Archives pour la catégorie Québec urbain

Quel 3e lien?

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Le sujet est d’actualité, tout le monde en parle. Régis Labeaume vient même de présenter son plan pour la circulation routière. Les embouteillages saccagent notre qualité de vie, mais que faire? Pont, tunnel ou même un métro? Soyons sérieux. On entend fréquemment que si Montréal a son nouveau Pont Champlain, Québec mérite le sien. Erreur. La région de la Capitale Nationale compte de 3 à 4 fois moins d’habitants que celle de la métropole. Est-il souhaitable, compte tenu de l’endettement monstrueux des finances publiques, d’ajouter un projet de l’envergure d’un troisième lien? D’ailleurs, est-ce un projet si vital et encore plus important, règlerait-il les problèmes de circulation dans la capitale? Non. D’ailleurs, avec les sommes à prévoir pour le nouveau Pont de l’Ile d’Orléans et l’entretien des ponts Pierre-Laporte et de Québec, il n’est pas en mon sens prioritaire et économiquement responsable d’y additionner une autre facture.

Autant l’idée d’un 3e lien n’est pas réaliste, autant celle d’un SRB est une lubie de la pire espèce. Les pouvoirs publics doivent cesser d’écouter les larmoyants écolos. La région de Québec ne se compare en rien à l’Europe : l’Europe concentre des millions de gens à l’intérieur d’un espace très restreint alors que notre ville a une faible population étendue sur un vaste territoire. Le transport en commun n’est donc pas une solution efficace pour notre ville. Il est utopique de croire que l’autobus (ou un SRB,) devienne un outil efficient dans les déplacements quotidiens : une jeune famille, un entrepreneur ou un simple citoyen devant se rendre à un rendez-vous n’y trouveront jamais leur compte.

Depuis combien de temps remarque-t-on une augmentation du trafic à Québec? 10 ans, 15 ans? Depuis combien de temps les voies réservées aux autobus sont elles omni présentes? Environ 10 ans… Existe-il là une piste de solution? Il serait sage d’étudier concrètement la situation. J’exagère possiblement les méfaits de ces voies, mais si nous pensons que d’en rajouter demeure la clé, nous passons probablement trop de temps à contempler les adorateurs de Gaia. Êtes-vous passé sur le Boulevard Lebourgneuf récemment? Allez-y, vous comprendrez alors mieux pourquoi cette farce verte a assez durée.

Que faire alors? La première des choses, c’est d’établir un budget réaliste et d’y dessiner nos priorités. Certains axes routiers ont été imaginés il y a 30 ou 40 ans, loin de la réalité actuelle. Il ne fait pas de doute que le réaménagement d’autoroutes, l’ajout de voies régulières et la réduction de certaines zones réservées deviennent des solutions intéressantes. On l’a vu par exemple pour l’autoroute Robert-Bourassa, près du Cégep Ste-Foy : ce réaménagement a été bénéfique. L’appliquer ailleurs dans la ville serait souhaitable. Rapidement.

Notre mentalité moderne à l’égard du travail devra aussi être révisée. Du télétravail aux changements d’horaire, une réflexion nationale pourrait se présenter aux diverses entreprises et organes gouvernementales. La technologie facilitera ces choix.  

J’ai de grandes réserves sur la faisabilité d’un troisième lien. Certaines solutions moins radicales et surtout moins onéreuses existent. Suffit de le croire.  

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Musée national des beaux-arts du Québec

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Bienvenue au Musée des beaux-arts du Québec (MNBAQ). Depuis le 24 juin dernier, le musée a pris un nouvel envol, avec l’ouverture du pavillon Pierre Lassonde. J’ai toujours apprécié les musées, spécialement ceux illustrant l’histoire, par ses artéfacts, pièces antiques et représentations artistiques. Je dirais que j’apprécie en fait la plupart des formes d’arts. Je dis « la plupart » car souvent, l’art flyé, avant-gardiste, trop contemporain, me laisse songeur. Le MNBAQ laisse beaucoup de place à cette forme d’art.

Quelques observations sur ma dernière visite. Premièrement, le MNBAQ, avec son nouveau pavillon, est de classe mondiale. Nous n’avons pas à rougir. L’intégration des divers pavillons sous un même espace facilite l’accès et rend la visite agréable. Prévoir un minimum de 3 heures pour voir la globalité des pavillons!

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Le MNBAQ, de classe mondiale

Le nouveau pavillon est d’une remarquable beauté. Moderne, spectaculaire, sa disposition permet également au visiteur de découvrir sous un angle différent certains secteurs de notre ville. C’est dans ce pavillon que nous rencontrons l’art contemporain. Certaines oeuvres sont loufoques, déjantés, incompréhensibles. Il est ici le fameux flyé que je n’apprécie peut-être pas suffisamment. Malgré tout, l’originalité, le soucis du détail ou la qualité esthétique de certaines de ces oeuvres permettent de passer un bon moment et de mieux saisir l’importance de cette forme d’art : s’éclater, sortir de l’ordinaire, réfléchir, divertir. Elle mérite un petit coin bien à elle.

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De l’art contemporain, incluant des œuvres assez flyés

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Une belle vue

Les deux autres pavillons du MNBAQ sont toujours aussi impressionnants. « Ce bâtiment a abrité, pendant près d’un siècle, la prison de Québec. Il est l’œuvre de l’architecte québécois Charles Baillairgé. Depuis 1991, il fait partie intégrante du Musée national des beaux-arts du Québec. Des cachots y ont été conservés pour témoigner de la vie carcérale au siècle dernier »[1]. On y retrouve des collections diverses (art moderne), de Jean-Paul Lemieux à Riopelle en passant par Pellan. Le Québec artistique!

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Nos artistes québécois les plus connus

En ce qui concerne le pavillon Gérard-Morisset, on y retrouve l’art historique, davantage classique et en mon sens, le plus intéressant et marquant.« Plafonds sculptés, colonnes surmontées de chapiteaux et matériaux nobles : l’architecture néoclassique de ce pavillon est impressionnante. Conçu par l’architecte Wilfrid Lacroix, l’édifice a été inauguré en 1933. Les bas-reliefs de sa façade ont été réalisés par le sculpteur Émile Brunet. Jusqu’en 1991, le Musée occupait uniquement ce bâtiment[2] ». Certains tableaux illustrent nos paysages québécois, d’autres nos personnages marquants, sans oublier plusieurs évènements historiques. L’art chrétien est aussi très présent. Avec ses magnifiques tableaux et sculptures, il nous ramène à notre passé catholique et à ce devoir de mémoire collective.

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Art historique

Le MNBAQ donne une place de choix à l’art québécois. En cette période de régression identitaire, il est toujours bon de retrouver les siens. Reconnaître son passé, pour maintenir son futur!

 

[1] http://www.mnbaq.org/renseignements/sur-place/plan-du-musee.
[2] http://www.mnbaq.org/renseignements/sur-place/plan-du-musee.

Les foutus parcomètres

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Lorsque je me promène dans le quartier St-Roch de Québec ou dans le centre-ville de Montréal, je ne peux que constater une certaine désolation à voir les nombreux immeubles délabrés, laissés vacants ou sans vraiment d’entretien. Je ne suis pas économiste et je n’ai pas fais d’étude approfondie sur le sujet, mais un fait me frappe toujours : pourquoi une ville aime tant nuire à sa population? Lourdeur bureaucratique, taxes, permis, pour un commerçant, réussir n’est pas aisé. Si on doit ajouter en plus les embûches rencontrées par sa clientèle afin de le visiter, on peut mieux comprendre la triste réalité du déclin des centres villes. J’ai écris récemment à la ville de Québec, dans le cadre d’un communiqué envoyé par la ville à ses citoyens. Je voulais simplement vous partagez mes frustrations vis à vis les parcomètres, entre autres.

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Bonjour, je me permets ce petit courriel suite à cette parution :

http://ville.quebec.qc.ca/citoyens/vieuxquebec/index.aspx

Pour redonner vie au Vieux Québec, à St-Roch et au quartiers limitrophes, il n’existe pas une multitude de solutions. Sans trop vouloir paraître simpliste, je peux résumer le tout à l’accessibilité. Pour tout visiteur du centre-ville de Québec, qu’il provient des banlieues, du reste du Québec ou de partout dans le monde, la question du stationnement demeure primordiale. Si la ville veut redonner le Vieux Québec à sa population, on doit lui en faciliter sa venue. Éliminer les parcomètres demeurent pour moi une alternative nécessaire. Évidemment, la ville aura moins de revenus palpables, mais en parallèle, les retombées engendrées par une augmentation de la fréquentation aideront nos commerçants à retrouver une santé économique et à déclencher le désir de participer à cet essor. Une ville accueillante pour les affaires promeut l’entrepreneurship. Une ville prospère voit fondre son pourcentage d’immeubles vacants, abandonnés ou inoccupés. Je parle du Vieux Québec, mais aussi des rues Cartier, St-Jean ou de la Grande Allée.

Pouvoir se stationner dans la rue, sans se soucier de payer son parcomètre agrémente une présence en ville. On déplore la mort des centres villes, que cela soit Québec, Montréal, ou partout en province, mais si les politiciens municipaux rendaient la vie plus facile et moins onéreuse à ses citoyens, la vitalité économique des centres villes en serait préservée. Je demeure dans Lebourgneuf et aller au centre-ville me répugne uniquement à l’idée de devoir payer, en plus de mes taxes municipales, un parcomètre. Un parcomètre, c’est payer pour se promener dans sa propre ville…!

Merci!

Jean-Paul L’Allier 1938-2016

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Lors du décès d’une personnalité publique, les éloges fusent. C’est normal, car le respect est de mise, surtout vis à vis la famille et les amis endeuillés. Toutefois, on doit aussi garder un sens critique. Suite au décès de M. L’Allier, ce sens critique m’amène à faire le bilan de son règne à la mairie de Québec. Pour bien analyser un évènement ou un personnage, un recul est requis. Parfois, dans le feu de l’action, l’émotion prend toute la place et on ne peut juger correctement ;  d’où l’importance de laisser le temps faire son oeuvre, afin le moment voulu, de mieux saisir l’héritage laissé.

On peut résumer l’ère L’Allier à quelques points majeurs. Il est paradoxale de constater que son geste le plus important était à l’époque celui que je critiquais le plus : les fusions municipales. Quand je parlais de recul… Au tournant des années 2000, ce sujet fût très controversé. Les fusions ont été alors forcées par le gouvernement du Parti québécois, sans regard démocratique. Celles-ci étaient souhaitées par plusieurs, mais c’est sous M. L’Allier que l’idée a grandit : il l’a poussée et vendue au gouvernement provincial, qui seul avait le pouvoir d’agir. Le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard a ainsi tout gobé et a décidé d’appliquer sauvagement cette proposition. Le problème était donc là : les citoyens n’avaient aucun droit de regard sur leur avenir municipal. Fait très grave, venant d’un parti et d’un maire souvent étiquetés  comme étant de « grands démocrates ». Si on exclu ce malheureux manque démocratique et la fausse promesse du « coût nul » pour les citoyens, les fusions étaient effectivement nécessaire. Pendant que les villes ayant refusé les défusions proposées subséquemment par le gouvernement Charest progressaient – pensons à Québec, oui, mais aussi à Lévis et Saguenay – celles les ayant acceptées ont stagnées ou même dégringolées : le meilleur exemple restera Montréal. Québec parlait enfin d’une seule voix, pavant ainsi la route à de plus gros projets, à voir grand, à rêver. Fini les chicanes entre les divers maires! Terminé les compromis pour aboutir à rien! Pendant que Québec continue de se développer, Montréal s’encrasse dans les dédales administratifs, dans les guerres d’arrondissements, dans les labyrinthes de médiocrité. Sans le courage et l’esprit tordu de M. L’Allier, Québec resterait en 2016 morcelé et sans possibilité d’envergure. Régis Labeaume n’aurait jamais eu les coudées franches pour construire le Centre Vidéotron!

L’autre point positif que j’accorde à son règne est l’embellissement de la ville. On parle avec raison du quartier St-Roch, mais l’ensemble de la ville a aussi eu son lot de cures de rajeunissement. Québec est le berceau de l’Amérique, une capitale provinciale, elle mérite d’être belle. Sans le leadership d’un maire, une ville peut s’enlaidir ou évoluer pêle-mêle, sans plan. L’urbanisme est un legs majeur du maire : il se voit, il est tangible. En considérant l’amélioration visuelle qu’il aurait apporté, son grand projet d’escaliers entre la basse et la haute ville avait un certain bon sens. Une ville comme Québec – qui n’est pas exactement une mégapole comme New York – doit savoir se démarquer. Nos attraits touristiques et notre beauté représentent notre carte de visite : l’escalier en était un exemple probant. Il aurait fallu mieux le vendre au public et aux médias, tout en étant plus réaliste sur le plan financier.

Ce que je reproche maintenant le plus au maire l’Allier est l’esprit morose qu’il a engendré. Le départ des Nordiques, la défaite olympique et l’opération Scorpion (prostituées mineures) ont joués pour beaucoup. Ces évènements ne relevaient pas nécessairement du maire ou n’étaient pas sous la juridiction de la ville, mais un esprit défaitiste tournait alors sur la vieille capitale. Il en était le maire, il en avait la responsabilité. Certes, une certaine élite aimait cette ville dortoir, spécialisée en fêtes hautaines et en musique classique, mais la grande majorité de la population déprimait, broyait du noir. Et cela est sans parler des gens, qui en ayant marre, déménageaient. Triste constat.

J’ai également toujours trouvé immoral qu’un maire n’habite pas la ville qu’il administre. Jean-Paul L’Allier habitait l’Ile d’Orléans, on le sait tous. J’ai toujours eu un grand malaise à cet égard. Est-ce que les montréalais accepteraient que leur maire habite Longueuil ou Laval? J’espère que non!

L’esprit d’une ville demeure un point central. Les citoyens sont-ils heureux d’y vivre? Sous l’Allier, la population n’était pas malheureuse, elle était tout simplement endormie. C’est une grande nuance.

Sous Jean-Paul L’Allier, on peut tout de même admettre que les bons coups surpassaient les mauvais. Lorsqu’il était en poste, je « détestais » beaucoup Jean-Paul L’Allier. Je considérais son règne comme une nuisance, une médiocrité sans borne. J’avais hâte qu’il cède sa place. Avec le temps, on peut ainsi voir les choses sous un autre angle, n’est-ce pas?

Le vandalisme et moi

Rue Ste-Anne, vieux-Québec

Rue Ste-Anne, vieux-Québec

J’aimerais vous entretenir d’un point dont personne ou presque ne parle, ici, à Québec. La ville se targue d’être une destination touristique de choix, et avec raison. J’ai déjà parlé dans un autre texte de certaines rues à Québec où on devrait trouver une vocation pour des terrains ou bâtiments abandonnés.

Je trouve que la ville -haute ville, faubourg St Jean-Baptiste et le vieux Québec- a un problème de graffitis. J’ai fait quelques voyages dans les dernières années : Paris, Vancouver et New York, entre autres. Dans les lieux dit touristiques et d’affaires de ces villes, plus grosses que la vieille capitale, la présence de graffitis n’est pas significative. Il y en a bien sûr dans les banlieues, les métros, les secteurs plus pauvres et malfamés, mais non pas dans les parcours les plus en vus des visiteurs… ou très rarement.

 À Québec, c’est le contraire. Alors que les banlieues en sont dépourvus, nos secteurs les plus achalandés par les touristes en sont bondés. Je ne dis pas que c’est un problème épouvantable diminuant notre qualité de vie et notre charme. J’affirme simplement un fait pouvant être corrigé.  Je suis un amoureux d’histoire, d’urbanisme et de notre ville, j’aimerais dont qu’elle soit encore plus belle, le plus possible.

Vous voulez des exemples d’endroits enlaidis par ces graffitis indésirables? Il y a Place D’Youville (rue des Glacis, rue d’Youville, rue Dauphine), rue St-Jean direction Ste-Foy (coin Ste-Marie, coin Claire-Fontaine), rue St-Jean direction vieux-Québec (coin Ste-Angèle, coin St-Stanislas), rue Cartier (coin Fraser), rue Richelieu (partout, mais surtout coin rue des Glacis), rue Ste-Anne (entre d’Auteuil et le Morrin Center) et évidemment tout au long de la Côte d’Abraham. Ce sont des rues très passantes et reconnues à Québec. On doit donc y jeter un coup d’oeil attentif.

Des amendes plus sévères, des caméras aux endroits problématiques ou une escouade de nettoyage constante apparaissent comme des solutions. Graff’Cité est un exemple d’organisme qui agit en ce sens. Parrainé par le Carrefour jeunesse-emploi de la Capitale Nationale (CJECN), la sensibilisation prend une place importante dans leurs actions, mais du nettoyage y est aussi effectué. En plus, cet organisme permet à des jeunes adultes éloignés du marché du travail de se remettre en action sur le plan socioprofessionnel. Le service est d’ailleurs gratuit. C’est par ce type d’initiatives que le fléau des graffitis pourra être réduit. Le gouvernement du Québec est en mode coupures et déficit zéro. J’appui le tout fortement. On doit réduire la masse salariale de la fonction publique, le pouvoir des syndicats et la bureaucratie, sans oublier la suppression de plusieurs organes inutiles de l’État. Toutefois, certains programmes du CJECN sont efficaces et importants : incluons là-dedans l’équipe de Graff’Cité.

D’ailleurs, il faudrait peut-être changer le terme « graffitis » et le remplacer par « vandalisme », tout simplement. Le vandalisme est un méfait passible d’un casier judiciaire.

Pour ce qui est d’amendes plus élevées, c’est une alternative intéressante. Un des problèmes provient du paiement de celles-ci. Si un mineur n’a pas les moyens, ces parents pourront payer la note. Toutefois, que faire si un contrevenant majeur refuse de payer une amende? L’envoyer en prison certes, si c’est une faute importante, mais si on parle d’une première offense ou de faibles dommages et que le responsable a peu de moyens, il restera les travaux communautaire. Toutefois, amende, prison et travaux n’entrent pas dans la même sphère juridique : il y a le municipal et le code criminel. On ne pourra pas échanger une amende (surtout municipal) contre des travaux (fédéral), par exemple. Les travaux communautaires, -concernant le vandalisme-, sont fondamentaux dans le cadre des plus petites infractions. Outre le nettoyage de ses propres dégâts, laver d’autres lieux vandalisés ou tout simplement malpropres pourraient être une peine dissuasive et même être le départ d’une remise en question personnelle. Redonner au suivant pourrait devenir un adage pour le fautif. Réparer son erreur.

 A Québec, quelques règlements (article 14 entre autres) sont en vigueur, accompagnés d’amendes. On peut les retracer ici : http://reglements.ville.quebec.qc.ca/fr/showdoc/cr/R.V.Q.1091//#idhit1

En termes juridiques, le vandalisme est un méfait suivant l’article 430 du Code criminel du Canada, et qui énonce :

430. Commet un méfait quiconque volontairement, selon le cas :

  • détruit ou détériore un bien;
  • rend un bien dangereux, inutile, inopérant ou inefficace ;
  • empêche, interrompt ou gêne une personne dans l’emploi, la jouissance ou l’exploitation légitime d’un bien

Quiconque commet un méfait à l’égard d’un bien, est passible d’un emprisonnement maximal de deux ans. Sans être juriste, j’imagine que plus la faute est lourde et répétitive, plus la peine s’approchera du deux ans. Le vandalisme est donc puni selon le code criminel, mais est-ce que ces dispositions sont assez dures? Notre système de justice est très permissif et par conséquent, il ne fait pas peur.

Pour épingler les vandales plus facilement, la présence de caméras dans les rues pourrait venir réduire les méfaits. Devant les tribunaux, avec une preuve sans équivoque sur pellicule, il serait plus aisé d’y appliquer la loi et attribuer une culpabilité.

Ceux critiquant l’intrusion dans la vie privée avec l’apparition de caméras peuvent avoir partiellement raison, mais on doit répliquer par l’argument que la sécurité a un prix, soit celle d’être un peu moins libre. Mais si une personne n’a rien à se reprocher, pourquoi avoir peur de leurs présences? D’ailleurs, elles ne seraient présentes que sur un lieu problématique et/ou passant, et non pas dans un lieu privé. Mais si on installe des caméras, les malfaiteurs iront-ils ailleurs, tout simplement? La question se pose. Mais au moins, si on protège les lieux touristiques, notre image sera préservée. Néanmoins, un déplacement des graffitis améliorera l’aspect visuel de notre carte de visite, mais réduira la qualité de vie des citoyens soumis à ces horreurs.

Le droit à la vie privée est protégé notamment par les articles 5 et 9.1 de la Charte des droits et libertés de la personne :

5 . Toute personne a droit au respect de sa vie privée.

9.1 . Les libertés et droits fondamentaux s’exercent dans le respect des valeurs démocratiques, de l’ordre public et du bien-être général des citoyens du Québec. La loi peut, à cet égard, en fixer la portée et en aménager l’exercice.

Quant au Code civil du Québec, il allègre notamment :

  1. Toute personne est titulaire de droits de la personnalité, tels le droit à la vie, à l’inviolabilité et à l’intégrité de sa personne, au respect de son nom, de sa réputation et de sa vie privée. Ces droits sont incessibles.
  2. Toute personne a droit au respect de sa réputation et de sa vie privée. Nulle atteinte ne peut être portée à la vie privée d’une personne sans que celle-ci y consente ou sans que la loi l’autorise.

36 . Peuvent être notamment considérés comme des atteintes à la vie privée d’une personne les actes suivants: 1. (…) 2. (…) 3. Capter ou utiliser son image ou sa voix lorsqu’elle se trouve dans des lieux privés; 4. Surveiller sa vie privée par quelque moyen que ce soit; 5. Utiliser son nom, son image, sa ressemblance ou sa voix à toute autre fin que l’information légitime du public;

Appliquant les dispositions des lois mentionnées plus haut, les tribunaux ont reconnu qu’il est permis d’effectuer des activités de surveillance. Mais la surveillance est permise uniquement dans la mesure où elle est raisonnable et répond à des motifs légitimes. Donc, avant de recourir à la vidéosurveillance, il faut avoir des motifs sérieux. On peut quand même lire entre les lignes et comprendre que le politique peut forger une loi autorisant la présence de caméras. Le Code civil ne dit-il pas « […] y consente ou sans que la loi l’autorise »? Si la loi l’autorise, où serait le problème? En autant que certaines balises soient présentes, il serait ainsi possible d’agir convenablement.

Bref, il semble actuellement exister certaines difficultés à tout citoyen, entreprise, ou gouvernement d’installer à sa guise un tel dispositif. Une simple mention « vous êtes sous surveillance« , sans vraiment avoir installé une caméra serait légale, mais serait-ce suffisant? J’en doute.

Le blogueur Pierre Trudel analyse en profondeur l’usage des caméras : http://www.journaldemontreal.com/2014/02/21/cameras-de-surveillance-que-dit-la-loi

N’oublions pas que le vandalisme signifie plus de réclamations d’assurances, donc des primes plus élevées ou des conditions plus restrictives. Personne n’est gagnant de cette réalité. Tout le monde doit se retrousser les manches.

J’ai vraiment un problème avec les graffitis, par esthétisme oui, mais aussi par la vision du laxisme des autorités, pour diverses raisons : manque de moyens, droits limités, justice molle. Est-ce seulement moi qui est trop pleurnichard à ce sujet?

Le coeur de Québec

Le coeur de Québec

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Je vis depuis toujours dans la région de Québec. Notre ville est belle,  de plus en plus divertissante. La ville dortoir de Jean-Paul Lallier est chose du passé. Quand nous visitons une nouvelle ville, en voyage entre autres, on est enclin à l’émerveillement, de tout voir en rose, de ne pas voir les travers de celle-ci. Mes voyages à Paris en sont le meilleur exemple. On ne fait qu’y passer, ne se dirigeant que vers les endroits touristiques, donc agréables à regarder. On n’y découvre pas les aléas de la vie quotidienne ou ses mauvais côtés. Les fameuses banlieues parisiennes, un vrai « dépotoir  » et amoncellement d’immigrants souvent incapable de bien s’intégrer et de réussir, ne sont pas à la vue du visiteur. Un parisien analysera sa ville d’une autre façon et sera porté à être négatif sur plusieurs aspects. La vision que j’ai parfois de Québec, peut donc être teinté de cet esprit du citoyen ne voyant que les éléments laids ou peu flatteurs de son milieu de vie.

Ce texte se voudra très constructif et touchera spécialement le quartier St-Roch. Je ne demeure pas dans ce quartier, mais j’y passe quotidiennement en voiture afin d’aller au travail. Ce secteur s’est beaucoup amélioré au cours des années, tant aux niveaux économique, architectural et  événementiel. Cette somme de succès amplifie donc le lustre retrouvé par St-Roch et améliore d’autant plus son aspect visuel. De quartier affreux, on peut maintenant affirmer qu’il est acceptable. Les Jardins St-Roch et la revitalisation de la rue St-Joseph résument l’erre d’aller entreprise au tournant des années 2000.

Il reste encore du travail à faire. Il en restera toujours. Rien ne pourra être parfait. Une ville est en constante évolution, accablée par différents cycles économiques, politiques ou autres. Québec n’y échappe pas. La présence de nids-de-poule, de graffitis, d’immeubles délabrés, de terrains marécageux en pleine cité ou de locaux vacants, ne pourra jamais être évitée complètement.

Les artères majeures à revoir

Parlons des artères majeures et principales  de St-Roch, celles-ci bordant par le fait même le centre touristique de la capitale.

La rue Dorchester, entre Prince-Édouard et du Roi, devrait être revue. On a déjà fait un grand pas avec le Centre Multiethnique de Québec : la bâtisse a été remise à neuf et décontaminée. L’aspect visuel sera remarquable, quoi que nous pouvons douter du type d’occupants qui y séjournera. Attention, je n’ai rien contre les nouveaux arrivants, mais on devra éviter d’y voir pondre un immeuble se transformant rapidement en taudis, sans entretien.

En jaune, les portions à revoir.

En jaune, les portions à revoir.

Mais pour ce qui est du reste de la portion problématique de la rue, on est devant une situation qui a assez durée. Rien ne se passe. Il y a beaucoup de locaux libres, des devantures laides ou non rénovées, des bâtiments à vendre depuis des lunes. On peut parler des mêmes ennuis, sur de La Couronne. Deux rues parallèles, deux  situations identiques.

L’imposant  projet de la Place Jacques-Cartier (http://www.quebechebdo.com/Actualites/2013-06-28/article-3296409/La-Place-Jacques-Cartier-sera-reamenagee/1) qui est toujours sur la glace et qui ne semble pas débloqué, serait le chaînon manquant, ou du moins la rampe de lancement pour le (re)renouveau de ce quadrilatère. La revitalisation de St-Roch a démarrée  il y a 15 ans environ. Elle fut un succès, mais l’équilibre reste fragile. On doit poursuivre sur la lancée. Les défis reliés à la popularité des banlieues devront amener les promoteurs, entrepreneurs, gens d’affaires et la ville à être astucieux et innovateurs.

Une ville pas si efficace!

Nous avons pu assister dans les dernières années à des beaux projets … sur papiers! Outre celui de la Place Jacques-Cartier, citons L’Îlot Irving, l’Îlot Esso, l‘Église Saint-Coeur-de-Marie de la Grande Allée, Le Diamant de Robert-Lepage, l‘Église Saint-Vincent-de-Paul et même celui d’immeubles sur le stationnement Ste-Hélène, rue Dorchester.

Alors qu’à ses débuts, le Maire Régis Labeaume promettait une facilité accrue pour les investisseurs de réaliser leurs projets, on remarque de plus en plus la lenteur, les difficultés encourues et le « veto » de la ville. Avec ses oppositions continues, ses référendums et autres moyens légaux, plusieurs comités de citoyens, ces « non-istes » bloquent trop fréquemment ces futures réalisations. La mairie devra trouver des solutions afin d’accélérer les demandes d’entrepreneurs et de répudier le pouvoir trop souvent exagéré de ces groupuscules égoïstes sans vision globale pour leur quartier.

Il y a eu certes des dossiers de complétés, pensons à l’amphithéâtre et quelques-uns en périphérie de la ville centre, mais ceux touchant le coeur même de Québec, avancent à pas de tortues. Nous pouvons comprendre l’hésitation de la ville pour des édifices patrimoniaux, mais dans la plupart des cas, l’aspect historique est totalement absent.

Les tractations spectaculaires de la vente du Concorde, causées par des commentaires odieux du Maire Labeaume et certains gestes freinant le processus, le démontrent. Et que penser des agissements de la ville envers les Écoquartiers de la Société Leboeuf et ceux envers Jacques Robitaille au sujet du site de l’ancienne Église Saint-Vincent-de-Paul?

Des solutions diverses

La ville de Québec était en pleine progression suite aux fêtes du 400e de 2008. Elle venait d’élire un nouveau Maire enthousiaste, provenant du domaine des affaires, et qui souhaitait offrir de « l’air » aux entrepreneurs. Où est passé cet esprit ?

Il ne faut pas tomber dans le piège de l’interventionniste extrême, accompagnés par un ralentissement marqué de la délivrance de permis de construction et d’un pouvoir continuel des groupes de pression ou de citoyens. Les décisions que prendra la ville sur ces trois axes dicteront l’avenir de Québec.

Un allégement bureaucratique et une réduction fiscale pour les entrepreneurs voulant rénover ou acheter des immeubles délabrés doivent être mis de l’avant. On aiderait ainsi une ville à s’embellir, à s’enrichir, tout en évitant aux gouvernements à débourser des sommes pour les travaux. On évitera aussi d’offrir des avantages à une entreprise à l’encontre d’une autre. Pensons aux subventions directes ou aux congés de taxes, qui sont en un sens, discriminatoires et subjectives. Le secteur privé doit être mis à contribution de façon grandement majoritaire pour la relance d’un secteur. La ville doit limiter le plus possible ses dépenses concernant des immeubles ne lui appartenant pas, mais elle peut avoir le rôle d’accompagnateur, favorisant une charge fiscale moindre pour les investisseurs voulant faire y des affaires. Une personne s’intéressant à la ville doit être traitée de façon convenable, et non pas de façon cavalière, ce qui s’apparente alors à une déconnection totale de la réalité.

St-Roch a un très bon potentiel. Proche des milieux touristiques, ayant lui-même des éléments intéressants pour les visiteurs, sa progression doit se continuer. Quartier d’abord ouvriers, plusieurs immeubles rappellent cette époque. On ne doit pas oublier que beaucoup de personnes y passent en « transit »,  pour accéder au Vieux Port, à la Colline Parlementaire ou au Vieux Québec. Il faut offrir la meilleure image possible de notre ville. C’est un point central, on doit le répéter.

Améliorer la beauté d’une ville, c’est lui redonné une fierté, une image de marque. Le charme d’une ville  passe  également par une connaissance de son identité, de son passé. Rendre hommage aux héros et aux évènements de notre histoire, par le biais de monuments ou de parcs, incarnent certes des idées classiques, mais elles permettent de redorer le blason d’une ville, et plus particulièrement, d’un secteur. Au lieu d’un bâtiment laissé à l’abandon par le propriétaire, pourquoi la ville ne pourrait-elle pas l’acheter, à un prix  symbolique, afin d’y apposer un mémorial en l’honneur d’une personnalité ayant marquée la ville? La statue de Sir Wilfrid Laurier située sur le Boulevard Langelier est un exemple typique. Sa présence, à la place d’un bout de trottoir ou d’un terre-plein, parait simple, mais elle change radicalement le décors de l’artère. Un monument est un signe de respect, de mémoire, donnant une belle allure à un endroit . Il peut même devenir, si correctement effectué, un élément touristique. Pensons aussi à l’ancienne statue de la Reine Victoria, détruite il y a plusieurs décennies, située dans le Parc Victoria, ou à celle de Jacques Cartier, à la place du même nom, sur de la Couronne (monument remisé pour le moment).

Statue de Sir Laurier

Statue de Sir Laurier

La Côte d’Abraham

Si les points soulevés plus haut peuvent paraître subjectifs, celui de La Côte d’Abraham est en mon sens le  plus grand point d’interrogation. Une grande « bataille »! Autant le bas de la côte a été embelli de belle façon, autant la portion du haut laisse franchement à désirer, et ce, depuis trop longtemps. Oui l’immeuble du Collège Bart a pris du mieux, mais tout de même !

Qu’en est-il :

– de l’affreux trou laissé par la démolition de l’Église Saint-Vincent-de-Paul ? Une chicane entre la ville et le propriétaire qui traîne en longueur. Un coin très névralgique de la ville, vu par la plupart des touristes qui doivent se déplacer entre le Vieux Port ou St-Roch et la haute ville.

– de cet ancien garage, maintenant entouré d’une clôture, laissé sans activité depuis au moins 5 ans. Est-ce qu’il y a un propriétaire ? Connaissez-vous la situation ? Encore une fois, c’est à la vue du touriste et de la population. L’achalandage et la circulation y sont très fortes.

Garage à l'abandon

Garage à l’abandon

–  de cet autre bâtisse abandonné, qui abritait des bureaux. Qu’elle est la situation ? C’est inoccupé depuis plusieurs années et situé à proximité des autres cas problématiques.

Bâtisse à vendre

Bâtisse à vendre

La Côte d’Abraham a beaucoup de potentiel. Du haut de la côte, la vue sur St-Roch et sur Les Laurentides est spectaculaire. A défaut d’un projet digne d’intérêt du privé, comme celui d’un hôtel concocté par le groupe JARO, un espace commémorant l’histoire de la ville de Québec pourrait trouver une place : un résumé des 405 ans de la ville. Un endroit unique pouvant devenir notre « Statue de la Liberté« , quelque chose d’historique, à fibre emblématique.

Le monument en honneur de Frédéric Ozanam, le fondateur de la Saint-Vincent de Paul, demeure toutefois l’exemple le plus probant. Outre l’aspect historique, un espace réservé à honorer un personnage rend davantage agréable une artère qui en arrache. On pourrait appliquer cette philosophie à plusieurs rues.

Frédéric Ozanam monument

Frédéric Ozanam monument

L’administration générale de l’ex-Maire Lallier a beaucoup laissé  à désirer, mais sa vision d’un lien entre St-Roch et la haute ville de Québec, « l’escalier », même si un peu farfelu, avait de quoi d’intéressant. Au moins, on voulait bouger!

D’ailleurs, ce secteur semble avoir des retards infinis, des longueurs interminables. Pourquoi ? J’entendais le maire Labeaume récemment se plaindre des délais trop longs pour obtenir un permis de construction ; en moyenne un an. La solution se trouve, entre autres là. Moins de bureaucraties, moins de consultations, plus de liberté, plus de projets.

Monuments, statues et financement

Étant de nature très conservatrice sur le plan économique, les dépenses pour ces idées sont réalisables,  à la condition d’être englobées dans une enveloppe budgétaire déjà prévue. Nul besoin de mentionner qu’elles devront faire l’objet d’une gestion très serrée.

Pour se transformer en l’icône de splendeur qu’elle est devenue, Paris a dû investir dans ses infrastructures. Je ne suis pas un rêveur, je suis réaliste. Québec mérite d’être encore plus belle. Toutefois, dans le contexte actuel des finances publiques du Québec, on ne doit pas dépenser sans compter. Les gouvernements devront privilégier certains projets et utiliser l’argent à même les budget existants des ministères.

La philanthropie du privé sur le financement de ces oeuvres sera cruciale. Le privé n’est pas le mal, amis gauchistes, laissons les travailler, prospérer adéquatement. Réduisons leur fardeau fiscale et atténuons les embûches bureaucratiques les atteignant. Un privé en santé est synonyme de richesse collective et d’un désir de redonner à la société. Ce n’est pas en étouffant une entreprise d’impôts et de paperasses, et en la traitant de profiteurs et de « maudits capitalistes » que celle-ci voudra investir de façon lucrative ou caritative.

La merveilleuse Fontaine de Tourny est un legs du privé, pour le 400e de Québec, ne l’oublions jamais! On doit répéter ce type de don dans le futur.

 

A bientôt!

Sylvain Gauthier, Québec