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La liberté d’expression [encore] menacée

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Les images étaient bouleversantes, les mots nous manquaient. Québec, victime d’une tuerie sans précédent, nous apprenait qu’aucune ville n’est à l’abris d’une telle attaque. Peu importe l’auteur d’un massacre, il n’existe aucune circonstance atténuante, aucune justification. Qu’il soit musulman, catholique, blanc, on doit dénoncer vivement la violence.

Expier sa haine par un carnage sanglant ne devrait jamais être une possibilité, considérant que notre société occidentale permet une multitude de solutions pacifiques pour régler conflits et tensions. Une de celles-ci est notre liberté d’expression, si durement acquise par nos ancêtres.

Les évènements de dimanche dernier sont dramatiques sur le plan humain, mais ne doivent jamais remettre en question notre droit de débattre et d’exprimer nos idées, nos opinions. Déjà depuis quelques jours, des politiciens osent mettre des bémols sur ce que nous devrions dire ou écrire l’immigration et l’islam étant les points de mire. Philippe Couillard souhaitait « mieux choisir les mots, qui peuvent unir, guérir ou diviser, ou blesser » alors que son adversaire Jean-François Lisée soulignait qu’un changement de ton s’imposait. Avec ces énoncés, le futur nous apparaît très sombre, la liberté d’expression risque d’être progressivement amoindrie. En réponse à cette attaque, l’impossibilité de critiquer l’islam sera alors à prévoir – crainte très réaliste. Les tenants de la rectitude politique, du multiculturalisme et de l’inclusion extrême, ébranlés par la morts de ces innocents musulmans, profiteront alors de ce climat de solidarité, de rage, d’incompréhension, pour encrer profondément cette philosophie où critiquer l’islam [ces éternels victimes] deviendra synonyme d’islamophobie.

Pour ne pas attrister davantage la communauté musulmane, qui légitimement, pleure encore ses morts, on exigera de la retenue, une censure, une totale absence de toute forme de reproche dirigée vers la religion mahométane. Alors que la violence ne doit avoir aucune place dans une société comme la nôtre, commenter dans un blogue, dans les médias sociaux, sur les tribunes radiophoniques, dans une chronique, un éditorial, ou tout simplement, entre nous, demeure une nécessité, un signe de santé collective. Vouloir limiter ce droit afin de ne pas déplaire à une communauté est le danger qui nous guette. Ce droit a été largement mis à l’épreuve dans les dernières années, gracieuseté de nos politiciens mollassons et adorateurs de la Charte des droits et libertés, pour qui une minorité culturelle ne doit jamais être sermonnée ou sujet à moqueries. Pensons au projet de loi 59, liberticide, affreux. Si une leçon doit être apprise de l’attentat de dimanche dernier, c’est bien celle que notre liberté d’expression est primordiale, qu’elle ne doit jamais être menacée. Toutefois, le politicien actuel, incapable de faire la part des choses, étouffé par la rectitude politique, la joute parlementaire, les défis électoraux et la peur d’être défini de raciste, d’intolérant, de xénophobe, accentue le déclin de notre espace communicatif, resserrant peu à peu l’étau de notre droit de parole.    

En terminant, voici quelques réflexions suite à ce triste attentat :

Est-ce possible d’avoir accès à un média traditionnel objectif, qui raconte les FAITS, sans complaisance musulmane?

Le Québec, si prompt à vouloir faire la leçon sur les armes et sur la présence d’un registre, mais qui est tout de même riche en tueries, plus qu’ailleurs au pays;

Selon les médias, étant un homme blanc, je suis automatiquement un membre du KKK ou le pire être sur terre. Les musulmans ne sont eux que des victimes;

Des musulmans tuent? C’est la faute à personne. Un blanc tue? C’est la faute de la droite, des radios, de Trump, du racisme, de l’islamophobie;

L’islam est toujours au centre d’évènements sanglants. Ici ce sont des musulmans qui ont été atteints. Sinon, ce sont eux qui tuent;

Qui est à blâmer pour les tensions actuelles? Certes, l’islam a une partie du blâme, mais n’oublions jamais les médias et les politiciens mollassons, adeptes de la rectitude politique et du multiculturalisme.      

Quel 3e lien?

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Le sujet est d’actualité, tout le monde en parle. Régis Labeaume vient même de présenter son plan pour la circulation routière. Les embouteillages saccagent notre qualité de vie, mais que faire? Pont, tunnel ou même un métro? Soyons sérieux. On entend fréquemment que si Montréal a son nouveau Pont Champlain, Québec mérite le sien. Erreur. La région de la Capitale Nationale compte de 3 à 4 fois moins d’habitants que celle de la métropole. Est-il souhaitable, compte tenu de l’endettement monstrueux des finances publiques, d’ajouter un projet de l’envergure d’un troisième lien? D’ailleurs, est-ce un projet si vital et encore plus important, règlerait-il les problèmes de circulation dans la capitale? Non. D’ailleurs, avec les sommes à prévoir pour le nouveau Pont de l’Ile d’Orléans et l’entretien des ponts Pierre-Laporte et de Québec, il n’est pas en mon sens prioritaire et économiquement responsable d’y additionner une autre facture.

Autant l’idée d’un 3e lien n’est pas réaliste, autant celle d’un SRB est une lubie de la pire espèce. Les pouvoirs publics doivent cesser d’écouter les larmoyants écolos. La région de Québec ne se compare en rien à l’Europe : l’Europe concentre des millions de gens à l’intérieur d’un espace très restreint alors que notre ville a une faible population étendue sur un vaste territoire. Le transport en commun n’est donc pas une solution efficace pour notre ville. Il est utopique de croire que l’autobus (ou un SRB,) devienne un outil efficient dans les déplacements quotidiens : une jeune famille, un entrepreneur ou un simple citoyen devant se rendre à un rendez-vous n’y trouveront jamais leur compte.

Depuis combien de temps remarque-t-on une augmentation du trafic à Québec? 10 ans, 15 ans? Depuis combien de temps les voies réservées aux autobus sont elles omni présentes? Environ 10 ans… Existe-il là une piste de solution? Il serait sage d’étudier concrètement la situation. J’exagère possiblement les méfaits de ces voies, mais si nous pensons que d’en rajouter demeure la clé, nous passons probablement trop de temps à contempler les adorateurs de Gaia. Êtes-vous passé sur le Boulevard Lebourgneuf récemment? Allez-y, vous comprendrez alors mieux pourquoi cette farce verte a assez durée.

Que faire alors? La première des choses, c’est d’établir un budget réaliste et d’y dessiner nos priorités. Certains axes routiers ont été imaginés il y a 30 ou 40 ans, loin de la réalité actuelle. Il ne fait pas de doute que le réaménagement d’autoroutes, l’ajout de voies régulières et la réduction de certaines zones réservées deviennent des solutions intéressantes. On l’a vu par exemple pour l’autoroute Robert-Bourassa, près du Cégep Ste-Foy : ce réaménagement a été bénéfique. L’appliquer ailleurs dans la ville serait souhaitable. Rapidement.

Notre mentalité moderne à l’égard du travail devra aussi être révisée. Du télétravail aux changements d’horaire, une réflexion nationale pourrait se présenter aux diverses entreprises et organes gouvernementales. La technologie facilitera ces choix.  

J’ai de grandes réserves sur la faisabilité d’un troisième lien. Certaines solutions moins radicales et surtout moins onéreuses existent. Suffit de le croire.  

La grande hypocrisie

 

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L’hypocrisie fait partie du monde politique. Depuis l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, il a été souvent mention de la légalisation de la marijuana. Ce n’est donc qu’une question de temps avant que le grand public puisse avoir accès à un marché accessible et sécuritaire : les divers paramètres du projet de loi seront à discuter dans les prochains mois.

Si je peux comprendre et accepter certains avantages reliés à la vente libre de la marijuana, je ne peux que constater l’immense paradoxe vis à vis le traitement réservé au tabac. D’un côté, on veut libéraliser et rendre plus transparente et facile la distribution du cannabis, et de l’autre, on diabolise le tabac. Où est la logique? Est-ce que le cannabis est moins dangereux? Sans être un professionnel de la santé, je peux affirmer sans me tromper que l’usage du cannabis peut engendrer une dépendance et qu’il est tout aussi nocif que le tabac[1] :

« Il ne faut pas sous-estimer la nocivité du cannabis sur l’organisme et la santé. Certes les retombées sont souvent moins dramatiques que certaines autres substances psychoactives, mais les risques sont bien là… et peuvent même mener au décès. L’appareil respiratoire est doublement exposé aux risques physiques : les émanations toxiques du goudron contenu dans le tabac mais aussi au goudron contenu dans le cannabis en combustion font double emploi et attaque donc sévèrement le système respiratoire. La consommation régulière et avancée de ces produits peut engendrer l’apparition d’un cancer précoce du poumon. Ces risques sont d’autant plus forts si l’on consomme le cannabis dans certaines conditions d’inhalation intense (douille, bang, pipe…) ».

Les mesures prises par les divers paliers de gouvernements ont été efficaces. Nous assistons une baisse progressive du nombre de fumeurs au pays. En effet, selon Statistiques Canada, entre 2013 et 2014, la proportion de fumeurs au Québec est passée de 21,4% à 19,6%. Au Canada, elle a chuté de 19,3% à 18,1%[3]. Il ne faut toutefois pas passer sous silence les fonds publics utilisés par les gouvernements. Au Québec, « le Ministère de la santé et des services sociaux a consacré environ 17 millions de dollars à la lutte contre le tabagisme en 2014-15, ce qui représente un peu plus de 2 dollars par personne[4] ».

La classe politique est de plus en plus ouverte au cannabis. C’est une lubie de notre temps, on doit paraître cool, in et tolérant. À l’ère des médias sociaux, cette philosophie est présente comme jamais et y être opposée équivaut à un éboulis de commentaires désobligeants. La gauche qui aime se dire progressive mais qui déteste les opinions contraires.

L’hypocrisie à l’égard du cannabis accroît le cynisme. Alors que pour plusieurs, la légalisation du cannabis est synonyme de modernité et d’ouverture d’esprit, on ne compte plus les campagnes médiatiques sur les effets pervers du tabac. On nous supplie de cesser son utilisation : pensons à la « Semaine pour un Québec sans tabac », aux publicités de « De Facto » – financées autant par le Gouvernement du Québec que celui d’Ottawa – et sans oublier les nombreuses réglementations et initiatives gouvernementales pour contrer le tabagisme.  

« Le Gouvernement du Canada a de nombreux programmes pour lutter contre la façon dont les produits du tabac sont fabriqués, publicisés, emballés, étiquetés et vendus. La stratégie fédérale de lutte contre le tabagisme est celui qui a la plus grande portée […]
Plusieurs lois du Gouvernement du Canada contrôlent la publicité sur le tabac. La Loi sur le tabac, par exemple, restreint la publicité sur le tabac, interdit la commandite par les compagnies de tabac et exige la présence de mises en garde sur les paquets de cigarettes. […]
Les gouvernements provinciaux et territoriaux canadiens ont banni la publicité sur les produits du tabac dans les lieux de vente […] Le Règlement sur l’étiquetage des produits du tabac (cigarettes et petits cigares) est entré en vigueur en 2011. Il expose les grandes lignes des exigences sur les étiquettes relatives à la santé qui doivent être affichées sur les paquets […]
Imposer des taxes qui font augmenter les prix des produits du tabac est l’une des mesures les plus efficaces pour réduire la consommation de tabac[2].

Les mesures prises par les divers paliers de gouvernements ont été efficaces. Nous assistons une baisse progressive du nombre de fumeurs au pays. En effet, selon Statistiques Canada, entre 2013 et 2014, la proportion de fumeurs au Québec est passée de 21,4% à 19,6%. Au Canada, elle a chuté de 19,3% à 18,1%[3]. Il ne faut toutefois pas passer sous silence les fonds publics utilisés par les gouvernements. Au Québec, « le Ministère de la santé et des services sociaux a consacré environ 17 millions de dollars à la lutte contre le tabagisme en 2014-15, ce qui représente un peu plus de 2 dollars par personne[4] ».

Il est donc paradoxal de constater des gouvernements de plus en plus présents dans nos vies, de plus en plus interventionnistes, de plus en plus maternants, faciliter l’accès à la population d’une drogue, le cannabis. Si l’État concocte des campagnes de peur pour contrer le tabac, le fast food, les boissons gazeuses, le sucre, l’alcool au volant etc. comment peut-on comprendre que celui-ci ouvre la voie à la légalisation du cannabis? Le Canada n’est pas le seul pays à faciliter le vente du cannabis, certains États américains[5] l’ayant déjà approuvée. Les gouvernements modernes veulent nous protéger de tout ce qui existe, nous dire quoi manger, quoi boire, quoi écouter, bref l’infantilisation à outrance. Il est donc difficile de comprendre les raisons derrières la légalisation du cannabis. Pendant que sous Jean Chrétien les libéraux faisaient la guerre à la cigarette, ceux de Justin Trudeau veulent offrir au grand public le cannabis. La girouette libérale à son pire! 

Légaliser le cannabis n’est pas souhaitable, il s’agit de la première porte pour l’entrée graduelle des autres drogues : 2016 la cannabis, 2020 l’héroïne? 2025 La cocaïne?

On légalisera le cannabis alors que le gouvernement provincial de Philippe Couillard a fait adopter en 2015 la Loi 44 visant à renforcer la lutte contre le tabagisme et que le gouvernement Trudeau veut dans sa nouvelle stratégie anti-tabac obliger les compagnies à utiliser un emballage neutre – donc sans logo ni nom[6] – . C’est une évidente contradiction, accompagnés d’une naïveté malaisante sur les méfaits de cette drogue et d’un geste purement symbolique. Symbolique pour démontrer un Justin ouvert d’esprit, bien de son temps, qui ne juge personne. Son désir de la légaliser est un autre signe de son égocentrisme, de son penchant à vouloir être populaire à tout prix. En 2016, la consommation de cannabis est sympa et bien perçue par la population? Pas de problème, monsieur selfie va l’autoriser et se foutre des conséquences. Si de nos jours, la cigarette était encore à la mode, le premier ministre canadien n’hésiterait pas à la rendre encore plus accessible et il en profiterait pour publiciser son utilisation.

Au Canada, n’a-t-on pas de sujets plus importants à discuter? L’argent public devrait sans aucun doute servir à d’autres fins, car vouloir mettre en circulation le cannabis demandera du temps et beaucoup de dépenses : comités, travail parlementaire, effort marketing. Alors que nos politiciens devraient débattre des vrais enjeux – lutte au terrorisme et à l’islam radical, assainissement des finances publiques, économie etc. – notre classe dirigeante s’occupera de légaliser la marijuana. Question de priorités.

Mais revenons à la racine primaire d’un gouvernement, l’infantilisation. Avec le temps, alors que cette drogue deviendra une pratique normale, courante et facile d’accès, progressivement, l’État ressortira sa recette maternante, celle tant utilisée pour le tabac, entre autres : il fera des campagnes invitant la population à cesser son usage. Lorsque la cigarette est apparue, sa grande nocivité était inconnue. Des décennies d’ignorance auront coûté la vie à des milliers de gens. Les gouvernements sont depuis en mode rattrapage et veulent absolument éradiquer le danger que peut représenter le tabac. D’un autre côté, les études démontrent clairement qu’il n’est pas si recommandable de fumer du cannabis. Alors profitons de nos connaissances sur le sujet et évitons la légalisation. Le tabac n’a pas eu cette chance, d’où les millions maintenant dépensés pour l’éliminer. Il sera hypocrite dans le futur de décrier les méfaits et les coûts associés au cannabis (pour le système de santé) sachant qu’en 2016, lors de sa légalisation, les informations étaient largement disponibles.

 

[1] Tel que vu au : http://www.drogues-dependance.fr/cannabis-effets_et_dangers.html.
[2] Source : http://www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information.
[3] Source : info-tabac.ca/tabagisme-a-la-baisse-au-canada.
[4] Source : info-tabac.ca/combien-dargent-est-necessaire-pour-bien-lutter-contre-le-tabagisme.
[5] « Le 6 novembre 2012, le Colorado et l’État de Washington sont les premiers États des États-Unis à adopter la légalisation de petites quantités. Le 24 février 2015, l’Alaska imite les deux premiers États et autorise la possession de moins de 28 g pour un usage privé. Deux jours plus tard, le 26 février, c’est au tour du district de Columbia de légaliser la marijuana, après approbation par référendum. La loi autorise la possession de moins de 60 g et la culture de six pieds à des fins privées ; la vente reste interdite. Le 1er juillet 2015, l’Oregon devient le 4e État à légaliser la possession de marijuana. Le 23 mars 2016, la ville de La Nouvelle-Orléans décriminalise la possession de marijuana. A partir du 21 juin 2016, elle ne sera plus passible que d’une amende de 40 à 100 $ ». Source : Wikipedia.
[6] Nouvelle emmenée par Brian Lilley, le 2 juin 2016 sur http://www.therebel.media.
 

Aux armes, citoyens

 



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Les aventures de Tintin, Coke en stock 

Suite à l’épouvantable tuerie d’Orlando, certaines réflexions sur le port d’armes me sont venues. Que faire pour enrayer ce fléau? Je ne possède pas d’arme et je n’ai aucun intérêt à en obtenir une. Je ne suis donc aucunement biaisé dans ma désapprobation totale du registre des armes à feu proposé par le gouvernement Couillard. En vertu de ce projet de loi[1] :

 « Toute arme à feu sur le territoire du Québec doit être immatriculée avec un numéro unique et inscrite à un fichier. Toute transaction concernant l’arme immatriculée doit être signalée. Les autorités pourront saisir l’arme en cas d’infraction. Les entreprises d’armes à feu devront aussi établir et mettre à jour un tableau de suivi des opérations relatives aux armes à feu en leur possession. Le projet de loi prévoit également des sanctions pour les contrevenants, jusqu’à 5000 $ pour un particulier et jusqu’à 15 000 $ pour les autres cas ».

Toutefois, si nos voisins américains peuvent mettre facilement la main sur une panoplie d’armes, il en est tout autrement au Québec, où son acquisition demande un processus long et fastidieux. Dans un article paru le 22 juillet 2012[2], le directeur d’un club de tirs racontait : « Le processus pour obtenir une arme à feu prohibée aux États-Unis est différent. Dans la majorité des cas, c’est beaucoup plus facile qu’ici. Au Québec, on ne peut pas avoir une arme à feu comme ça. Pour les armes restreintes, c’est tolérance zéro. Il faut être patient, car il y a beaucoup de bureaucratie ». Le journaliste poursuit :

 « En effet, acquérir le droit d’acheter et d’utiliser ce type d’arme nécessite plusieurs démarches. D’abord, les aspirants tireurs devront suivre la formation du Cours canadien dans le maniement des armes à feu à utilisation restreinte, dispensée par la Fédération québécoise de tir et qui dure une journée se terminant par deux examens. La plupart des gens demandent des cours pour aller travailler pour des agences de sécurité, les postes frontaliers ou les prisons… C’est une formation qui est obligatoire. Et il y a beaucoup de personnes qui cherchent tout simplement à joindre un groupe, un club de tir, car ils ont des amis qui y sont déjà. S’ils obtiennent 80 %, les candidats peuvent ensuite passer à l’étape suivante qui consiste en un examen similaire au premier, mais qui s’applique à l’ensemble des armes à feu.
Par la suite, en vertu de la Loi sur les armes à feu (loi fédérale), la personne devra demander un permis de possession et d’acquisition auprès de la GRC qui fait une enquête, ainsi que la SQ, dans le cas du Québec. À cette étape, trois personnes doivent signer comme quoi le requérant est apte à mettre la main sur un tel objet. «Il n’y a pas de recherches psychologiques serrées au bout de l’évaluation. C’est la signature des trois personnes qui fait foi que tu es un citoyen honnête et non violent. Elles attestent que tu peux posséder une arme à feu. Une personne peut signer et ensuite téléphoner à la GRC pour dire que ce n’est peut-être pas une bonne idée que cette personne soit en possession d’une arme à feu.
 La Loi 9, en vigueur depuis 2008, et selon laquelle une formation de quatre heures est obligatoire, exige d’être membre d’un club de tir pour devenir éligible à l’achat d’une arme à feu restreinte. Une fois cette étape passée, la GRC doit délivrer un permis de transport d’arme à feu, valide uniquement entre le domicile et le club de tir. Le trajet doit être déterminé d’avance. Toutes ces étapes ne garantissent toutefois pas le droit d’être en possession d’armes. La Sûreté du Québec se garde beaucoup de latitude pour saisir une arme légalement enregistrée ».

Ainsi, le Québec est fortement protégé. L’achat d’une arme à feu est très surveillé et réglementé. Le risque zéro n’existe évidemment pas, pensons au trafic d’armes ou à l’accès illégal.

Dans ces circonstances, le futur registre québécois pour les armes à feu devient inutile et superflu : exercice purement esthétique et de supposé bonne conscience. Le Québec est champion dans les dépassements de coût, spécialement avec le bordel informatique[3]. La province croule sous la bureaucratie et son désir néfaste de tout contrôler. Le gouvernemaman est partout, nous taxant à l’infini. Les gouvernements modernes – et tout particulièrement au pays du socialisme québécois – adorent prendre la population par la main. La démocratie, cette « terre de liberté » devient de plus en plus autoritaire et infantilisante. Sous des allures de protecteurs des siens et d’une apparence de sensibilité à saveur de rectitude politique, le gouvernement Couillard n’apprendra vraisemblablement pas de l’exécrable expérience fédérale[4]. Un donneur de leçons québécois, incapable d’apprendre des erreurs du passé. Pathétique et arrogant : au Québec, nous sommes meilleurs que les autres, sachez le…

Ma dernière réflexion m’amène au niveau américain. Le deuxième amendement de la Constitution « garantit pour tout citoyen américain le droit de porter des armes ». Il fait ainsi parti des dix amendements, couramment appelés Bill of Rights[5]. Cette volonté américaine de posséder une arme est légitime, ce droit fondamental étant très encré dans leur historique nationale. Je suis de ceux pour qui la liberté n’a pas de prix, ce qui inclut la possibilité à tout citoyen d’acquérir une arme. Toutefois, aucun rapprochement n’est possible entre la réalité qui subsistait en 1791, et celle prévalant aujourd’hui. A cette époque[6], on parlait d’arquebuses, de pistolets, de mousquetons, de mousquets et de tromblons, bref d’armes à portée limitée, souvent assez lourde et encombrante, accompagnée d’une faible fréquence de tirs. Par exemple, la cadence de tirs pour le mousquet pouvait varier de 1 à 3 coups à la minute[7], ce qui est très peu si on la compare aux armes modernes, comme la Kalachnikov, qui va jusqu’à 600 coups par minute[8]. À la signature de la Constitution américaine, recharger une arme demandait de la patience et beaucoup d’entraînement. Une arme servait principalement pour se défendre et aller à la chasse. Qui aurait voulu et pu, avec un tel arsenal, provoquer une « tuerie de masse »? Pour les Pères fondateurs des États-Unis, l’idée qu’un de leur contemporain puisse user d’une arme pour perpétrer une tuerie à grand déploiement était inexistante.

Le deuxième amendement consistait à une sorte de protection contre un envahissement « potentiel » de l’État vis à vis sa population. Plus de 230 ans plus tard, cette peur de l’État est devenue caduque, l’armement s’est modernisé et notre société multiplie les occasions de grands regroupements publics (bars, évènements sportifs, etc.). En gardant à l’esprit ce désir profond du peuple américain d’être armé, serait-il toutefois envisageable d’éliminer du marché public les armes à grande portée et à cadence rapide? Nous pouvons facilement tolérer un accès illimité aux armes de poings tels un pistolet ou un revolver, mais doit-on l’accepter pour les armes d’épaule, telle une mitraillette? Outre à des fins militaires et policières, pourquoi la circulation à tout azimut des armes d’épaule est encore possible? En les interdisant au grand public, tout en maintenant le marché des armes de poing très accessible, on viendrait par le fait même réduire le risque de massacres, tout en respectant la mentalité légitime du deuxième amendement. Ce compromis est en mon sens très logique.

Le deuxième amendement garantissait le droit – sans compromis – de porter une arme, mais ce même amendement poussé à l’extrême devient archaïque dans sa forme contemporaine : il accorde à quiconque un accès infini aux armes, peu importe son modèle, sa portée etc. Mais à la fin du 18èime siècle, « l’infini » consistait à des armes à cadence lente. Si les Washington, Franklin, Adams et Cie avaient pu prévoir la progression fulgurante et meurtrière de l’armement, il est à parier que cet amendement se présenterait différemment.

Malgré toutes les interrogations et malaises concernant l’épineux dossier des armes à feu, n’oublions jamais que la cause première de l’attentat d’Orlando est l’islam radical. Un contrôle parfait des armes n’aurait probablement rien changé. Mais ce triste évènement permet tout de même de relever certaines pistes de discussion. En politique américaine, j’appui sans réserve les républicains, spécialement ceux prônant une droite économique décomplexée. Cependant, l’inflexibilité abusive du parti au sujet du port des armes me laisse songeur.

 

[1] Voir le http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-64-41-1.html.

[2] Voir : http://www.lapresse.ca/la-voix-de-lest/actualites/201207/27/01-4560209-obtenir-une-arme-a-feu-au-quebec.php.

[3] Je vous invite à visiter le site du Journal de Québec et de Montréal afin d’y lire l’excellent travail journalistique à ce sujet : http://www.journaldemontreal.com/enquetes/le-bordel-informatique.

[4] « Estimé au coût de 2 millions au départ, il totalise environ un milliard en 2006, soit 500 fois le montant initial. Bien qu’il soit un programme gouvernemental, ce dépassement de coût est considéré excessif par plusieurs ». Source : wikipedia.org/wiki/Registre_canadien_des_armes_%C3%A0_feu.

[5] Adoptée par la Chambre des représentants le 21 août 1789 et le Congrès le 26 septembre suivant, elle est ratifiée progressivement par les États fédérés, et prend effet le 15 décembre 1791, date de la ratification par la Virginie. Source : http://www.archives.gov/exhibits/charters/bill_of_rights_transcript.html.

[6] Je vous invite à visionner ce site pour avoir plus d’informations sur l’histoire des armes : http://www.armae.com/moderne.

[7] Tel que vu au http://www.waterloo1815.be.

[8] Selon un article paru le 2013-12-23, sur le http://www.huffingtonpost.fr.

Les foutus parcomètres

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Lorsque je me promène dans le quartier St-Roch de Québec ou dans le centre-ville de Montréal, je ne peux que constater une certaine désolation à voir les nombreux immeubles délabrés, laissés vacants ou sans vraiment d’entretien. Je ne suis pas économiste et je n’ai pas fais d’étude approfondie sur le sujet, mais un fait me frappe toujours : pourquoi une ville aime tant nuire à sa population? Lourdeur bureaucratique, taxes, permis, pour un commerçant, réussir n’est pas aisé. Si on doit ajouter en plus les embûches rencontrées par sa clientèle afin de le visiter, on peut mieux comprendre la triste réalité du déclin des centres villes. J’ai écris récemment à la ville de Québec, dans le cadre d’un communiqué envoyé par la ville à ses citoyens. Je voulais simplement vous partagez mes frustrations vis à vis les parcomètres, entre autres.

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Bonjour, je me permets ce petit courriel suite à cette parution :

http://ville.quebec.qc.ca/citoyens/vieuxquebec/index.aspx

Pour redonner vie au Vieux Québec, à St-Roch et au quartiers limitrophes, il n’existe pas une multitude de solutions. Sans trop vouloir paraître simpliste, je peux résumer le tout à l’accessibilité. Pour tout visiteur du centre-ville de Québec, qu’il provient des banlieues, du reste du Québec ou de partout dans le monde, la question du stationnement demeure primordiale. Si la ville veut redonner le Vieux Québec à sa population, on doit lui en faciliter sa venue. Éliminer les parcomètres demeurent pour moi une alternative nécessaire. Évidemment, la ville aura moins de revenus palpables, mais en parallèle, les retombées engendrées par une augmentation de la fréquentation aideront nos commerçants à retrouver une santé économique et à déclencher le désir de participer à cet essor. Une ville accueillante pour les affaires promeut l’entrepreneurship. Une ville prospère voit fondre son pourcentage d’immeubles vacants, abandonnés ou inoccupés. Je parle du Vieux Québec, mais aussi des rues Cartier, St-Jean ou de la Grande Allée.

Pouvoir se stationner dans la rue, sans se soucier de payer son parcomètre agrémente une présence en ville. On déplore la mort des centres villes, que cela soit Québec, Montréal, ou partout en province, mais si les politiciens municipaux rendaient la vie plus facile et moins onéreuse à ses citoyens, la vitalité économique des centres villes en serait préservée. Je demeure dans Lebourgneuf et aller au centre-ville me répugne uniquement à l’idée de devoir payer, en plus de mes taxes municipales, un parcomètre. Un parcomètre, c’est payer pour se promener dans sa propre ville…!

Merci!

Libéralisons l’industrie du taxi

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C’est le sujet de l’heure. Uber est partout, avec ses partisans et ses détracteurs. Que faire, que pensez? Difficile d’y répondre avec exactitude. L’industrie du taxi vit à son tour les aléas de la technologie. Personne ne pourra ralentir le processus. Les chauffeurs de taxi devront s’adapter et ajuster leur offre de service. Mais avant toute chose, la réponse passe par le gouvernement provincial. Comme il a également la main mise sur cet univers, notre gouvernemaman est le seul à pouvoir régler la situation. Uber est une application mobile contournant la réglementation actuelle, celle de détenir un permis d’exploitation valide. Ses conducteurs ne participent donc pas au régime étatique. Par son désir d’intervenir partout dans nos vies, le gouvernement est l’unique responsable du présent chaos.

L’actuelle injustice provient du prix parfois très élevé payé par les chauffeurs de taxi traditionnel versus la pleine liberté dictée par Uber. Au Québec, comme d’ailleurs dans plusieurs autres endroits au Canada, le gouvernement réglemente strictement la quantité de permis de taxi disponible. « Par exemple, l’île de Montréal peut avoir seulement 4522 permis. Notre-Dame-de-Pierreville, une petite municipalité de 2000 résidants située à environ 130 kilomètres de Montréal, n’en a que deux »[1]. Vous voulez acquérir un permis de taxi? Vous devez investir une petite fortune… sans même compter l’achat de la voiture. Pour obtenir ce permis, un nouveau venu doit procéder selon le principe de l’offre et de la demande. Comme à son habitude, le gouvernement a instauré un précepte complexe, abyssal, qui n’est maintenant plus au goût du jour. Mon but n’est pas d’expliquer expressément son fonctionnement, mais d’affirmer tout simplement que seule une libéralisation sauvera cette industrie en pleine métamorphose. Cet extrait d’une étude publiée le 21 novembre 2014 par lInstitut économique de Montréal est révélateur :

 « Il faut abolir ce permis de taxi qui freine le développement technologique de lindustrie. Selon les auteurs du rapport, ces permis représentent le plus grand obstacle à l’implantation de nouvelles technologies de covoiturage, tels qu’UberX, qui auraient de nombreux effets bénéfiques pour les chauffeurs et les clients. Les années 1970 sont terminées, mais la réglementation ne prend pas compte de possibles changements que les nouvelles technologies pouvaient amener, termine Vincent Geloso, coauteur du rapport. Le seul obstacle concret à l’adoption de ces nouvelles technologies est le système largement répandu des permis de taxi (permis d’exploitation). Il est impossible d’entrer dans l’industrie du taxi sans acquérir un tel permis ou en louer un d’une personne qui en est détentrice. Actuellement, à Montréal, le prix d’un permis est d’environ 200,000$. La concurrence accrue que suscitent les applications de covoiturage commercial fait diminuer la valeur de ces permis. Les chauffeurs de taxi qui comptent sur leur permis en tant qu’actif garantissant leurs vieux jours considéreront à juste titre toute détérioration dans leur valeur comme une menace à leurs perspectives de retraite.
Cette dynamique explique la résistance de l’industrie du taxi. Néanmoins, les avantages potentiels du covoiturage commercial sont si grands qu’il serait économiquement plus efficace pour tout le monde de résister à la tentation de bannir ou de trop réglementer ces nouveaux services et d’indemniser plutôt les chauffeurs de taxi d’une partie de leurs pertes. Par la suite, l’entrée sur le marché du transport urbain serait libre. Ceci améliorerait aussi la vie des plus jeunes chauffeurs de taxi qui, exemptés des lourds intérêts sur les prêts qu’ils auraient eu à contracter pour acquérir un permis, pourraient faire concurrence en réduisant leurs tarifs sans diminuer leur niveau de revenu. Les applications de covoiturage commercial sont susceptibles de révolutionner le secteur du transport personnel en milieu urbain et d’améliorer grandement la qualité de vie des citoyens. Une politique économique appropriée ne devrait pas empêcher leur adoption par les consommateurs tout en indemnisant ceux et celles qui subiront les conséquences d’une réglementation gouvernementale devenue désuète »[2].

Libéraliser le taxi ne sera pas une sinécure. Un marché libre, sans prix plancher, exclura toute inégalité législative. Pour ce faire, il sera d’abord nécessaire de racheter les présents permis d’exploitation des chauffeurs de taxi. Comme leur prix fluctue selon le marché, il est devient difficile d’y établir leurs valeurs combinées. Certaines sources parlent d’une somme allant de 750 millions à 1 milliard de dollar. Dans cette optique de rachat, le gouvernement devra trancher et rembourser chaque bénéficiaire selon une valeur établie : pourquoi ne pas utiliser une moyenne régionale? Par exemple, si la valeur moyenne des permis de taxi est établie à 175,000$ pour la capitale nationale, c’est à cette hauteur que le gouvernement rachètera individuellement les permis de cette région. On parlera évidemment d’une dépense importante pour le gouvernement. Importante mais vitale pour redonner vie à l’industrie. Puisque tout gouvernement doit être financièrement responsable, cette dépense devra se conclure par des coupures budgétaires proportionnelles : le Québec ne doit pas s’endetter. Le présent fouillis est le résultat d’un contrôle étatique. On peut le comparer aux garderies, aux différents quotas etc. Le gouvernement interventionniste québécois gâche les libertés les plus fondamentales et augmente le fardeau des contribuables.

Un libre marché ne doit pas signifier automatiquement un laisser-aller absolu. Inévitablement, certaines règles élémentaires devront venir complémenter l’industrie. Pour assurer à la population un minimum de sécurité et un service de qualité, que devons-nous faire? Des tonnes de règlements ne feront qu’alourdir et ruiner l’industrie. Des solutions pragmatiques, simples et éloignées des aléas bureaucratiques doivent resurgir. L’enfer administratif doit cesser.

Évidemment, un chauffeur de taxis pourra décider de son avenir : veut-il être à son compte ou employé d’une entreprise? La décision lui reviendra. Pour éviter l’évasion fiscale, chaque course devra être enregistrée par un reçu de service rendu. Le client qui fera son paiement devra aussitôt le recevoir du chauffeur. De son côté, à des fins de preuves fiscales, celui-ci sera tenu de le sauvegarder. En se libéralisant, le monde du taxi ne sera pas soustrait aux paiements d’impôts et de taxes. Tout revenu devient imposable, il va de soi. Pour être légal, tout chauffeur indépendant ou entreprise de taxi devra respecter certaines règles aisément applicables :

– Dans le but d’une surveillance et d’un contrôle fiscal traditionnel, l’employeur (une compagnie recrutant des conducteurs salariés) et le travailleur autonome seront contraints de s’inscrire au Registraire des entreprises du Québec. Les frais applicables varieront selon le nombre d’employés, le tout étant à renouveler à chaque année. Pour le travailleur autonome, sa tarification sera standard, d’après une grille préétablie.

– Une assurance responsabilité civile commerciale – couvrant les négligences non reliées à la conduite du véhicule, pensons à l’aide pour sortir les bagages – et une assurance automobile comportant un avenant « taxi ou transport de personnes à des fins lucratives » s’inscrirons parmi les obligations de toute entreprise ou travailleur autonome. Celles-ci pourront être souscrites chez n’importe lequel assureur qualifié. L’employé d’une entreprise de taxi sera de facto protégé par l’assurance responsabilité civile de son patron, mais s’il conduit son propre véhicule, cela nécessitera l’ajout de l’avenant prescrit en assurance automobile. Cependant, si le salarié utilise l’un des véhicules de la flotte automobile de son employeur, l’obligation ne tient plus. La souscription et la prime des différentes options seront à la guise des différents assureurs.

– La dernière obligation consistera à l’ajout sur le permis de conduire de tout chauffeurs de taxi de la mention « conducteur de taxi ou transport de personnes à titre onéreux », et ce, indépendamment de son statut de travail… salarié, autonome etc. Uber et les autres entreprises d’applications mobiles devront s’y soumettre. Un conducteur fautif pris sur le fait verra son permis révoqué et son véhicule saisi. Une amende salée accompagnera le tout. Pour tout chauffeur de taxi, la SAAQ oblige déjà cette forme de permis (4c), moyennant certaines exigences minimales, telles la réussite d’un test visuel et la présence d’un rapport médical conforme[3].

La possibilité du travail au noir a toujours existée. Elle continuera. Pour la freiner, un environnement fiscal non hostile doit prévaloir au Québec : des impôts trop élevés freinent l’entreprenariat et excite l’évasion fiscale. L’industrie du taxi n’y échappera pas. La libéralisation de ce domaine entraînera des critiques. On la trouvera trop accessible, trop risquée. La libéralisation amènera de la compétition. Les entreprises négligentes ou non ordonnées seront abandonnées. Il serait illusoire d’assister à la complète extinction de taxi illégaux, l’être humain aimant parfois défier la loi. Si des sanctions exemplaires frappaient les fautifs, la crainte de se faire prendre augmenterait.

Mentir à son assureur sur l’utilisation de son véhicule peut aussi devenir pour certains très attirant : une fausse déclaration suivant une perte implique d’importantes répercussions (annulation de la police ab initio[4], la difficulté à trouver un nouvel assureur etc.). Au Québec, pour conduire un véhicule – peut importe son usage –  il est obligatoire de posséder une assurance automobile disposant de la garantie « Chapitre A »[5]. Cacher à son assureur ses activités de taxi et voir son contrat annulé risque fortement de compromettre les chances d’un conducteur de trouver un nouvel assureur. Si une compagnie accepte de le souscrire, une prime salée et des conditions restrictives prévaleront. Perdre son permis de conduire pour une longue durée, voir son véhicule saisi, payer des frais de remorquage, être limité dans son magasinage d’assurance ou supporter de lourdes pénalités fiscales symbolisent des exemples classiques de cauchemars que pourraient subir ceux contrevenants aux obligations prescrites par une future libéralisation de l’industrie du taxi.

Libéralisons l’industrie du taxi. Laissons le marché fonctionner. Ne nous fions plus au gouvernement pour tout contrôler.

 

[1] D’après un texte du 2015/07/19, provenant du site : de http://www.lapresse.ca.
[2] Voir l’étude ici : http://www.iedm.org/files/lepoint0714_fr.pdf.
[3] Voir sur le site : http://www.saaq.gouv.qc.ca/permis/classes/classe_4C.php.
[4] Ab initio est une locution latine. Dans un cadre légal ou contractuel, ab initio fait référence à quelque chose étant partie du problème depuis le début ou depuis l’instant de l’acte. Lorsqu’un contrat est résilié ab initio, cela signifie qu’il est considéré comme nul depuis sa date de départ. Source : https://lussierdaleparizeau.ca/lexique/
[5] En effet la loi impose à tout propriétaire d’un véhicule circulant au Québec de détenir un contrat d’assurance responsabilité automobile. Cette assurance garantit le propriétaire du véhicule, ainsi que toute autre personne le conduisant, contre les conséquences monétaires pouvant leur incomber en raison des dommages causés à quelqu’un d’autre par le véhicule assuré. Le montant obligatoire minimum de l’assurance de responsabilité est de $50,000. Source : http://www.avocat.qc.ca/public/iiminigassur.htm

Un autre remaniement

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Le nouveau cabinet Couillard, 28 janvier 2016

On a été témoin d’un autre remaniement ministériel jeudi dernier. En effet, à mi-mandat, le premier ministre du Québec Philippe Couillard a brassé ses cartes, dans un exercice purement esthétique. Avant tout politique, ces changements démontrent encore une fois l’inutilité apparente du rôle de ministre. Interchangeable aisément, il est soumis au pouvoir parfois trop important de la fonction publique. Cette lourde bureaucratie, dirigée par les hauts fonctionnaires, sous-ministres et autres apparatchiks, contrôlent presque tout. Outre les forts en gueules et ceux profitant d’une rare stabilité à leur poste, les ministres ne sont règle générale que des coupeurs de rubans, des lecteurs de dépêches, des spécialistes en relation publiques. Paradoxalement, ces mêmes ministres, en raison de la notion électorale qui en font des « élus du peuple », donc redevables, devront assumer l’entière responsabilité d’une situation problématique. Jamais les hauts fonctionnaires ne seront blâmés!

Le jeu de la chaise musicale, spécialement celui en éducation, empêche tout ministre de prendre un certain leadership. Outre les Gaétan Barrette (santé) et quelques autres cas rares, les 25 dernières années nous auront démontré des ministres faibles, sans grande influence, se déguisant en de véritables « cassettes » partisanes. Il est toujours amusant de constater des élus sans aucune connaissance d’un domaine, y être nommé ministre. Un dentiste nommé à l’agriculture? Aucun problème, au nom de la parité homme-femme ou de toutes autres jongleries politiques, tout devient possible. Le temps d’arriver en place, d’apprendre les dossiers et de comprendre la réalité quotidienne de son ministère, la porte tournante revient au galop. Out! Au suivant!

Dommage, car à l’ère des clips médiatiques ou des réseaux sociaux, la patience n’est plus de mise : l’image règne en maître. Un ministre commet une erreur? On le balaie. Qui risquera de prendre position, de dire la vérité à la population sur un enjeu important, se sachant scruté et dépendant de l’humeur politique du premier ministre? En 2016, un ministre n’est qu’un porte-parole, tout au plus. Il lit des communiqués, préparés par des fonctionnaires, inaugure une route ou un immeuble, dont il n’avait jamais entendu parlé auparavant. Le day to day du ministère lui échappe, il ne fait que rapporter la bonne nouvelle… souvent au détriment du portefeuille du contribuable.

Le pouvoir au Québec (et au Canada) demeure entre les mains de quelques privilégiés, pour la plupart non élus. Le premier ministre reste le grand manitou de la province, il est celui par qui toute nomination passe. Les bureaucrates en mènent large, certes, mais ne minimisons pas l’énorme influence de la garde rapprochée du premier ministre. Ils ont la confiance du chef de l’État et restent plus puissants que n’importe quel ministre. Ces conseillers politiques, peu connus du public, sont parmi les rares personnes pouvant intervenir auprès du premier ministre.

D’autres non élus représentent aussi une force non négligeable : les juges. En ces temps modernes, les politiciens, menés par le politically correct, n’osent plus prendre de décisions, laissant ainsi le champs libre aux divers tribunaux, qui agissent à leurs places. Un pays gouverné par des juges, tous dictés par le dogme du multiculturalisme et du laisser-faire, nous en sommes rendu là!

Si vous aimez les cocktails, les soirées mondaines, les promenades en limousine, le prestige (à défaut d’avoir vraiment un réel pouvoir), le poste de ministre est pour vous. Plusieurs nouveaux ministres crient leur joie et débordent d’enthousiasme, pensant être LA personne qui changera le monde. Une fois la lune de miel terminée, constatant son impuissance, la naïveté du départ deviendra un ennui adouci par un salaire intéressant.

On se reparle lors du prochain remaniement.