Archives pour la catégorie Lecture

Le Parti libéral du Québec, d’un symbole à un adversaire du nationalisme québécois

24899501991_913bfa4a89_b

Honoré Mercier (1840-1895) fût premier ministre du Québec de 1887 à 1891. Il s’agit de l’un des plus illustres politiciens du Québec. Visionnaire et patriote, son nom est pourtant aujourd’hui méconnu, tout comme la plupart de nos personnages importants. Nos jeunes, notre avenir, endoctrinés en apologistes du multiculturalisme inculqué dans nos écoles converties en laboratoires orwelliens, méconnaissent les oeuvres classiques, la littérature, la culture générale et tout spécialement l’histoire nationale québécoise. Notre société aseptisée, nourrit à la rectitude politique excessive, censure l’art, les opinions contraires à la gauche multiculturelle, amenuise toute forme de patriotisme et de valorisation de notre passé catholique. Depuis les débuts de l’âge médiévale, la civilisation occidentale n’a cessée de progresser et de se développer par la science, la médecine, la technologie, l’essor des droits de l’homme, la démocratie, la liberté d’expression etc. Le message totalitaire des trolls de la gauche régressive, soutenu par le biais de l’élite journalistique, parvient aujourd’hui aux politiciens, qui par peur d’être ostracisés, attaqués publiquement et d’incarner de ce fait l’intolérance et le racisme, implantent un climat multiculturel malsain, dévastateur, conflictuel, conférant à l’Occident le signal d’un déclin annoncé. Le mutisme et la faiblesse politique entraîneront forcément le Québec dans ce tumulte. L’identité historique québécoise se volatilise donc progressivement.

Un réveil patriotique devra émerger. Ce nationalisme moderne diffère évidemment de celui des époques antérieures. Une survivance quotidienne modelait les contemporains de la Conquête de 1759; l’aspiration d’un gouvernement responsable et démocratique anima la rébellion de 1837-38; l’appel d’une souveraineté canadienne guida Honoré Mercier; l’évocation d’un Québec totalement libre pris racines avec Lionel Groulx puis émergera avec le mouvement séparatiste des années 60; en 2018, le nationalisme symbolise la fierté d’une identité à défendre – celle érigée par nos courageux ancêtres – face à un multiculturalisme exterminateur. Où se cache à présent l’indispensable leadership de la cause nationale? Assurément, des groupuscules citoyens s’organisent. La réussite du mouvement identitaire passe néanmoins par une force rassembleuse et vigoureuse. L’histoire du Québec a connu un homme de ce calibre : Honoré Mercier.

Mes dernières semaines furent consacrées à la lecture des discours de ce marquant premier ministre. Ouvrage lourd, nécessaire et passionnant, ce recueil résume la prolifique carrière de Mercier, sans toutefois négliger sa terrible chute provoquée par des adversaires adoptant une redoutable partisanerie politique. Le charismatique Mercier dérangeait. La population l’adulait mais ses ennemis politiques et médiatiques l’ont terrassé, le conduisant ainsi à une déconfiture gouvernementale, sa disgrâce, puis sa ruine personnelle. Pour Mercier, le patriotisme, les réussites de sa patrie et l’unité nationale, primaient sur les luttes fratricides et partisanes. Quoique quelle fût totalement méprisée par des rivaux jaloux et crapuleux, cette conception de la vie publique et parlementaire, exprimant un noble désir de collaboration et solidarité politique, expose tout de même la voie à suivre pour nos dirigeants actuels. Utopie? Probablement. Dans le cirque politique, l’ego, la superficialité et l’attrait du pouvoir prédominent toujours largement.

« Nos ennemis sont unis, dans leur haine de la patrie française; et nous, nous sommes divisés dans notre amour de cette chère patrie. Pourquoi ? Nous ne le savons pas ! Nous sommes divisés parce que la génération qui nous a précédés était divisée. Nous sommes divisés parce que nous avons hérité des qualifications de rouges et de bleus; parce que le respect humain nous dit de nous appeler libéraux ou conservateurs […]. Brisons, messieurs, avec ces dangereuses traditions; sacrifions nos haines sur l’autel de la patrie ; et dans ce jour de patriotiques réjouissances, au nom et pour la prospérité de cette province de Québec que nous aimons tant, donnons-nous la main comme des frères, et jurons de cesser nos luttes fratricides et de nous unir[1] ».

Cette attitude rassembleuse personnifierait, devant le dynamisme du multiculturalisme, une alternative indispensable pour les tenants identitaires. Outre sa mentalité réunificatrice, Mercier positionne l’éducation comme point d’encrage au développement du Québec.

honoremercier-281x422

« L’instruction élémentaire, messieurs, c’est la première nécessité d’un pays constitutionnel. […] Aux constitutions, comme aux édifices, il faut un sol ferme et nivelé. L’instruction donne un niveau aux intelligences, un sol aux idées. L’instruction des peuples met en danger les gouvernements absolus; leur ignorance, au contraire met en péril les gouvernements représentatifs, car les débats parlementaires, pour révéler aux masses l’étendue de leurs droits, n’attendent pas qu’elles puissent les exercer avec discernement [2]».

Pour lui, l’école et le livre se déployaient au coeur de l’action politique, formant la base même de la démocratie, du patriotisme et du progrès collectif. Une population instruite détectera les abus gouvernementaux et affichera son épanouissement culturel, artistique, scientifique et économique. Période décisive d’un programme pédagogique, l’apprentissage de l’histoire nationale solidifie la fierté, la fibre patriotique et la vitalité d’un peuple. Afin d’y atteindre le but souhaité, le tout nécessitera un enseignement d’une qualité exceptionnelle, présenté par des passionnés suivant des concepts rigoureux, factuels, nationalistes et dénués de révisionnisme historique, particularité de la gauche multiculturelle pour qui l’homme blanc représente le racisme, l’esclavagisme et la tyrannie; l’hostilité à son égard le mènera, souhaite cette gauche totalitaire, à son anéantissement et à sa complète déchéance. La folie multiculturelle n’épargnera donc pas certains personnages disparus depuis fort longtemps, tandis que les moeurs guidant chaque époque se trouvèrent pourtant opposées à celles du 21è siècle. L’irresponsabilité gauchiste menant à une indéniable idiocratie.

La pédagogie ne se limite certainement pas à son parcours scolaire. La vie citoyenne se ponctue de leçons, conseils, connaissances, bref, d’une maturité intellectuelle. La lecture de mon premier essai L’Occident dans la soupe chaude atteint, humblement, ce fragment de la conscience humaine, celle de l’éveil de la fibre nationaliste d’un individu.        

Mercier symbolise ce nationalisme québécois à ranimer. Sa vision autonomiste, sa confiance d’un Québec aux premiers rangs de la confédération canadienne et son vibrant optimisme sur le patriotisme – une affection particulière pour leur patrie d’origine et ses emblèmes : le patrimoine, la terre, les institutions, la langue et le catholicisme – des Canadiens français émigrés prirent hélas une tournure catastrophique. La venue du 20 siècle rappela ensuite notre fragilité. Jules Lantagnac, personnage fictif de Lionel Groulx, chez qui L’appel de la race resurgit, constituait alors une exception. L’assimilation des Franco-américains, la disparition quasi-totale des francophones de l’ouest et une insensibilité nationaliste, phénomène vivement condamné par Groulx, l’Action française et certains intellectuels, isolèrent un Québec devenu minoritaire et vulnérable. Il faudra attendre le nationalisme duplessiste puis spécialement celui des années 60 pour entrevoir un Québec debout, assuré, confiant, maître de son destin.

Avec un certain recul historique, Mercier, exemple de courage et de volonté, a certes commis des erreurs stratégiques et sous-estimé le degré de patriotisme de ses compatriotes. Néanmoins, il aimait son peuple et sa chère patrie. Fortement ambitieux pour elle, il y percevait un potentiel immense, ému par ses racines historiques, l’énergie, la détermination et les valeurs de ses habitants. Un politicien n’agissant que pour la nation québécoise, ses semblables, l’intérêt public; une véritable leçon pour nous, ses successeurs, atteints de la maladie multiculturelle. Le Québec requiert dès maintenant l’avènement d’un Honoré Mercier contemporain, un guide, un mentor, un chef, pour qui la nation l’emporte sur les querelles partisanes, les gains électoraux et la simple popularité. Les politiciens anti-québécois et traîtres à la Philippe Couillard, funestes à la destinée identitaire d’un peuple, y occasionnent un tort considérable et durable. Le Parti libéral du Québec, né du mouvement patriote et autrefois doté d’un sens aiguillé du nationalisme québécois, dirigé entre autres par Mercier de 1883 à 1892, se manifeste aujourd’hui par un ramassis d’opportunistes et de carriéristes unis simplement pour le pouvoir, un parti pour qui la victoire a précellence sur l’avenir même de la nation. Les minorités culturelles, ensorcelées par le discours alarmiste libéral concernant une hypothétique souveraineté, puis séduites également par le visage pantouflard libéral, constituent de fidèles supporters, un électorat maintenant naturel. L’immigration de masse, atout essentiel à la troupe libérale mais qui écrase les ambitions identitaires québécoises, celles absolument décisives pour notre survie nationale. Une fierté habitait jadis le PLQ. Sous le règne de Philippe Couillard, le parti aura atteint une médiocrité et une dangerosité sans précédent.

 

 

 

[1] Discours à l’inauguration du Monument Cartier-Brébeuf, Québec, le 24 juin 1889, Claude Corbo, Honoré Mercier. Discours, 1873-1893, Montréal, Delbusso éditeur, 2015.
[2] Un programme pour les prochaines élections, Montréal, Club Letellier le 30 octobre 1885, Claude Corbo, Honoré Mercier. Discours, 1873-1893, Montréal, Delbusso éditeur, 2015.

 

Publicités

Réflexions suivant la parution récente de l’Occident dans la soupe chaude

Réflexions suivant la parution récente de l’Occident dans la soupe chaude

Publier un bouquin est une longue aventure. Écriture. Réflexions. Analyses. Recherches. Corrections. Attente. Une fois lancée, un livre n’appartient plus à l’auteur. De nombreux commentaires positifs s’amèneront, ainsi que des critiques constructives. Cependant, certains trolls de la gauche régressive n’hésiteront pas à jouer les trouble-fêtes. Ces ignares développeront des arguments insipides, fallacieux, incomplets ou tout simplement stupides. Sans avoir lu l’ouvrage, ils vont rapidement envahir les réseaux sociaux de propos haineux.

Plusieurs attaques classiques se présentent : xénophobe, raciste, intolérant. Ne pas répondre à ces remontrances serait logique, pourquoi offrir une tribune à ces incapables? Pourquoi gaspiller temps et énergie à répliquer à une gauche totalitaire? Néanmoins, je juge nécessaire d’apporter des précisions, des compléments au livre. 

Alors, mon essai fait-il de moi un raciste ou xénophobe? D’abord, j’ai la plus grande admiration pour d’innombrables personnalités noires ou d’origine musulmane. Je pense ici aux Jean Messiha, Ayaan Hirsi Ali, Fatima Houda Pepin, Waleed Al-husseini, Tarek Fatah, Djemila Benhabib, à des sportifs tels PK Subban, Felipe Alou et Tiger Woods. Je suis de plus un ardent défenseur du peuple juif et des Yézidis, persécutés par l’État islamique. Ces peuples, ignorés de l’espace médiatique, méritaient pourtant une place particulière, victimes, eux, de violence continue. Aux yeux de nos valeureux médias, évoquer cette barbarie signifierait répudier l’islam, faire preuve de xénophobie. La confrérie journalistique, dans son biais total, supporte l’immigration massive des Maghrébins, Africains et Haïtiens. L’élite médiatique se vautre dans l’émotion, la superficialité et l’apologie du multiculturalisme, acquiesçant au silence total réservé au sort des Chrétiens d’Orient. Pour la gauche régressive, les Chrétiens symbolisent l’hégémonie, la domination et la suprématie occidentale. Dans ces régions brutales, les Chrétiens vivent dans la peur, martyrisés quotidiennement. La crise actuelle des migrants comporte toutefois une autre réalité, celle de la venue massive d’une immigration musulmane et noire, attirée principalement par la richesse occidentale et ses programmes sociaux; ils cherchent à améliorer leurs conditions de vie. La détermination de ces migrants est louable et peut même comporter un aspect romantique. Nonobstant l’ouverture légendaire de l’Occident, cette immigration la dénature, la défigure. La capacité d’accueil ayant atteint sa limite, la survie identitaire des principaux pays occidentaux se voit même menacer. La France, l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique et le Canada doivent s’inspirer des actions accomplies par les États-Unis, l’Autriche, la Hongrie, la Pologne et depuis peu, l’Italie, États adoptant une fermeté énergique et tenace quant au resserrement des frontières, à la réduction des taux d’immigration et à l’établissement d’une lutte acharnée à l’immigration illégale. Ces gestes nationalistes constituent une première étape dans une reconquête identitaire et le réapparition d’un noyau commun, composantes essentielles des sociétés occidentales, autrefois si libres, grandioses et fières.

Ne pas appuyer l’immigration de masse et l’islamisation de l’Occident se traduisent aujourd’hui en racisme. Le nationalisme irrite une gauche liberticide qui manifeste parallèlement une incroyable hypocrisie. Son féminisme, supposément légendaire, ne réprouvera pourtant jamais la charia, doctrine misogyne, ni la violence causée aux femmes iraniennes à la recherche de modernité et libertés. Mon essai blâme abondamment les politiciens, les médias, la gauche, l’immobilisme populaire, l’ignorance. Critiquer notre société est certes indispensable, voir crucial, sans quoi, un autoritarisme orwellien s’exhibera. Véhiculer faits et solutions s’avèrent tout aussi pertinent et essentiel; il s’agit d’un point central de mon essai.

Le multiculturalisme affaiblira l’Occident. Les dangers guettant notre jadis confiante civilisation, se pointeront assurément aussi sur notre Québec, nation francophone très fragile. L’anglais a incontestablement disparu de plusieurs secteurs (devenus des ghettos ethniques) montréalais, torontois ou vancouvérois. Alors que la langue anglaise continuera malgré tout de dominer l’Amérique, la langue française se dissipe progressivement, une rue à la fois et ce, dans une totale indifférence. Vivre en français au Québec incarnera bientôt une option parmi tant d’autres. La mémoire de nos ancêtres qui, pour notre survie, ont tant lutté et su déployer patriotiquement sang, sueur et efforts, s’éclipsera dans le bourbier multiculturaliste. L’identité unique du Québec, héritage des colons français et berceau du catholicisme nord-américain, s’efface.

Nous avons d’abord bâtit une colonie, défriché les terres, assimilé la dure réalité météorologique, vaincu puis résisté longuement aux assauts anglais. Débutait la survivance d’un peuple, puis sa lutte pour une vraie démocratie représentative, pour maintenir ensuite sa place dans une fédération anglo-saxonne méprisant le fait français. D’un nationaliste modéré se déclencha subséquemment une attitude fière, désireuse d’avoir sa propre maison, son propre pays. Malgré les défaites référendaires, ne baissons pas les bras. Le temps est venu de crier encore plus fort son patriotisme, afin d’éviter un prévisible anéantissement du Québec francophone et catholique, symboles de notre riche patrimoine. Si le Canada anglais désire profaner son histoire et disparaître par son culte extrême de la doctrine multiculturaliste, laissons le s’autodétruire. Le Québec n’a pas à s’y conformer. Il est encore temps d’un réveil patriotique et indépendantiste. Quoi qu’il en soit, comment francophones et anglophones, peuples fondamentalement différents, peuvent-ils subsister, raisonnablement, ensemble? Pourrions-nous imaginer la France et le Royaume-Uni ne formant qu’un seul pays [des rigolos me diront que c’est le cas par l’Union européenne]? Situation loufoque. Au Canada aussi.

Une portion capitale de mon essai consiste à faire la preuve que le Canada assombrit le Québec, proie à une noyade migratoire. Notre sauvegarde nationale passe par l’indépendance. Afin de rallumer la flamme patriotique, exposer les multiples dégâts générés par le multiculturalisme, doctrine fatale à l’unité historique d’un peuple, parviendrait assurément à persuader le peuple québécois que la souveraineté personnifie une aspiration absolue et indispensable. Des commentateurs reprochent régulièrement aux tenants séparatistes d’adopter une approche hautaine et infantilisante. Par des rhétoriques réductrices et outrageantes, la vision péquiste, convertie en discours moralisateur, en sermon inefficace, précipite sa décadence. Un indéniable devoir pédagogique s’opérera d’ailleurs malgré tout. Exposer, en campagne électorale ou référendaire, ses positions, ses idées, sa vision et y déployer son argumentaire synthétisent les principaux objectifs des partis politiques lors d’un scrutin populaire. La redécouverte par les Québécois d’un vif esprit nationaliste exprimera le mieux ce renouveau identitaire si fondamental. Un peuple debout, confiant, orgueilleux et courageux sera forcément propulsé dans une nouvelle ferveur indépendantiste et patriotique. Alors que la question identitaire constituait l’un des enjeux définissant historiquement le parti, et laquelle en 2018, lui octroierait des gains électoraux significatifs, le PQ s’enlise, ne focalisant que sur son message progressiste, étatique et syndicaliste. Par son entêtement socialiste, Jean-François Lisée y dévoile donc un politicien totalement déconnecté, soumis au dogme de la rectitude politique, détourné de la fatalité imminente du Québec.

Si le PQ, autrefois leader de la cause nationale, la néglige lui-même, le patriotisme ne ralliera aucun meneur ni espérance. Mon essai se préoccupe principalement de la désagrégation du prétendu mythe enjôleur de la doctrine multiculturaliste, exercice essentiel dans la renaissance du patriotisme québécois. Hélas, les nationalistes seront de nouveau abandonnés, isolés, sans voie, lors du rendez-vous électoral d’octobre 2018. En effet, le PQ est un parti d’abord de gauche, puis indépendantiste; la CAQ propose un nationalisme très modéré; libéraux et solidaires idolâtrent quant à eux le multiculturalisme, évangile mondialiste où disparaît frontières et nations, gage de la disparition du Québec érigé par nos aïeux.

La rectitude politique gangrène les sphères politiques et médiatiques. Le nationalisme, proscrit par ces mêmes élites, survit encore, mais à l’index. Un essai comme le mien a été victime de cette censure de la gauche totalitaire. Intimidés, ostracisés, censurés, les nationalistes nagent dans l’immobilisme et le marasme. Une résistance au fléau gauchiste multiculturaliste s’impose. Outre les bouquins, blogues et réseaux sociaux, l’alternative s’offre sous la forme politique, mais la question demeure : où se retrouvent les politiciens québécois, successeurs d’Honoré Mercier, ce digne premier ministre priorisant sa patrie aux luttes intestines et aux joutes partisanes? Les nationalistes s’impatientent. Au niveau provincial, le silence identitaire s’installe. Une belle occasion se développait toutefois pour les Québécois à l’occasion des prochaines élections fédérales de 2019. Le NPD, dirigé par un sikh controversé, la parfaite illustration d’ailleurs du rêve multiculturel canadien, s’affaiblit rapidement; les libéraux de Justin Trudeau récoltent des reproches mérités pour une gouvernance faiblard, chaotique et islamophile; le biais médiatique terrassera interminablement les conservateurs, nonobstant un chef, Andrew Scheer, très progressiste et disciple comme tout canadien anglais, du multiculturalisme. Face à une opposition fragile et vulnérable, le Bloc québécois se traçait un chemin triomphal. L’ancienne formation de Gilles Duceppe subsiste, mais agonise, éloignée d’une résurrection politique. Les déboires actuels de la troupe bloquiste s’estomperaient promptement en portant en elle une vision nationaliste décomplexée, révélant les débilités du fédéralisme multiculturaliste canadien.      

Avec le temps, ma vision du monde s’est raffinée et éclaircie. Les divers événements internationaux, mes rencontres, mes voyages ainsi que l’appropriation d’oeuvres, d’écrivains, de polémistes et de politiciens – spécialement l’Action française, Louis-Joseph Papineau, Lionel Groulx, Honoré Mercier, Arthur Buies, Jacques Brassard, Ronald Reagan, Ezra Levant et Bruce Bawer – ont forgé mon ardente condamnation du multiculturalisme et de ses conséquences funestes : immigration de masse, rectitude politique, islamisation de l’Occident et dégradation identitaire. Comme bien des gens, l’attaque terroriste islamiste du 11 septembre 2001 m’a traumatisée. Par cet assaut, j’ai alors compris, graduellement, l’idéologie multiculturelle encourageait l’islamisation et la propagation d’un islam radical, si opposés à nos idéaux démocratiques. Bien que le 11 septembre 2001 bouleversa et traumatisa la société occidentale, nos politiciens, poltrons, naïfs, à la solde du multiculturalisme, ont, par inertie, accéléré ce radicalisme, à l’origine du terrorisme et de la violence. Pim Fortuyn et Theo van Gogh en furent d’abord les premières cibles, puis les caricaturistes du prophète Mahomet et Charlie Hebdo. En ce début du 21è siècle, notre société est chamboulée.

Ma lutte consiste maintenant à dénoncer le multiculturalisme et à affirmer haut et fort mon patriotisme québécois. Préconisant l’indépendance du Québec et le respect de son patrimoine historique, je souhaite, par cet humble bouquin, l’éveil du peuple québécois, en forte dormance nationaliste. L’écriture de cet essai, par ses recherches, réflexions, analyses, discussions, révisions, m’a converti en souverainiste convaincu et pressé. Lorsque nous tentons de prédire ou d’attester la fin du rêve indépendantiste, je pense à mon propre processus intellectuel. Espoir. Cheminement.  

L’Occident dans la soupe chaude – l’essai

20180613_183708

Mes amis, voici enfin le grand moment. Ma naissance littéraire s’entame dès maintenant, avec la parution de mon essai tant attendu « L’Occident dans la soupe chaude ». En ce début d’été, il s’agit évidemment d’une période exaltante sur le plan personnel.

Du terrorisme islamiste à la crise des migrants, en passant par les nombreuses demandes d’accommodements religieux, les évènements internationaux se bousculent. Notre civilisation occidentale vit une période mouvementée, son déclin se pointant rapidement à l’horizon. L’histoire humaine est certes ponctuée de bouleversements. Le début du 21è siècle est témoin d’une tangente inquiétante pour la survie de notre société. Elle est dénaturée par le multiculturalisme et ses conséquences néfastes : immigration de masse, rectitude politique, islamisation de l’Occident et perte identitaire. Cet essai dénonce vivement cette doctrine, tout en réaffirmant le patriotisme québécois et le respect de notre patrimoine. Que s’est-il passé pour en arriver là? Mon essai tente humblement d’y répondre en ne négligeant pas d’y amener des solutions pragmatiques. Bref, je ne me contente pas de critiquer. Loin d’être un ouvrage lourd, difficile à comprendre, j’utilise une écriture simple et prenante.

Pour vous procurez l’essai, il y a quelques options :

  1. La plus facile est de l’acheter en ligne
    C’est ici  https://bouquinbec.ca/boutique/l-occident-dans-la-soupe-chaude.html
  2. Passer une commande chez votre libraire en lui précisant que le distributeur est Bouquinbec.ca;
  3. Que je vous l’offre en mains propres, si vous restez dans la région de Québec

Merci d’avance pour votre achat et dites moi vos commentaires. Une page Facebook sera prochainement crée. Un événement sera aussi possiblement à venir.

A bientôt.

Sylvain

#essai #polqc

Marcel Trudel (1917-2011)

1041351-gf

Il y a des dizaines d’auteurs méconnus au Québec. Certains méritent une attention particulière. Je pense à Marcel Trudel. Je lisais récemment quelques uns de ses ouvrages : Mythes et réalités dans l’histoire du Québec et Deux siècles d’esclavage au Québec.

Marcel Trudel aimait traiter de sujets délicats ou venir déboulonner certaines réalités. On pense connaître un thème, un personnage, mais pourtant, certains bémols doivent être signalés. Par son travail exemplaire et sa rigueur intellectuelle, Marcel Trudel a, tout au long de son parcours littéraire, mit un frein à certaines faussetés véhiculées au gré du temps.

Plusieurs thèmes ont d’ailleurs été abordés par l’auteur. En feuilletant certains de ces ouvrages, on peut apprendre par exemples que la réputation de l’intendant Jean Talon était surfaite, que le récit héroïque de Madeleine de Verchères était exagéré, qu’il y a eu réellement de l’esclavage au Québec au cours de notre histoire, que le régime militaire suivant la conquête avait été bénéfique et que devenir « sujet » britannique » ne consistait pas à une fatalité.

On doit crier haut et fort l’importance de l’histoire, celle qui traite de nos origines, celle qui trace notre identité. Marcel Trudel en était un amoureux et l’un de ses meilleurs vulgarisateurs. Il fut d’autre part membre de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

En 1960, il publie un essai majeur et controversé – qui a depuis été maintes fois réédité – sur l’esclavage au Canada français. A cette époque, plusieurs religieux et intellectuels n’ont pas accepté sa visions des choses, à savoir que des personnages jusque là sans tache et élevés au rang de héros, aient profité de l’esclavage. Ses travaux sur la question, soit Deux siècles d’esclavage au Canada et son Dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires au Canada, donnent en quelque sorte un autre point de vue sur la société canadienne d’antan. Les diverses révélations de Trudel, autant en ce qui a trait à l’esclavage qu’aux divers personnages québécois, remettaient en question la place occupée par certaines de nos icônes historiques, constituées par une vision élitique et pédagogique, percevant en elles une manière de construire un fort élan de nationalisme et de patriotisme.

Cet historien de renom s’est ainsi démarqué par le caractère novateur de ses livres. Il a ouvert toute une série de nouvelles pistes de recherche en s’intéressant notamment au régime militaire en Nouvelle-France ou aux liens entre le Canada et les États-Unis, lors de la guerre d’indépendance américaine.

À partir d’une certaine époque, Marcel Trudel affichait déjà clairement son engagement en faveur de la laïcité et est même devenu le président du Mouvement laïc de langue française, en 1962. Ses prises de position déplaisent aux autorités universitaires, qui le forcent à quitter l’Université Laval, trois ans plus tard.

Les Québécois, par le biais de certains politiciens, historiens et intellectuels, ont longtemps voulu se créer une histoire bien vivante. Lord Durham n’avait-il pas écrit en 1839 : « ils sont un peuple sans histoire et sans littérature ». Quoi de mieux alors que de privilégier la construction de nouveaux héros, de récits fabuleux. Certains auteurs ont faussé – intentionnellement ou non, accompagné probablement d’une certaine ignorance –  quelques faits. Une image nationale doit se créer naturellement, sans un apport de superflu. Le Québec n’est pas la France, qui possède plus de deux milles ans d’existence et qui a vu défiler tant de rois, reines, cardinaux. On doit reconnaître et accepter que notre histoire québécoise est limitée dans le temps et donc plus modeste. C’est une normalité.

Malgré tout, le Québec n’a pas à rougir de son passé, rempli de hauts et de bas, comme toute nation. Pourquoi avoir voulu l’embellir? Évidemment, ces auteurs avaient leur raison. A une certaine époque, quelques faits manquaient probablement. En 2016, à l’ère d’Internet et des bibliothèques virtuelles, les informations sont accessibles comme jamais. Néanmoins, à l’apogée de la carrière de Trudel, ces ressources n’existaient pas : sa grande curiosité intellectuelle l’ayant toutefois guidée. On doit le remercier pour son apport extraordinaire à la cause québécoise.

Le Québec, a longtemps souffert de cette double ignorance, si bien définie et énoncée par Platon, dans l’Apologie de Socrate : « lui croit savoir quelque chose, alors qu’il ne sait rien, tandis que moi, si je n’ai aucun savoir, je ne crois pas non plus savoir ». Il est préférable d’avoir une histoire remplies de vérités, avec des personnages moins spectaculaires, plus effacés que de faire preuve de double ignorance.

Tout Québécois devrait s’inspirer de Trudel : sortir des sentiers battus, creuser son esprit, ne pas toujours croire ce qui est écrit ou dit, surtout dans nos manuels scolaires. Nos jeunes sont hélas endoctrinés par une pensée unique, celle vantant le socialisme, l’immigration massive et le multiculturalisme tueur d’identité. Si le Québec veut survivre en tant que nation démocratique francophone de souche catholique, le système scolaire doit au plus vite résoudre cette problématique en offrant à nos enfants le cadeau de la curiosité intellectuelle, et par ricochet, celui de la fierté nationale.

Trudel avait le soucis du détail. Enrichis de nombreuses statistiques et de longues énumérations, certains passages de ces livres pouvaient paraître lourds, mais rapidement, ses ouvrages sont devenus des repères, des encyclopédies.

Il aurait été intéressant de lire Trudel sur les accommodements religieux du présent siècle, lui qui prônait le caractère laïque de l’État. Gageons qu’il aurait appuyé le projet de Charte proposé par l’ancien gouvernement Marois. Gageons aussi qu’il aurait dénoncé le Québec et le Canada de 2016, celui de Couillard et Trudeau, pourvoyeurs de notre identité nationale.

 

 

 

 

Il était une fois les Expos

 

Je me suis récemment penché sur deux excellents ouvrages sur l’histoire des Expos de Montréal : « Il était une fois les Expos, Tome 1 et 2 » de Jacques Doucet et Marc Robitaille. Ces tomes représentent un résumé de l’épopée de Nos amours, des débuts enthousiasmes en 1969, au déménagement de l’équipe à Washington, en 2004. A leurs lectures, on constate rapidement que nous avons affaires à davantage qu’un recueil de statistiques et d’énumérations de jeux de baseball. En plus des incontournables chiffres, on plonge littéralement dans la réalité quotidienne de l’équipe, de ses hauts et de ses bas, tout en mettant en parallèle certains évènements hors de contrôle du club, mais qui l’influenceront grandement. Pensons à l’obtention par la ville de Montréal des Jeux Olympiques de 1976, aux différents conflits de travail touchant le baseball majeur, à l’élection du premier gouvernement péquiste, à l’arrivée des Blue Jays de Toronto, à la flambée des salaires, à la chute du dollar canadien etc.

L’histoire de cette équipe n’est pas banale. Elle fut tout sauf tranquille : tant sur le terrain qu’à l’extérieur. La mort des Expos n’a pas une seule cause. Ces deux tomes entrent directement dans les coulisses de la concession, laissant parler les principaux protagonistes :  pensons aux Gerry Snyder, Claude Brochu, Jacques Ménard, Charles Bronfman, Claude Delorme, Buck Rodgers, Felipe Alou etc. Le soucis du détail rendu par les auteurs rend la lecture captivante, nous plongeant dans une montagne russe d’émotions, digne d’une narration romancière ou cinématographique. On ne se contente pas de faits déjà connus, on entre en profondeur dans l’épopée montréalaise. Pour tout amateur de sport et d’histoire, ce sont des références.

Avec le recul, tellement d’éléments ont pu causer la disparition de la concession. Les auteurs en énumèrent une bonne quantité, laissant toutefois le lecteur à ses propres conclusions. Tout est bonnement possible. On peut mettre la faute sur l’attribution des Jeux Olympiques de 1976 à Montréal – le Maire Drapeau voulait que le Stade olympique soit dans l’est de la ville, stade qui n’aura d’ailleurs jamais été conçu pour le baseball – sur la vente de l’équipe par Bronfman en 1991 – à un consortium menant à une lutte prévisible entre les partenaires – à la défaite en série de championnat de 1981 (le circuit de Rick Monday) – une présence en Série mondiale aurait procuré du prestige et un aura de réussite à la concession – au marché québécois trop petit, pauvre et plus enclin au hockey, à la grève de 1994, aux diverses ventes de feu précipitant une morosité et une perte d’illusion claire chez le public… La liste est longue, tout peut être relié ou pris séparément. Une thèse de 1000 pages ne pourra jamais répondre correctement sur la ou les raisons du départ de la formation montréalaise.

J’ai ressenti un grand nombre de pincements au coeur en lisant ces livres : des courses aux championnat perdues, des échanges catastrophiques, des arrêts de travails dévastateurs (on pense à 1994, mais aussi aux incontestables gains remportés par l’Association des joueurs, au cours des deux décennies précédentes) et à plusieurs rendez-vous manqués. Par rendez-vous manqués, parlons plutôt de malchance, car en maintes occasions, pour nos Expos, le timing n’y était tout simplement pas. A la page 348 du tome 1, on y lisait avec justesse : « si le réalignement avait été adopté [meilleurs deuxièmes] pour la saison 1979, les Expos de Montréal auraient atteint les séries d’après-saison pas moins de six fois de 1979 à 1993 (1979,1980,1981, 1987 et 1993). Imaginons seulement ce que la participation du club à des matchs à forts enjeux aurait fait pour stimuler l’engouement des amateurs québécois de sport pour les Expos et le baseball ». Certains passages de l’épilogue résument assez bien la triste réalité de la formation :

 « Les Expos se sont joints aux majeures à l’époque où l’Association des joueurs a commencé à faire des gains significatifs. Peu après, les joueurs d’impact sont devenus hors de prix et l’équipe ne pouvait plus convaincre les stars établies d’évoluer à Montréal. Les Expos ont souvent été meilleurs deuxièmes à une époque où être meilleur deuxième n’ouvrait pas la porte aux séries de fin de saison. Les Expos ont eu la meilleure équipe de leur histoire dans une saison qui a été interrompue pour de bon au mois d’août, la première et dernière fois (pour l’instant, du moins) que cela se produirait dans toute l’histoire du baseball majeur. Au moment où ils ont eu le plus de besoin de l’appui d’un leader politique, les Expos sont tombés sur Lucien Bouchard, qui, comme on le sait, adore les orchestres symphoniques mais méprise souverainement les « jeux du peuple ». Jeux du peuple, qui, comme il l’a si bien expliqué dans une entrevue lors de l’inauguration de la Maison symphonique de Montréal, ne sont qu’une extension des jeux barbares du temps des Romains. Dans les années où la situation financière de l’équipe était la plus précaire, le dollar canadien valait 60 cents en regard du dollars US. Quelques années après leur départ de Montréal, le huard grimpait à parité avec le dollar US. Quand les Expos ont finalement trouvé un acheteur possédant des ressources financières, il ne s’est malheureusement pas révélé être Robert Wetenhall ou George Gillett. Quand ils auraient eu besoin d’un commissaire comme Bart Giamatti, ils ont eu Bud Selig ».

Le baseball est un sport lent, stratégique, sans cadran, tout le contraire du hockey, par exemple, qui est davantage un sport de réflexe. Je me souviens de ces moments à écouter les Expos à la radio, avec un Jacques Doucet en tête. En étudiant, en feuillant un roman, en travaillant sur l’ordinateur, lors d’un parcours en auto ou assis sur la galerie, un match de baseball faisait parti intégrante de mon quotidien. Une saison est longue, elle demande une assiduité et l’imprégnation d’une fibre partisane. Justement, être partisan d’une équipe de baseball, avoir la foi, devenait une routine estivale. Printemps rime avec camps d’entraînement, une page blanche, où tout parait possible, l’espoir de voir ses favoris en séries et remporter le gros trophée. On achète son magazine annuel pour être aux derniers diapasons des changements et pronostiques. La hâte de voir la neige et le froid disparaîtrent, afin de se lancer la balle entre amis, avec son père, d’aller frapper quelques lancers au terrain le plus proche. Je me rappelle de ces après-midis où j’allais rejoindre mon grand-père dans sa « petite chambre » pour aller écouter un match à la télé. Une victoire de Nos amours et le sourire ne partait plus et ce, même si la fiche de l’équipe était perdante. Une victoire est une victoire. Je repense à ses visites au « Big O » et attendre patiemment près de l’enclos des releveurs pour qu’un joueur autographe ma balle. Le jour où Vlad l’a signé… Né en 1980, je n’ai pas vécu l’époque du Parc Jarry, du Grand Orange, de l’émergence des Carter, Dawson, Raines. J’ai plutôt grandit avec Buck Rodgers, Andres Galarraga, la partie parfaite de Dennis Martinez, Spike Owen etc. Il y a eu les courses au championnat, les déceptions, les frustrations et surtout la fin de ma naïveté infantile, en assistant aux disputes entre propriétaires et joueurs, à la hausse effrénée des salaires, de la game qu’était devenue le baseball, un sport de millionnaires, sans attache, jouant pour l’argent et non plus pour l’honneur. Ce n’était pas que l’adage de baseball, le sport professionnel se transformait, dénotant un symptôme du pouvoir démesuré des syndicats de joueurs (il faut toutefois mentionner que pendant des décennies, tout sport confondu, les propriétaires régnaient en maîtres).

Quand vous êtes disparus, mes étés n’ont jamais été les mêmes. Quand le Canadien de Montréal connaissait une mauvaise saison – fréquent après leur coupe Stanley de 1993 – je pouvais me rabattre sur les Expos. Au Québec, depuis 2004, il n’y a que le Canadien. C’était aussi le cas avant la disparition des Expos, mais de façon plus nuancée, au gré des succès du club : une course aux séries et les guichets du Stade olympique retentissaient, les médias et la population entraient dans la danse, le talk of the town. J’ai toujours eu le CH encré en moi, je ne suis pas différent des autres Québécois, je suis même un irréductible partisan. Mais si on me demandait ma préférence entre une 25e Coupe Stanley au Canadien et une participation aux séries d’après-saison des Expos, je penchais toujours vers le baseball. Pourquoi? Premièrement, l’effet de rareté, n’ayant jamais vu les Expos en éliminatoires. De plus, en raison d’un plus petit nombre d’équipes y ayant accès, il demeure plus difficile pour une équipe du baseball majeur d’y participer.

J’ai aimé les Expos jusqu’à la fin, malgré les cafouillages de l’organisation et du baseball majeur lui-même. Cependant, une fois le départ confirmé, j’ai cessé d’écouter ce sport. Certains diront que je n’aimais qu’une équipe, pas vraiment le baseball. C’est faux. Malgré les déboires, les mauvaises fiches, les pitreries de tous et chacun (incluant de Loria et Samson), j’ai toujours applaudi et chéri le club, et suivi religieusement les activités des ligues majeures. J’ai probablement vécu les mêmes sentiments que les partisans des Nordiques de Québec, lors de leur déménagement à Denver : de la frustration et de l’indignation, ce qui a résulté en un abandon de l’écoute active de ce sport. Pourquoi encourager une ligue qui ne voulait plus de Montréal et qui n’était plus capable de contrôler l’inflation monstre des salaires? Une ligue qui n’a jamais écouté les plus petits marchés, qui a toujours reculé devant l’Association des joueurs (contrairement à la LNH) et n’ayant jamais vraiment cru à un plafond salarial? Sans équipe favorite, à quoi bon suivre le déroulement d’une ligue? Sans cette émotion, cette pulsion électrisante, ce sentiment de fierté qui traverse les veines d’un partisan, il plus difficile d’être un amateur intéressé. Un simple spectateur, sans plus, très volatile, au gré d’évènements particuliers. J’ai surfé sur la vague des Jays cette été, car il s’agissait d’un phénomène. Mais depuis, j’ignore totalement les manchettes et les diverses activités relatives au baseball majeur.

Si les Expos devaient revenir dans le giron, est-ce que je serai de nouveau un partisan de baseball? Possiblement. Mais soyons franc, le sport professionnel et spécialement le baseball, est malade. Cette business est devenue un monstre où il est de plus en plus difficile d’avoir un sentiment d’appartenance auprès des joueurs. Les salaires sont toujours à la hausse, les disputes contractuelles également. Les amateurs resteront à la merci  de conflits de travail et des pourparlers orageux entre multimillionnaires (joueurs versus propriétaires). En voulons-nous vraiment? Le sport professionnel est maintenant aseptisé, sans grande saveur. Aurais-je le même entrain que dans les années 90? Je lisais un article récemment à propos de certains partisans des Jets de Winnipeg, qui malgré le retour de leur équipe, avouaient ne pas ressentir les mêmes émotions et le même attachement qu’avant. « Le hockey est rendu ennuyant. Les premières années consistaient à un renouveau, un engouement normal, mais depuis, je n’ai pas la même fierté. On est loin de mon attachement des années 80 », lisais-je comme commentaire. Le même raisonnement peut-il s’appliquer au baseball (et par la bande, aux futurs Nordiques)? Cela reste à voir.

Parler du retour d’une équipe de baseball majeur à Montréal me parait hélas une utopie. Est-ce réalisable? Je le doute très fortement. Pour faire vivre une équipe professionnelle, tout est une question de gros sous. Si nous pensons que le prix d’une concession de la LNH est élevée (500 millions US pour l’expansion[1]), imaginez celui du baseball majeur. Seul un milliardaire peut rêver à un tel projet. Le hockey en termes de prestige nord-américain, de valeur marchande ou de revenus générés, est à des années lumières du baseball. Le baseball est un sport avant tout américain, et le hockey son équivalent canadien. Si avoir une équipe de hockey professionnel est dans la normalité des choses au Canada, le tout devient moins évident pour le baseball. Il faut être naïf pour croire que le Québec peut se payer un tel investissement. Notre province est pauvre, incrustée d’un fardeau fiscal étouffant, d’un pouvoir syndical démesuré. Est-ce qu’il existe un ici un groupe assez fort financièrement pour soutenir un tel projet? Il y a des milliardaires au Québec, mais ont-ils un intérêt pour le baseball? Et ce bassin de milliardaires québécois est ridiculement bas : il en n’avait que 9 au Québec, en date du 28 juillet 2015[2]. Et si tel est le cas, seront-ils heureux d’y engloutir une partie de leur fortune, sachant l’investissement risqué? Québec rêve au retours des Nordiques. D’accord, c’est un projet porteur. Ma grande crainte demeure l’alternative. Si après 10 ans, Quebecor décidait de vendre l’équipe, est-ce qu’un acheteur se pointerait à l’horizon ou si la même situation vécue par les Expos ressortirait, c’est-à-dire, un propriétaire « fondateur » ayant les poches pleines, vendant ensuite par défaut à un consortium, qui, on le sait, est difficilement administrable? Il y aurait donc Quebecor et…?

Au-delà de l’historique de Montréal comme ville de baseball – des Royaux en passant par les Expos – qu’est-ce la métropole québécoise a à offrir aux dirigeants de la MLB (Major league baseball)? Aucun stade digne de ce nom existe, ni de propriétaires. On peut applaudir les efforts et l’enthousiasme du maire Denis Coderre, mais il est trop tard. Ces efforts auraient dû être déployés par les politiciens de l’époque, au moment de l’agonie de la franchise. Un appui massif de Pierre Bourque, de son successeur Gérald Tremblay et des divers paliers de gouvernement auraient été la clé. Par ces élus, un vent favorable aurait soufflé, une impulsion renouvelée vis à vis la recherche de nouveaux capitaux. Si les maires de Montréal avaient fait preuve de dynamisme et de leadership, un résultat similaire aux Giants de San Francisco de 1976 aurait été possible. En effet, George Moscone passa sa première année en tant que maire à empêcher les Giants de San Francisco d’émigrer vers Toronto. Ce qui fût couronné de succès. La preuve que le politique peut agir, si la volonté est présente.

Lorsque le consortium mené par Claude Brochu pris le tête du club, la donne a changé. Fini le temps d’un propriétaire pouvant laisser passer les déficits et n’avoir qu’un seul but : la victoire. Le nouveau groupe allait amoindrir les dépenses, en liquidant ses meilleurs joueurs. Ainsi, l’objectif premier devenait économique, maintenir l’équipe à flot, sans d’énormes déficits. C’est à ce programme que devait travailler les politiciens et les différents personnages associés au club. Un nouvel acheteur n’arrivait pas les mains vides, il avait quelque chose sur quoi bâtir, une fondation en place. En 2016, une nouvelle franchise demandera de repartir à zéro et exigera des sommes colossales : base de clients, organisation, réseau de filiales, et surtout, les frais de déménagement ou d’expansion. Sans oublier le stade… Le train est dorénavant passé et il serait par conséquent très surprenant de revoir du baseball majeur à Montréal. Ceux mentionnant que le sport professionnel n’a aucune incidence sur la situation d’une région doivent sortir de leur négativisme. Excluant les revenus fiscaux générés entre autres par les impôts des joueurs et les taxes sur les billets vendus, une équipe professionnelle amène une visibilité sans précédent, une publicité gratuite dans tout les médias de l’Amérique. Présent dans les divers médias, le nom « Montréal » apparaissait dans les sommaires de matchs, dans les classements et dans les calendriers. Qui connaîtrait Green Bay sans ses Packers? Que pensez également de la possible revitalisation d’un quartier suite à la construction d’un nouveau stade? Baltimore, Cleveland, Washington et plusieurs autres villes ont réussi ce pari. La perte d’une franchise pour une ville entraîne inévitablement une mauvaise réputation, celle du déclin, d’un marché faible. Montréal l’a vécu et la vit encore. L’Expo 67 est loin derrière, Montréal n’est plus la ville in du passé.

Pour espérer, Montréal  – et le Québec – devra démontrer une assurance, une vigueur économique et un environnement d’affaire sain et libre de contraintes extrêmes, souvent gracieuseté d’un gouvernement obèse. Qui sera, dans la réalité écrasante du Québec, assez téméraire pour construire un stade de baseball, sachant ce prix exorbitant? Et malgré la construction d’un stade, le baseball majeur reviendrait-il? On ne peut que spéculer. Est-ce nous devrions utiliser des fonds publics pour payer une telle facture? N’a-t-on pas construit le Centre Vidéotron avec l’argent des contribuables québécois? Il serait saugrenu de mettre en parallèle les deux. Un stade de baseball ne se compare pas à un amphithéâtre multifonctionnel.

Mais une réflexion s’impose. Étant de couleur conservatrice (ou de droite économique), le principe veut que le gouvernement  intervienne le moins possible dans nos vies. D’un autre côté, l’un des rôles du gouvernement est de fournir aux citoyens des bâtiments publics qui répondront à leurs besoins. Les exemples sont nombreux : bibliothèques, centres communautaires, routes, ponts etc. Le nouveau Centre Vidéotron devait s’inscrire dans cette catégorie. Cet immeuble n’est pas catalogué à des fins de hockey seulement : on y présente aussi des spectacles, des évènements pour toute la famille et le tournoi pee-wee. On pourrait même y trouver un jour des congrès, des expositions, des rassemblements politiques ou populaires. La grande région de Québec avait besoin d’un tel édifice. En aucun temps les gouvernements devraient subventionner une entreprise en difficulté (pensons à la MIL Davie ou à Bombardier), aider une industrie en déroute (exemples : l’automobile et le bois), ou s’ingérer dans les lois du libre marché. Pourquoi aider une industrie plus qu’une autre? Pourquoi aider Bombardier et non pas le commerce aux détails au coin de la rue? Aider tous et chacun serait de la folie, et en privilégier certains démontre du favoritisme et un jeu politique dangereux. Si l’on veut vraiment aider les entreprises éprouvant des problèmes, le rôle efficace d’un gouvernement débute par la création d’un environnement fiscal adéquat, compétitif, sans lourdeur administrative. Un « paradis fiscal » en d’autres termes. Une infrastructure comme le Centre Vidéotron ne devenait pas une subvention, mais un actif, un élément important du patrimoine d’une ville, un investissement nécessaire, non risqué et durable. C’était aussi, pour la ville de Québec et son maire, une question de choix et de priorité. Malgré mon amour passé pour le baseball et mon réel désir de revivre cette euphorie estivale, un stade expressément conçu pour ce sport n’est pas, à mon avis, une infrastructure apte à s’inscrire dans la même catégorie qu’un centre multidisciplinaire : il ne servirait qu’exclusivement à une équipe professionnelle, à quelques exceptions près (voir ici un spectacle de musique de grande envergure). N’oublions pas que contrairement à un aréna, un stade ne sera en opération que l’été, car l’hiver québécois n’est jamais loin.

On fait toutefois fausse route si pour s’opposer à un déblocage de fonds publics, le principal argument consiste en la fameuse casette du « on doit investir cet argent en santé et dans les écoles ». Dans son refus de s’impliquer dans la construction d’un nouveau stade, ce discours avait été maintes fois prononcé par le gouvernement Bouchard. Le problème en santé et en éducation n’est pas les sommes y étant consacrées, mais bien comment elles sont administrées!

Attrayante, Montréal devra ainsi le redevenir. Un stade demandera un investissement massif de la part du privé, ce qui implique la présence d’un maire et de dirigeants politiques sympathiques à cette cause, ouverts d’esprit et surtout « facilitateurs » , démarcheurs et porte-paroles. Les dédales administratifs devront être éliminés afin d’accélérer le processus. L’air ambiant d’une ville, son aura, et sa vibe attirent les investisseurs. Si Montréal a déjà réussit à obtenir une concession du baseball majeur, on le devait aux répercussions de l’Expo 67. Montréal était une ville en plein essor, mondialement reconnue. La MLB était par le fait même très attirée par ce nouveau marché. Montréal peut-elle rebondir?

 

[1] Tel que mentionné par Gary Bettman : http://www.lapresse.ca/sports/hockey/201504/24/01-4864252-une-equipe-dexpansion-couterait-500-millions-selon-bettman.php

[2] Voir ce texte : http://affaires.lapresse.ca/economie/quebec/201507/28/01-4888575-neuf-milliardaires-au-palmares-de-quebec-inc-en-bourse.php

Arthur Buies

IMG_20151108_203421IMG_20151108_203457

Arthur Buies

Les Québécois ont tendance à ne pas mettre en pratique leur devise « je me souviens ». Plusieurs évènements et personnages de notre histoire sont méconnus, effacés ou tout simplement oubliés. Notre devoir collectif est le maintient de notre identité, dans un monde de plus en plus multiculturel.

Adepte du principe multiculturel, tout comme l’Occident dans son ensemble, le Québec d’aujourd’hui n’a plus d’âme. A l’heure des remises en question du mouvement souverainiste, se souvenir, par la découverte de notre héritage historique, demeure un élément majeur de notre sauvegarde identitaire.

Récemment, j’ai redécouvert les écrits d’Arthur Buies (1840-1901). Buies a été un polémiste de la fin du 19e siècle. Son ouvrage La Lanterne fût très controversé et mis à l’index. Ses critiques acharnées d’un clergé omni puissant, sa défense de la liberté d’expression et de la démocratie furent les points d’encrage de ses écrits. Je me suis procuré un exemplaire de l’édition de 1964 de La Lanterne, publié par Les Éditions de l’Homme, de Marcel-A Gagnon. Une lecture de ses « propos révolutionnaires et de ses chroniques scandaleuses » est une véritable leçon d’histoire, permettant un voyage dans le temps, à une époque où le Québec semblait figé, emprisonné par un clergé étouffant. Ses écrits permettent d’apprécier, en plus du talent de l’auteur, son courage, lui qui fût ridiculisé et censuré.

En plus de la réappropriation de ce personnage dans l’établissement de notre histoire nationale, ses messages peuvent, dans un contexte moderne, s’appliquer à nous. Son désir de vouloir sortir le Québec (en Canada pour lui) du marasme, en critiquant les élites et les sources de cette stagnation doivent servir aujourd’hui d’exemples, où la liberté d’expression est de plus en plus menacée. Les syndicats, les groupes de pressions, les minorités culturelles, l’islam radical et même nos gouvernements ne doivent pas brimer le droit de nous exprimer librement. En 1875, l’Église avait tout les pouvoirs. En 2015, ces pouvoirs appartiennent à une élite – surtout médiatique – gauchiste et multiculturelle. Oser la critiquer et les conséquences seront immédiates : diabolisation, poursuite bâillon, insultes etc.

En 1875, l’Église contrôlait le discours ambiant, limitant ainsi le droit de parole de la population. En 2015, le politically correct devient l’équivalent. Gardons en mémoire ce polémiste de génie, autant par les réflexions suscitées que sa teneur historique et identitaire.

IMG_20151108_203442

Alexis

sans-titrevers39_chasseriau_001f

On se demande parfois quel personnage historique aimerions-nous rencontrer ou être. Jules César? Samuel de Champlain? Charlemagne? George Washington? Après la lecture du roman de Christine Kerdellant « Alexis ou la vie aventureuse du comte de Tocqueville » et des nombreux ouvrages du comte lui-même, Alexis de Tocqueville serait ma réponse.

D’abord, il a une personnalité attachante, qui me ressemble sur certains points. Il est curieux intellectuellement, timide, surtout lorsqu’il doit discourir devant de grandes foules, remplie de doutes, mélancolique et éternel angoissé.

J’admire sa carrière politique et d’écrivain. Auteur visionnaire et de talent, son amour de l’écriture et son immense héritage ne sont que quelques éléments à retenir. Il ne se contentait pas de faits et d’opinions, il allait à la source, le plus loin possible, afin de découvrir la vérité. Pensons à son inspirant voyage en Amérique.

Selon Christine Kerdellant, pour Alexis : « l’écriture le fait échapper aux douleurs de l’âme, elle lui permet d’oublier ses faiblesses, de combler certains manques, de se réconcilier avec lui-même et avec les autres. Elle est son salut ». Je me retrouve beaucoup dans cette description.

Il vécu aussi à une époque très mouvementée de la France (19èime siècle), ce qui forgea sa légende. Homme de convictions, et non d’ambitions, ses idées devaient triompher. La France était plus importante que tout.

J’envi cet homme de l’Académie française. Un homme adulé des femmes, qui a su trouvé un amour fusionnel avec Mary Mottley. C’est elle qui inspira, aidera et encouragera Alexis dans ses écrits et sa carrière politique. Un amour comme celui-là est rare. Il est inspirant et permet d’y croire.

J’aurais aimé être Alexis, un homme marquant et charismatique de la France moderne. Ses longues conversations intellectuelles dans divers salons parisiens, londoniens et américains, ainsi que ses rencontres inoubliables nous poussent à le jalouser un peu. Une vie trop courte toutefois, Alexis étant décédé à 53 ans seulement.