le pire DG de la LNH. Il a encore (comme à Boston) échangé ses 1ers choix;
  • 7. Vancouver : Ils n’ont aucune force;

 * En série (wild cards)

 

  • FINALISTES DE LA COUPE STANLEY :
  • Tampa Bay c. Chicago
  • GAGNANT DE LA COUPE STANLEY :
  • Tampa Bay
  • HART : Vladimir Tarasenko, St. Louis
  • VÉZINA : Braden Holtby, Washington
  • ART ROSS : Jamie Benn, Dallas
  • CALDER : Pavel Zacha, New Jersey
  • MAURICE-RICHARD : Alex Ovechkin, Washington
  • NORRIS : Drew Doughty, Los Angeles
  • JACK ADAMS : Jon Cooper, Tampa Bay
  • MEILLEUR MARQUEUR DU CH : Max Pacioretty
  • DÉCEPTION DU CH : David Desharnais
  • SURPRISE DE L’ANNÉE : Calgary
  • DÉCEPTION DE L’ANNÉE : Edmonton

A vous de faire vos choix! Bonne saison!

 

 

 

 

Il était une fois les Expos

 

Je me suis récemment penché sur deux excellents ouvrages sur l’histoire des Expos de Montréal : « Il était une fois les Expos, Tome 1 et 2 » de Jacques Doucet et Marc Robitaille. Ces tomes représentent un résumé de l’épopée de Nos amours, des débuts enthousiasmes en 1969, au déménagement de l’équipe à Washington, en 2004. A leurs lectures, on constate rapidement que nous avons affaires à davantage qu’un recueil de statistiques et d’énumérations de jeux de baseball. En plus des incontournables chiffres, on plonge littéralement dans la réalité quotidienne de l’équipe, de ses hauts et de ses bas, tout en mettant en parallèle certains évènements hors de contrôle du club, mais qui l’influenceront grandement. Pensons à l’obtention par la ville de Montréal des Jeux Olympiques de 1976, aux différents conflits de travail touchant le baseball majeur, à l’élection du premier gouvernement péquiste, à l’arrivée des Blue Jays de Toronto, à la flambée des salaires, à la chute du dollar canadien etc.

L’histoire de cette équipe n’est pas banale. Elle fut tout sauf tranquille : tant sur le terrain qu’à l’extérieur. La mort des Expos n’a pas une seule cause. Ces deux tomes entrent directement dans les coulisses de la concession, laissant parler les principaux protagonistes :  pensons aux Gerry Snyder, Claude Brochu, Jacques Ménard, Charles Bronfman, Claude Delorme, Buck Rodgers, Felipe Alou etc. Le soucis du détail rendu par les auteurs rend la lecture captivante, nous plongeant dans une montagne russe d’émotions, digne d’une narration romancière ou cinématographique. On ne se contente pas de faits déjà connus, on entre en profondeur dans l’épopée montréalaise. Pour tout amateur de sport et d’histoire, ce sont des références.

Avec le recul, tellement d’éléments ont pu causer la disparition de la concession. Les auteurs en énumèrent une bonne quantité, laissant toutefois le lecteur à ses propres conclusions. Tout est bonnement possible. On peut mettre la faute sur l’attribution des Jeux Olympiques de 1976 à Montréal – le Maire Drapeau voulait que le Stade olympique soit dans l’est de la ville, stade qui n’aura d’ailleurs jamais été conçu pour le baseball – sur la vente de l’équipe par Bronfman en 1991 – à un consortium menant à une lutte prévisible entre les partenaires – à la défaite en série de championnat de 1981 (le circuit de Rick Monday) – une présence en Série mondiale aurait procuré du prestige et un aura de réussite à la concession – au marché québécois trop petit, pauvre et plus enclin au hockey, à la grève de 1994, aux diverses ventes de feu précipitant une morosité et une perte d’illusion claire chez le public… La liste est longue, tout peut être relié ou pris séparément. Une thèse de 1000 pages ne pourra jamais répondre correctement sur la ou les raisons du départ de la formation montréalaise.

J’ai ressenti un grand nombre de pincements au coeur en lisant ces livres : des courses aux championnat perdues, des échanges catastrophiques, des arrêts de travails dévastateurs (on pense à 1994, mais aussi aux incontestables gains remportés par l’Association des joueurs, au cours des deux décennies précédentes) et à plusieurs rendez-vous manqués. Par rendez-vous manqués, parlons plutôt de malchance, car en maintes occasions, pour nos Expos, le timing n’y était tout simplement pas. A la page 348 du tome 1, on y lisait avec justesse : « si le réalignement avait été adopté [meilleurs deuxièmes] pour la saison 1979, les Expos de Montréal auraient atteint les séries d’après-saison pas moins de six fois de 1979 à 1993 (1979,1980,1981, 1987 et 1993). Imaginons seulement ce que la participation du club à des matchs à forts enjeux aurait fait pour stimuler l’engouement des amateurs québécois de sport pour les Expos et le baseball ». Certains passages de l’épilogue résument assez bien la triste réalité de la formation :

 « Les Expos se sont joints aux majeures à l’époque où l’Association des joueurs a commencé à faire des gains significatifs. Peu après, les joueurs d’impact sont devenus hors de prix et l’équipe ne pouvait plus convaincre les stars établies d’évoluer à Montréal. Les Expos ont souvent été meilleurs deuxièmes à une époque où être meilleur deuxième n’ouvrait pas la porte aux séries de fin de saison. Les Expos ont eu la meilleure équipe de leur histoire dans une saison qui a été interrompue pour de bon au mois d’août, la première et dernière fois (pour l’instant, du moins) que cela se produirait dans toute l’histoire du baseball majeur. Au moment où ils ont eu le plus de besoin de l’appui d’un leader politique, les Expos sont tombés sur Lucien Bouchard, qui, comme on le sait, adore les orchestres symphoniques mais méprise souverainement les « jeux du peuple ». Jeux du peuple, qui, comme il l’a si bien expliqué dans une entrevue lors de l’inauguration de la Maison symphonique de Montréal, ne sont qu’une extension des jeux barbares du temps des Romains. Dans les années où la situation financière de l’équipe était la plus précaire, le dollar canadien valait 60 cents en regard du dollars US. Quelques années après leur départ de Montréal, le huard grimpait à parité avec le dollar US. Quand les Expos ont finalement trouvé un acheteur possédant des ressources financières, il ne s’est malheureusement pas révélé être Robert Wetenhall ou George Gillett. Quand ils auraient eu besoin d’un commissaire comme Bart Giamatti, ils ont eu Bud Selig ».

Le baseball est un sport lent, stratégique, sans cadran, tout le contraire du hockey, par exemple, qui est davantage un sport de réflexe. Je me souviens de ces moments à écouter les Expos à la radio, avec un Jacques Doucet en tête. En étudiant, en feuillant un roman, en travaillant sur l’ordinateur, lors d’un parcours en auto ou assis sur la galerie, un match de baseball faisait parti intégrante de mon quotidien. Une saison est longue, elle demande une assiduité et l’imprégnation d’une fibre partisane. Justement, être partisan d’une équipe de baseball, avoir la foi, devenait une routine estivale. Printemps rime avec camps d’entraînement, une page blanche, où tout parait possible, l’espoir de voir ses favoris en séries et remporter le gros trophée. On achète son magazine annuel pour être aux derniers diapasons des changements et pronostiques. La hâte de voir la neige et le froid disparaîtrent, afin de se lancer la balle entre amis, avec son père, d’aller frapper quelques lancers au terrain le plus proche. Je me rappelle de ces après-midis où j’allais rejoindre mon grand-père dans sa « petite chambre » pour aller écouter un match à la télé. Une victoire de Nos amours et le sourire ne partait plus et ce, même si la fiche de l’équipe était perdante. Une victoire est une victoire. Je repense à ses visites au « Big O » et attendre patiemment près de l’enclos des releveurs pour qu’un joueur autographe ma balle. Le jour où Vlad l’a signé… Né en 1980, je n’ai pas vécu l’époque du Parc Jarry, du Grand Orange, de l’émergence des Carter, Dawson, Raines. J’ai plutôt grandit avec Buck Rodgers, Andres Galarraga, la partie parfaite de Dennis Martinez, Spike Owen etc. Il y a eu les courses au championnat, les déceptions, les frustrations et surtout la fin de ma naïveté infantile, en assistant aux disputes entre propriétaires et joueurs, à la hausse effrénée des salaires, de la game qu’était devenue le baseball, un sport de millionnaires, sans attache, jouant pour l’argent et non plus pour l’honneur. Ce n’était pas que l’adage de baseball, le sport professionnel se transformait, dénotant un symptôme du pouvoir démesuré des syndicats de joueurs (il faut toutefois mentionner que pendant des décennies, tout sport confondu, les propriétaires régnaient en maîtres).

Quand vous êtes disparus, mes étés n’ont jamais été les mêmes. Quand le Canadien de Montréal connaissait une mauvaise saison – fréquent après leur coupe Stanley de 1993 – je pouvais me rabattre sur les Expos. Au Québec, depuis 2004, il n’y a que le Canadien. C’était aussi le cas avant la disparition des Expos, mais de façon plus nuancée, au gré des succès du club : une course aux séries et les guichets du Stade olympique retentissaient, les médias et la population entraient dans la danse, le talk of the town. J’ai toujours eu le CH encré en moi, je ne suis pas différent des autres Québécois, je suis même un irréductible partisan. Mais si on me demandait ma préférence entre une 25e Coupe Stanley au Canadien et une participation aux séries d’après-saison des Expos, je penchais toujours vers le baseball. Pourquoi? Premièrement, l’effet de rareté, n’ayant jamais vu les Expos en éliminatoires. De plus, en raison d’un plus petit nombre d’équipes y ayant accès, il demeure plus difficile pour une équipe du baseball majeur d’y participer.

J’ai aimé les Expos jusqu’à la fin, malgré les cafouillages de l’organisation et du baseball majeur lui-même. Cependant, une fois le départ confirmé, j’ai cessé d’écouter ce sport. Certains diront que je n’aimais qu’une équipe, pas vraiment le baseball. C’est faux. Malgré les déboires, les mauvaises fiches, les pitreries de tous et chacun (incluant de Loria et Samson), j’ai toujours applaudi et chéri le club, et suivi religieusement les activités des ligues majeures. J’ai probablement vécu les mêmes sentiments que les partisans des Nordiques de Québec, lors de leur déménagement à Denver : de la frustration et de l’indignation, ce qui a résulté en un abandon de l’écoute active de ce sport. Pourquoi encourager une ligue qui ne voulait plus de Montréal et qui n’était plus capable de contrôler l’inflation monstre des salaires? Une ligue qui n’a jamais écouté les plus petits marchés, qui a toujours reculé devant l’Association des joueurs (contrairement à la LNH) et n’ayant jamais vraiment cru à un plafond salarial? Sans équipe favorite, à quoi bon suivre le déroulement d’une ligue? Sans cette émotion, cette pulsion électrisante, ce sentiment de fierté qui traverse les veines d’un partisan, il plus difficile d’être un amateur intéressé. Un simple spectateur, sans plus, très volatile, au gré d’évènements particuliers. J’ai surfé sur la vague des Jays cette été, car il s’agissait d’un phénomène. Mais depuis, j’ignore totalement les manchettes et les diverses activités relatives au baseball majeur.

Si les Expos devaient revenir dans le giron, est-ce que je serai de nouveau un partisan de baseball? Possiblement. Mais soyons franc, le sport professionnel et spécialement le baseball, est malade. Cette business est devenue un monstre où il est de plus en plus difficile d’avoir un sentiment d’appartenance auprès des joueurs. Les salaires sont toujours à la hausse, les disputes contractuelles également. Les amateurs resteront à la merci  de conflits de travail et des pourparlers orageux entre multimillionnaires (joueurs versus propriétaires). En voulons-nous vraiment? Le sport professionnel est maintenant aseptisé, sans grande saveur. Aurais-je le même entrain que dans les années 90? Je lisais un article récemment à propos de certains partisans des Jets de Winnipeg, qui malgré le retour de leur équipe, avouaient ne pas ressentir les mêmes émotions et le même attachement qu’avant. « Le hockey est rendu ennuyant. Les premières années consistaient à un renouveau, un engouement normal, mais depuis, je n’ai pas la même fierté. On est loin de mon attachement des années 80 », lisais-je comme commentaire. Le même raisonnement peut-il s’appliquer au baseball (et par la bande, aux futurs Nordiques)? Cela reste à voir.

Parler du retour d’une équipe de baseball majeur à Montréal me parait hélas une utopie. Est-ce réalisable? Je le doute très fortement. Pour faire vivre une équipe professionnelle, tout est une question de gros sous. Si nous pensons que le prix d’une concession de la LNH est élevée (500 millions US pour l’expansion[1]), imaginez celui du baseball majeur. Seul un milliardaire peut rêver à un tel projet. Le hockey en termes de prestige nord-américain, de valeur marchande ou de revenus générés, est à des années lumières du baseball. Le baseball est un sport avant tout américain, et le hockey son équivalent canadien. Si avoir une équipe de hockey professionnel est dans la normalité des choses au Canada, le tout devient moins évident pour le baseball. Il faut être naïf pour croire que le Québec peut se payer un tel investissement. Notre province est pauvre, incrustée d’un fardeau fiscal étouffant, d’un pouvoir syndical démesuré. Est-ce qu’il existe un ici un groupe assez fort financièrement pour soutenir un tel projet? Il y a des milliardaires au Québec, mais ont-ils un intérêt pour le baseball? Et ce bassin de milliardaires québécois est ridiculement bas : il en n’avait que 9 au Québec, en date du 28 juillet 2015[2]. Et si tel est le cas, seront-ils heureux d’y engloutir une partie de leur fortune, sachant l’investissement risqué? Québec rêve au retours des Nordiques. D’accord, c’est un projet porteur. Ma grande crainte demeure l’alternative. Si après 10 ans, Quebecor décidait de vendre l’équipe, est-ce qu’un acheteur se pointerait à l’horizon ou si la même situation vécue par les Expos ressortirait, c’est-à-dire, un propriétaire « fondateur » ayant les poches pleines, vendant ensuite par défaut à un consortium, qui, on le sait, est difficilement administrable? Il y aurait donc Quebecor et…?

Au-delà de l’historique de Montréal comme ville de baseball – des Royaux en passant par les Expos – qu’est-ce la métropole québécoise a à offrir aux dirigeants de la MLB (Major league baseball)? Aucun stade digne de ce nom existe, ni de propriétaires. On peut applaudir les efforts et l’enthousiasme du maire Denis Coderre, mais il est trop tard. Ces efforts auraient dû être déployés par les politiciens de l’époque, au moment de l’agonie de la franchise. Un appui massif de Pierre Bourque, de son successeur Gérald Tremblay et des divers paliers de gouvernement auraient été la clé. Par ces élus, un vent favorable aurait soufflé, une impulsion renouvelée vis à vis la recherche de nouveaux capitaux. Si les maires de Montréal avaient fait preuve de dynamisme et de leadership, un résultat similaire aux Giants de San Francisco de 1976 aurait été possible. En effet, George Moscone passa sa première année en tant que maire à empêcher les Giants de San Francisco d’émigrer vers Toronto. Ce qui fût couronné de succès. La preuve que le politique peut agir, si la volonté est présente.

Lorsque le consortium mené par Claude Brochu pris le tête du club, la donne a changé. Fini le temps d’un propriétaire pouvant laisser passer les déficits et n’avoir qu’un seul but : la victoire. Le nouveau groupe allait amoindrir les dépenses, en liquidant ses meilleurs joueurs. Ainsi, l’objectif premier devenait économique, maintenir l’équipe à flot, sans d’énormes déficits. C’est à ce programme que devait travailler les politiciens et les différents personnages associés au club. Un nouvel acheteur n’arrivait pas les mains vides, il avait quelque chose sur quoi bâtir, une fondation en place. En 2016, une nouvelle franchise demandera de repartir à zéro et exigera des sommes colossales : base de clients, organisation, réseau de filiales, et surtout, les frais de déménagement ou d’expansion. Sans oublier le stade… Le train est dorénavant passé et il serait par conséquent très surprenant de revoir du baseball majeur à Montréal. Ceux mentionnant que le sport professionnel n’a aucune incidence sur la situation d’une région doivent sortir de leur négativisme. Excluant les revenus fiscaux générés entre autres par les impôts des joueurs et les taxes sur les billets vendus, une équipe professionnelle amène une visibilité sans précédent, une publicité gratuite dans tout les médias de l’Amérique. Présent dans les divers médias, le nom « Montréal » apparaissait dans les sommaires de matchs, dans les classements et dans les calendriers. Qui connaîtrait Green Bay sans ses Packers? Que pensez également de la possible revitalisation d’un quartier suite à la construction d’un nouveau stade? Baltimore, Cleveland, Washington et plusieurs autres villes ont réussi ce pari. La perte d’une franchise pour une ville entraîne inévitablement une mauvaise réputation, celle du déclin, d’un marché faible. Montréal l’a vécu et la vit encore. L’Expo 67 est loin derrière, Montréal n’est plus la ville in du passé.

Pour espérer, Montréal  – et le Québec – devra démontrer une assurance, une vigueur économique et un environnement d’affaire sain et libre de contraintes extrêmes, souvent gracieuseté d’un gouvernement obèse. Qui sera, dans la réalité écrasante du Québec, assez téméraire pour construire un stade de baseball, sachant ce prix exorbitant? Et malgré la construction d’un stade, le baseball majeur reviendrait-il? On ne peut que spéculer. Est-ce nous devrions utiliser des fonds publics pour payer une telle facture? N’a-t-on pas construit le Centre Vidéotron avec l’argent des contribuables québécois? Il serait saugrenu de mettre en parallèle les deux. Un stade de baseball ne se compare pas à un amphithéâtre multifonctionnel.

Mais une réflexion s’impose. Étant de couleur conservatrice (ou de droite économique), le principe veut que le gouvernement  intervienne le moins possible dans nos vies. D’un autre côté, l’un des rôles du gouvernement est de fournir aux citoyens des bâtiments publics qui répondront à leurs besoins. Les exemples sont nombreux : bibliothèques, centres communautaires, routes, ponts etc. Le nouveau Centre Vidéotron devait s’inscrire dans cette catégorie. Cet immeuble n’est pas catalogué à des fins de hockey seulement : on y présente aussi des spectacles, des évènements pour toute la famille et le tournoi pee-wee. On pourrait même y trouver un jour des congrès, des expositions, des rassemblements politiques ou populaires. La grande région de Québec avait besoin d’un tel édifice. En aucun temps les gouvernements devraient subventionner une entreprise en difficulté (pensons à la MIL Davie ou à Bombardier), aider une industrie en déroute (exemples : l’automobile et le bois), ou s’ingérer dans les lois du libre marché. Pourquoi aider une industrie plus qu’une autre? Pourquoi aider Bombardier et non pas le commerce aux détails au coin de la rue? Aider tous et chacun serait de la folie, et en privilégier certains démontre du favoritisme et un jeu politique dangereux. Si l’on veut vraiment aider les entreprises éprouvant des problèmes, le rôle efficace d’un gouvernement débute par la création d’un environnement fiscal adéquat, compétitif, sans lourdeur administrative. Un « paradis fiscal » en d’autres termes. Une infrastructure comme le Centre Vidéotron ne devenait pas une subvention, mais un actif, un élément important du patrimoine d’une ville, un investissement nécessaire, non risqué et durable. C’était aussi, pour la ville de Québec et son maire, une question de choix et de priorité. Malgré mon amour passé pour le baseball et mon réel désir de revivre cette euphorie estivale, un stade expressément conçu pour ce sport n’est pas, à mon avis, une infrastructure apte à s’inscrire dans la même catégorie qu’un centre multidisciplinaire : il ne servirait qu’exclusivement à une équipe professionnelle, à quelques exceptions près (voir ici un spectacle de musique de grande envergure). N’oublions pas que contrairement à un aréna, un stade ne sera en opération que l’été, car l’hiver québécois n’est jamais loin.

On fait toutefois fausse route si pour s’opposer à un déblocage de fonds publics, le principal argument consiste en la fameuse casette du « on doit investir cet argent en santé et dans les écoles ». Dans son refus de s’impliquer dans la construction d’un nouveau stade, ce discours avait été maintes fois prononcé par le gouvernement Bouchard. Le problème en santé et en éducation n’est pas les sommes y étant consacrées, mais bien comment elles sont administrées!

Attrayante, Montréal devra ainsi le redevenir. Un stade demandera un investissement massif de la part du privé, ce qui implique la présence d’un maire et de dirigeants politiques sympathiques à cette cause, ouverts d’esprit et surtout « facilitateurs » , démarcheurs et porte-paroles. Les dédales administratifs devront être éliminés afin d’accélérer le processus. L’air ambiant d’une ville, son aura, et sa vibe attirent les investisseurs. Si Montréal a déjà réussit à obtenir une concession du baseball majeur, on le devait aux répercussions de l’Expo 67. Montréal était une ville en plein essor, mondialement reconnue. La MLB était par le fait même très attirée par ce nouveau marché. Montréal peut-elle rebondir?

 

[1] Tel que mentionné par Gary Bettman : http://www.lapresse.ca/sports/hockey/201504/24/01-4864252-une-equipe-dexpansion-couterait-500-millions-selon-bettman.php

[2] Voir ce texte : http://affaires.lapresse.ca/economie/quebec/201507/28/01-4888575-neuf-milliardaires-au-palmares-de-quebec-inc-en-bourse.php

Le retour des Nordiques de Québec?

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Le Centre Vidéotron est en opération depuis septembre 2015. La population de Québec attend ses Nordiques. C’est un peu normal, le départ de son équipe fétiche laisse encore un grand vide.

Loin de moi de vouloir jouer le rabat-joie, le bougon ou le nostalgique de la « bonne époque ». Je suis peut-être trop analytique ou réaliste. Alors que Québec veut se doter d’une équipe de la LNH, le hockey est depuis quelques années, très terne.

Je suis un amateur de hockey depuis toujours. Cela a même frôlé la folie. Notre regard peut changer de perspective, ou la vie évolue tout simplement.

Le sport professionnel, spécialement le hockey, maintenant pratiqué par des robots surentraînés, devient aseptisé, sans émotion. On veut éviter la controverse, de trop parler ou d’exciter l’adversaire. La vitesse et l’excellente exécution sur la glace ne sont pas le problème, ni même l’image positive projetée par les joueurs. Le problème est ailleurs : le partisan moyen, celui qui paie les billets et les produits dérivés, qui jadis était un vrai passionné, ne semble plus aussi enthousiaste. L’absence évidente de ferveur dans les gradins est accompagné d’un jeu passé à un niveau trop technique, dicté par des stratégies de plus en plus sophistiquées. Les parties passent à un rythme effréné, les équipes se ressemblent tous un peu – merci la parité – et les rivalités, autrefois fécondes et passionnantes, ne sont plus l’ombre d’elles-mêmes.

Une presse majoritairement « puritaine », ne souhaitant plus de bagarres, ni de jeux virils, a réussi, au gré du temps, à passer son message. Elle pense, à tort, que simplement le beau jeu définie le sport. Elle se trompe. Le «politicly correct », tant à la mode dans le monde politique est maintenant la norme dans le sport. Un mot de trop dans les médias et un joueur sera sermonné. Une intensité normale sur la patinoire sera désormais pénalisée. Les amphithéâtres modernes, conçus sous la même mouture, renversent les traditions et les sentiments d’appartenances. L’ambiance électrisante des anciens domiciles n’est qu’un lointain souvenir.

L’exubérant Michel Therrien de 2000 a disparu, il a été remplacé en 2015 par un clone de Bob Gainey : discours gentil, visage sans réaction, attentif aux relations publiques et non à ses émotions. Ce sont les émotions qui font vendre le sport, nous devons le crier haut et fort. Le contrôle de l’image par la LNH et les diverses organisations est maintenant répandu. Les idoles sont éphémères, tous ayant la même personnalité, la même étiquette. Si un fervent de hockey comme moi le délaisse progressivement, que restera-t-il? Des amateurs occasionnels, sans fidélité.

Québec, êtes-vous toujours si fébrile à l’idée d’avoir une équipe?

Ode au Canadien de Montréal

Ode au Canadien de Montréal

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Vous le savez sûrement, je suis un fan du CH et ce, depuis un très jeune âge. Je pourrais compter sur les doigts des deux mains le nombre de matchs que j’ai manqué, spécialement ceux du samedi soir. Et quand ça arrive … je suis frustré et je m’en veux presque. J’exagère un peu, mais c’est presque la vérité. Je suis un petit enfant de ce côté, mais c’est la vie. Ne m’en voulez pas, on a tous de passions. Les vrais fans des Bruins, Leafs (!) ou des Nordiques du temps savent de quoi je parle.

Je me souviens de plusieurs beaux moments en tant que partisans du CH : les séries Montréal-Boston dans les années 80-90, la cérémonie de la fermeture du Forum et celle de l’ouverture du Centre Molson, les victoires en séries, les bons joueurs, dont Patrick Roy et bien évidemment, la Coupe Stanley de 1993.

En 1993, j’étais un jeune adolescent, mais je m’en souviens encore, spécialement avec ma fameuse cassette VHS relatant les événements, que j’écoute à chaque année suite à l’élimination du Canadien : pour me motiver un peu et enlever cette dépression passagère. En 1993, les partisans des Nordiques riaient de moi quand Québec menait 2-0 en première ronde. Qui riait à la fin ? Je taquine.

Pourquoi avoir aimé le CH et non les Nordiques ? La réponse est souvent très simple : la couleur du chandail. J’étais jeune et lorsque nous le sommes, un rien nous impressionne et ce fut l’événement déclencheur. Tout simplement. Rien de méchant, avouons le.

Depuis 1993, nous, les fans du CH, on a vécu plusieurs moments très pénibles, et n’ont pas eu souvent l’occasion de célébrer. Quand je pense aux Patrick Traverse, Juha Lind, Éric Chouinard, Terry Ryan, Matt Higgins et j’en passe, on était loin de la Coupe aux lèvres.

La saison régulière 2013-2014 a été comme je l’ai déjà écrit, un peu longue et ennuyante, mais le CH a su tout de même bien réagir et réussir une très belle récolte de points.  On se demandait toutefois comment le Canadien allait se débrouiller en séries. J’étais confiant, mais de façon assez modeste, ayant été souvent déçu par le passé, si on exclut 2010, l’année Halak. Ce que le CH est en train de réaliser cette année est, vous le constatez, un baume et me fait dire « enfin, je suis récompensé« . Nous en sommes seulement aux premiers balbutiements de la série contre les Bruins, en 2e ronde, mais l’excitation est présente, l’espoir aussi.

Contrairement à certaines personnes qui  » jump on the bandwagon« , comme elles le font à chaque année avec une équipe ou l’autre, je suis le vrai fan du CH, celui qui était là, même dans les mauvais moments : ici voir, entre autres, l’ère Réjean Houle. Celui qui critique son équipe, qui se frustre, se décourage, qui reprend confiance très rapidement. Le fan du CH peut s’enflammer un jour, puis broyer du noir le lendemain. Il est très émotif, et il ne faut surtout pas rire de lui. Le sang latin dit-on ? Je ne sais pas, mais c’est ça être fan d’une équipe de hockey. Au Canada du moins.

On ne devrait jamais ridiculiser un fan du Canadien, car sans crier gare, les fantômes du Forum peuvent refaire surface et redonner ses lettres de noblesse à cette organisation centenaire.

Les présentes séries me refont réaliser comment j’aime cette équipe, comment je suis fier de vivre dans le moment présent, soit dans le stress, l’extase, la tension, la critique, l’espoir. Peu importe le résultat final des séries, on aura vécu de bons moments. J’ai 34 ans, j’agis souvent comme un enfant quand il est question du Canadien. Je ne changerai jamais cela, j’aimerais mieux mourir. Un logo du CH dans mon cercueil, à ma mort … pourquoi pas 🙂

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La fin d’une saison longue et terne

La fin d’une saison longue et terne

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Entremêlée de la pause olympique, la saison régulière 2013-2014 vient de se conclure dans la LNH … enfin je devrais ajouter.

Le Canadien de Montréal a connu une saison exceptionnelle, un peu venue de nulle part, malgré le positivisme des partisans, en octobre.

Cependant, personnellement, ce fut la saison la plus longue depuis l’ère Réjean houle. Je ne parle pas du fait que la saison était de 82 matchs versus le 48 de l’an passé, mais davantage en termes d’excitation et d’enthousiasme. Le hockey est un sport de passion, qui, lorsque bien joué, est le plus plaisant à regarder. Alors qu’à la sortie du lock-out 2004-2005, le jeu était redevenue des plus passionnants suite à divers changements, on est en train de revivre l’époque du « dead puck era (1995-2003)« , soit d’avoir des matchs ennuyants. Les entraîneurs se sont ajustés. Pour sauver leur peau, ils ne voient souvent qu’une seule solution : le jeu défensif à outrance. Certes, il y a  beaucoup de talents, les gardiens sont meilleurs, l’intensité est élevée, mais ce sont les systèmes défensifs qui ont prédominés et ressortis la dernière saison.

Qui dit jeu défensif, dit moins de buts. En 2013-14, les parties de 5 buts ou moins au total des 2 équipes ont été légion, on n’a vu qu’un seul buteur de 50 buts et plus (51) et un seul pointeur de plus de 100 points (104). La meilleure équipe offensive n’a marqué que 263 buts durant la saison (3,21/match) ! Un match 0 à 0 au baseball peut être très excitant, c’est rarement le cas au hockey.

On ne peut reprocher à la LNH toutefois son inaction, par les nombreux changements de règlements ou les diverses restrictions concernant l’équipement des gardiens. Les gradins sont remplis et la LNH vient de signer des gros contrats de télévision. Son produit n’a jamais été aussi en demande. Mais je suis certain que les grands penseurs de la ligue ont tout de même des inquiétudes sur le déroulement très terne de plusieurs matchs. Qui, outre les entraîneurs, apprécient le jeu ultra défensif qui rend le spectacle souvent très dure à regarder ? La zapette ne s’est jamais fait autant allée pendant les matchs, que cette année. Dans mon cas du moins.

Même le nouveau format des divisions n’a pas donné l’engouement voulu. L’intensité n’est pas en cause, mais l’émotion est souvent absente, il faut le noter. Le but des nouvelles divisions était de créer ou recréer des rivalités. Et qui dit rivalités dit jeu palpitant. Ce fut un résultat mi-figue mi-raisin. On n’a limité qu’à 4 ou 5 les confrontations entre les équipes d’une même division, alors que la ligue a insisté pour en offrir 2 « inter association ». On devrait augmenter les matchs « de division » et réduire ceux Est versus Ouest. Les rivalités augmenteront aussitôt, le jeu n’en sera que plus intéressant.

Que faire pour améliorer le spectacle ? L’éternel question. Sans entrer dans une profonde analyse, je peux rapidement mentionner : refuser les dégagements en désavantage numérique, supprimer le point pour une défaite en surtemps ou permettre aux gardiens d’aller derrière le filet.

Suis-je encore une fois nostalgique du bon vieux temps ? Oui et non. Je m’ennui évidemment du hockey de mon enfance, mais je n’avais rien à reprocher au hockey post lock-out 2004-05. J’avais plus de 25 ans, alors ma lassitude actuelle n’est pas une affaire de nostalgie.

Le problème est revenu progressivement, pas d’un coup. La fin du jeu terne et vite SVP.

Je vous souhaite tout de même de très bonnes séries 2014, et Go Habs go 🙂

Au revoir Ultimate Warrior

Au revoir Ultimate Warrior

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James Hellwig, dit « Ultimate Warrior », est décédé hier à l’âge de 54 ans.

Il est le dernier d’une longue liste de lutteurs décédés en jeune âge. Les conséquences d’une consommation certaine de stéroïdes ne mentent pas.

Il fût un personnage très controversé, spécialement en raison de son attitude sur le ring.

Lutteur de grand talent avec un charisme fou et un personnage flamboyant, il a été même jusqu’a un certain point plus populaire que l’immortel Hulk Hogan. Hogan était le symbole de la lutte et de la WWF à cette époque, c’est tout dire.

Le Warrior faisait parti intégrante de l’âge d’or de la WWF, soit entre 1985 et 1995.

Je suis très nostalgique de cette époque, la lutte était vraiment un spectacle incroyable, avec des personnages haut en couleur et talentueux. Un lutteur très moyen de l’époque serait en 2014 un champion et une superstar. Cela prouve donc la grande profondeur existante de cette période.

Qui ne se souvient pas du match entre Hogan et le Warrior, à WrestleMania VI ? Un combat qui a même fait les manchettes des bulletins de nouvelles sportifs, tellement l’événement était immense et unique.

Un extrait du fameux combat : https://www.youtube.com/watch?v=BfqV3xI8l_s

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Évidemment, les héros de notre enfance paraissent toujours comme étant les meilleurs et inoubliables. Je ne crois pas être le seul à préférer ce qui fût fait par le passé, spécialement lors de notre enfance, qu’à toutes nouveautés souvent médiocres d’aujourd’hui. Films, musique, sports, et par la bande, la lutte.

La nostalgie est présente pour plusieurs d’entre-nous, encore plus lorsqu’elle nous fait revenir à l’enfance. Un esprit d’enfant incorpore tout ce qui est bon. C’est pourquoi à mon avis, quelque chose de bon aujourd’hui n’a pas la même saveur. On y voit le mauvais et on aura trop tendance à vouloir user de comparaison.

Si en 1987, j’avais eu 34 ans et non pas 7, je n’aurais peut-être pas aujourd’hui la même opinion du Warrior. Un personnage qui berce notre enfance n’a pas la même influence qu’un personnage marquant à tout autre âge. C’est la folie et la définition de l’enfance.

RIP Warrior.