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Musée national des beaux-arts du Québec

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Bienvenue au Musée des beaux-arts du Québec (MNBAQ). Depuis le 24 juin dernier, le musée a pris un nouvel envol, avec l’ouverture du pavillon Pierre Lassonde. J’ai toujours apprécié les musées, spécialement ceux illustrant l’histoire, par ses artéfacts, pièces antiques et représentations artistiques. Je dirais que j’apprécie en fait la plupart des formes d’arts. Je dis « la plupart » car souvent, l’art flyé, avant-gardiste, trop contemporain, me laisse songeur. Le MNBAQ laisse beaucoup de place à cette forme d’art.

Quelques observations sur ma dernière visite. Premièrement, le MNBAQ, avec son nouveau pavillon, est de classe mondiale. Nous n’avons pas à rougir. L’intégration des divers pavillons sous un même espace facilite l’accès et rend la visite agréable. Prévoir un minimum de 3 heures pour voir la globalité des pavillons!

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Le MNBAQ, de classe mondiale

Le nouveau pavillon est d’une remarquable beauté. Moderne, spectaculaire, sa disposition permet également au visiteur de découvrir sous un angle différent certains secteurs de notre ville. C’est dans ce pavillon que nous rencontrons l’art contemporain. Certaines oeuvres sont loufoques, déjantés, incompréhensibles. Il est ici le fameux flyé que je n’apprécie peut-être pas suffisamment. Malgré tout, l’originalité, le soucis du détail ou la qualité esthétique de certaines de ces oeuvres permettent de passer un bon moment et de mieux saisir l’importance de cette forme d’art : s’éclater, sortir de l’ordinaire, réfléchir, divertir. Elle mérite un petit coin bien à elle.

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De l’art contemporain, incluant des œuvres assez flyés

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Une belle vue

Les deux autres pavillons du MNBAQ sont toujours aussi impressionnants. « Ce bâtiment a abrité, pendant près d’un siècle, la prison de Québec. Il est l’œuvre de l’architecte québécois Charles Baillairgé. Depuis 1991, il fait partie intégrante du Musée national des beaux-arts du Québec. Des cachots y ont été conservés pour témoigner de la vie carcérale au siècle dernier »[1]. On y retrouve des collections diverses (art moderne), de Jean-Paul Lemieux à Riopelle en passant par Pellan. Le Québec artistique!

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Nos artistes québécois les plus connus

En ce qui concerne le pavillon Gérard-Morisset, on y retrouve l’art historique, davantage classique et en mon sens, le plus intéressant et marquant.« Plafonds sculptés, colonnes surmontées de chapiteaux et matériaux nobles : l’architecture néoclassique de ce pavillon est impressionnante. Conçu par l’architecte Wilfrid Lacroix, l’édifice a été inauguré en 1933. Les bas-reliefs de sa façade ont été réalisés par le sculpteur Émile Brunet. Jusqu’en 1991, le Musée occupait uniquement ce bâtiment[2] ». Certains tableaux illustrent nos paysages québécois, d’autres nos personnages marquants, sans oublier plusieurs évènements historiques. L’art chrétien est aussi très présent. Avec ses magnifiques tableaux et sculptures, il nous ramène à notre passé catholique et à ce devoir de mémoire collective.

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Art historique

Le MNBAQ donne une place de choix à l’art québécois. En cette période de régression identitaire, il est toujours bon de retrouver les siens. Reconnaître son passé, pour maintenir son futur!

 

[1] http://www.mnbaq.org/renseignements/sur-place/plan-du-musee.
[2] http://www.mnbaq.org/renseignements/sur-place/plan-du-musee.

Marcel Trudel (1917-2011)

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Il y a des dizaines d’auteurs méconnus au Québec. Certains méritent une attention particulière. Je pense à Marcel Trudel. Je lisais récemment quelques uns de ses ouvrages : Mythes et réalités dans l’histoire du Québec et Deux siècles d’esclavage au Québec.

Marcel Trudel aimait traiter de sujets délicats ou venir déboulonner certaines réalités. On pense connaître un thème, un personnage, mais pourtant, certains bémols doivent être signalés. Par son travail exemplaire et sa rigueur intellectuelle, Marcel Trudel a, tout au long de son parcours littéraire, mit un frein à certaines faussetés véhiculées au gré du temps.

Plusieurs thèmes ont d’ailleurs été abordés par l’auteur. En feuilletant certains de ces ouvrages, on peut apprendre par exemples que la réputation de l’intendant Jean Talon était surfaite, que le récit héroïque de Madeleine de Verchères était exagéré, qu’il y a eu réellement de l’esclavage au Québec au cours de notre histoire, que le régime militaire suivant la conquête avait été bénéfique et que devenir « sujet » britannique » ne consistait pas à une fatalité.

On doit crier haut et fort l’importance de l’histoire, celle qui traite de nos origines, celle qui trace notre identité. Marcel Trudel en était un amoureux et l’un de ses meilleurs vulgarisateurs. Il fut d’autre part membre de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

En 1960, il publie un essai majeur et controversé – qui a depuis été maintes fois réédité – sur l’esclavage au Canada français. A cette époque, plusieurs religieux et intellectuels n’ont pas accepté sa visions des choses, à savoir que des personnages jusque là sans tache et élevés au rang de héros, aient profité de l’esclavage. Ses travaux sur la question, soit Deux siècles d’esclavage au Canada et son Dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires au Canada, donnent en quelque sorte un autre point de vue sur la société canadienne d’antan. Les diverses révélations de Trudel, autant en ce qui a trait à l’esclavage qu’aux divers personnages québécois, remettaient en question la place occupée par certaines de nos icônes historiques, constituées par une vision élitique et pédagogique, percevant en elles une manière de construire un fort élan de nationalisme et de patriotisme.

Cet historien de renom s’est ainsi démarqué par le caractère novateur de ses livres. Il a ouvert toute une série de nouvelles pistes de recherche en s’intéressant notamment au régime militaire en Nouvelle-France ou aux liens entre le Canada et les États-Unis, lors de la guerre d’indépendance américaine.

À partir d’une certaine époque, Marcel Trudel affichait déjà clairement son engagement en faveur de la laïcité et est même devenu le président du Mouvement laïc de langue française, en 1962. Ses prises de position déplaisent aux autorités universitaires, qui le forcent à quitter l’Université Laval, trois ans plus tard.

Les Québécois, par le biais de certains politiciens, historiens et intellectuels, ont longtemps voulu se créer une histoire bien vivante. Lord Durham n’avait-il pas écrit en 1839 : « ils sont un peuple sans histoire et sans littérature ». Quoi de mieux alors que de privilégier la construction de nouveaux héros, de récits fabuleux. Certains auteurs ont faussé – intentionnellement ou non, accompagné probablement d’une certaine ignorance –  quelques faits. Une image nationale doit se créer naturellement, sans un apport de superflu. Le Québec n’est pas la France, qui possède plus de deux milles ans d’existence et qui a vu défiler tant de rois, reines, cardinaux. On doit reconnaître et accepter que notre histoire québécoise est limitée dans le temps et donc plus modeste. C’est une normalité.

Malgré tout, le Québec n’a pas à rougir de son passé, rempli de hauts et de bas, comme toute nation. Pourquoi avoir voulu l’embellir? Évidemment, ces auteurs avaient leur raison. A une certaine époque, quelques faits manquaient probablement. En 2016, à l’ère d’Internet et des bibliothèques virtuelles, les informations sont accessibles comme jamais. Néanmoins, à l’apogée de la carrière de Trudel, ces ressources n’existaient pas : sa grande curiosité intellectuelle l’ayant toutefois guidée. On doit le remercier pour son apport extraordinaire à la cause québécoise.

Le Québec, a longtemps souffert de cette double ignorance, si bien définie et énoncée par Platon, dans l’Apologie de Socrate : « lui croit savoir quelque chose, alors qu’il ne sait rien, tandis que moi, si je n’ai aucun savoir, je ne crois pas non plus savoir ». Il est préférable d’avoir une histoire remplies de vérités, avec des personnages moins spectaculaires, plus effacés que de faire preuve de double ignorance.

Tout Québécois devrait s’inspirer de Trudel : sortir des sentiers battus, creuser son esprit, ne pas toujours croire ce qui est écrit ou dit, surtout dans nos manuels scolaires. Nos jeunes sont hélas endoctrinés par une pensée unique, celle vantant le socialisme, l’immigration massive et le multiculturalisme tueur d’identité. Si le Québec veut survivre en tant que nation démocratique francophone de souche catholique, le système scolaire doit au plus vite résoudre cette problématique en offrant à nos enfants le cadeau de la curiosité intellectuelle, et par ricochet, celui de la fierté nationale.

Trudel avait le soucis du détail. Enrichis de nombreuses statistiques et de longues énumérations, certains passages de ces livres pouvaient paraître lourds, mais rapidement, ses ouvrages sont devenus des repères, des encyclopédies.

Il aurait été intéressant de lire Trudel sur les accommodements religieux du présent siècle, lui qui prônait le caractère laïque de l’État. Gageons qu’il aurait appuyé le projet de Charte proposé par l’ancien gouvernement Marois. Gageons aussi qu’il aurait dénoncé le Québec et le Canada de 2016, celui de Couillard et Trudeau, pourvoyeurs de notre identité nationale.

 

 

 

 

Arthur Buies

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Arthur Buies

Les Québécois ont tendance à ne pas mettre en pratique leur devise « je me souviens ». Plusieurs évènements et personnages de notre histoire sont méconnus, effacés ou tout simplement oubliés. Notre devoir collectif est le maintient de notre identité, dans un monde de plus en plus multiculturel.

Adepte du principe multiculturel, tout comme l’Occident dans son ensemble, le Québec d’aujourd’hui n’a plus d’âme. A l’heure des remises en question du mouvement souverainiste, se souvenir, par la découverte de notre héritage historique, demeure un élément majeur de notre sauvegarde identitaire.

Récemment, j’ai redécouvert les écrits d’Arthur Buies (1840-1901). Buies a été un polémiste de la fin du 19e siècle. Son ouvrage La Lanterne fût très controversé et mis à l’index. Ses critiques acharnées d’un clergé omni puissant, sa défense de la liberté d’expression et de la démocratie furent les points d’encrage de ses écrits. Je me suis procuré un exemplaire de l’édition de 1964 de La Lanterne, publié par Les Éditions de l’Homme, de Marcel-A Gagnon. Une lecture de ses « propos révolutionnaires et de ses chroniques scandaleuses » est une véritable leçon d’histoire, permettant un voyage dans le temps, à une époque où le Québec semblait figé, emprisonné par un clergé étouffant. Ses écrits permettent d’apprécier, en plus du talent de l’auteur, son courage, lui qui fût ridiculisé et censuré.

En plus de la réappropriation de ce personnage dans l’établissement de notre histoire nationale, ses messages peuvent, dans un contexte moderne, s’appliquer à nous. Son désir de vouloir sortir le Québec (en Canada pour lui) du marasme, en critiquant les élites et les sources de cette stagnation doivent servir aujourd’hui d’exemples, où la liberté d’expression est de plus en plus menacée. Les syndicats, les groupes de pressions, les minorités culturelles, l’islam radical et même nos gouvernements ne doivent pas brimer le droit de nous exprimer librement. En 1875, l’Église avait tout les pouvoirs. En 2015, ces pouvoirs appartiennent à une élite – surtout médiatique – gauchiste et multiculturelle. Oser la critiquer et les conséquences seront immédiates : diabolisation, poursuite bâillon, insultes etc.

En 1875, l’Église contrôlait le discours ambiant, limitant ainsi le droit de parole de la population. En 2015, le politically correct devient l’équivalent. Gardons en mémoire ce polémiste de génie, autant par les réflexions suscitées que sa teneur historique et identitaire.

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Images marquantes?

Si vous aviez une photo ou une image qui selon vous, serait l’une des plus marquantes de l’Histoire, laquelle prendriez-vous? Moi j’hésite, mais j’irais avec celles-ci : 442px-Adolf_Hitler_in_Paris_1940 Une photo surréelle, démontrant la faiblesse de la France. Pétain a donné son pays à Hitler, et celui-ci, surtout à des fins de propagandes, apparaît sur ce cliché, vainqueur. Si l’appétit guerrier et territorial d’Hitler avait été moindre, il n’aurait pas perdu la guerre, et qui sait à quoi le monde actuel ressemblerait. Potaending Extrait du film « Planet of the apes », de 1968. À la fin du film, Taylor et Nova se sauvent à cheval. Sur une plage, Taylor découvre les restes de la Statue de la Liberté et comprend que la planète des singes est en réalité la Terre. C’est une démonstration d’apocalypse. Une image forte. Très effrayante. Qu’elles sont vos images marquantes?

L’importance de notre Histoire

L’importance de notre Histoire.

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L’Histoire, celle avec un H, est de plus en plus oubliée, surtout au Québec. Notre devise « Je me souviens » n’est plus tellement vraie et présente. On fêtait il y a quelques années le 400e de la ville de Québec. Le 375e anniversaire de la ville de Montréal s’en vient aussi en 2017.

A Québec, l’occasion était belle pour faire revivre notre histoire et de faire parler les événements et personnages. Outre quelques commémorations ici et là, on est passé à côté d’un moment névralgique pour nous offrir notre Histoire. D’en parler, de la raconter.

Notre identité et nos valeurs communes

Les braises des accommodements raisonnables, de la Commission Bouchard-Taylor et de la Charte des valeurs, sont encore très présentes. On se demandait quoi faire pour protéger notre culture, notre identité. Mais une identité ne commence-t-elle pas par ce que nous étions? Si on ignore d’où nous venons, comment pouvons-nous se décrire et se définir comme peuple? Le Québec est davantage que des chicanes « français » versus « anglais ». Depuis des décennies, on se déchire sur la question de la souveraineté, mais notre Histoire est tellement plus vaste et complexe!

Il convient de rappeler que l’année du 400e anniversaire de la Capitale Nationale du Québec constituait un très puissant levier pour sensibiliser les jeunes et la population à l’importance de connaître les origines et l’évolution de la présence européenne en sol nord-américain. Au-delà d’une date toute symbolique, le 3 juillet, et du rôle symbolique de la commémoration, ces festivités pouvaient permettre de replacer les divers événements marquants de notre épopée historique, dans une perspective de longue durée, et ainsi de mettre en relief ce long processus d’adaptation et de métissage qui marque l’évolution de la société québécoise depuis plus de 400 ans. Sans vouloir réduire l’histoire à une fonction strictement utilitaire, il va sans dire qu’une telle perspective ne peut qu’alimenter la réflexion et permettre de mieux décrypter la société actuelle dont le processus de métissage se poursuit toujours, avec ses bons et mauvais côtés. Le but ici n’est pas de traiter directement de la notion, par exemple, du multiculturalisme canadien, néfaste en soi à bien des égards, mais de mettre en relief l’importance de l’apprentissage et d’une compréhension de base de notre histoire nationale.

L’apprentissage de l’histoire contribue, en effet, à la formation d’individus susceptibles de mieux comprendre les débats et enjeux de leur société, à la lumière du passé. Il permet à toute personne d’établir les balises historiques de leur citoyenneté. Il leur donne ainsi la possibilité de comprendre des enjeux du présent, qui prennent véritablement leur sens quand ils sont envisagés dans une perspective historique. Les débats sur la question de la langue, entre autres, gagnent à être mis en perspective, puisque c’est en retraçant les origines et l’évolution de la présence française en Amérique, que la population pourrait mieux comprendre le sens et la portée de la question linguistique actuelle.

A l’heure où règnent Facebook, Twitter et les téléphones intelligents, bref, où rien ne va lentement, il est difficile d’intéresser la population en générale à l’Histoire. Imaginez pour les jeunes! S’intéresser à l’Histoire, l’analyser, la réfléchir, demandent un effort intellectuel constant. Quand la matière parait inutile, sans émotion, absente de concret, la côte parait difficile à grimper. Voilà une raison majeure pourquoi l’intérêt pour ce domaine doit se faire d’abord dans les écoles, dès le jeune âge, par des professeurs passionnés et intéressants. L’Histoire ne doit pas être expliquée de façon partisane, mais de façon réaliste et apolitique, laissant les jeunes avec des connaissances de base, qui serviront pendant une vie entière, et qui espérons le, les incitera à fouiller davantage. La curiosité intellectuelle!

Découvrir son Histoire, c’est établir l’identité et les valeurs d’un peuple. Au Québec, la défense du français, l’héritage catholique, les institutions démocratiques, l’égalité homme et femmes et le respect des droits des compatriotes anglophones, sont les éléments sacrés de la société. Mais pour bien saisir ces éléments identitaires, on doit faire un retour en arrière, apprendre sur nous. C’est un passage obligé, tout aussi crucial que l’enseignement des mathématiques, de la géographie ou de l’écriture.

Développer l’intérêt

Il existe évidemment pour certaines personnes un goût inné pour l’Histoire, mais celles-ci représentent une infime minorité. Pour la plupart, l’Histoire est l’équivalent du mythe des vendeurs d’assurances portant un habit brun avec une valise: sans éclat ou dépassé. Pour eux, ce sont des films en noir et blanc tristement ennuyants, un étalement de dates, un musée avec des objets ne voulant rien dire, ou tout simplement une matière comme les autres, que l’on veut rapidement se débarrasser. Et pour ceux croyant que l’Histoire ressemble aux films d’Indiana Jones, imaginez la déception!

Si dès son jeune âge, le goût de l’Histoire n’apparaît pas chez une personne, il est difficile par la suite de rattraper le temps perdu et d’y plonger adéquatement. Cette période critique de notre vie, soit nos années scolaires (surtout au secondaire) forge ce que nous serons plus tard. C’est ici que se retrouve le point de non retour. Si le jeune ressort de cette période sans avoir une bonne opinion ou d’intérêt pour l’Histoire, le reste de sa vie ne changera pas cette perception.

Voici un exemple personnel, touchant un autre domaine, mais s’appliquant aisément pour l’Histoire. Pendant et après mon passage au secondaire, la science (physique, chimie, biologie) m’a toujours donné des hauts le coeur. Ce n’est probablement pas la matière elle-même qui m’était si détestable, mais bien les professeurs ternes, très peu pédagogues et disons le, incompétents l’enseignant. Le goût inné de la science n’étant pas en moi, pour apprécier ce domaine, une bonne dose d’intéressement aurait été requise. Mais ce fût vain. La science ne sera donc pas pour moi un sujet alléchant, et ce, pour toujours.

Il en est de même pour l’Histoire. La grande majorité des jeunes doivent se faire convaincre à cet âge d’aimer une matière, d’où l’importance d’avoir d’excellents professeurs. Cependant, le système actuel d’éducation laisse franchement à désirer. La force des syndicats, une bureaucratie lourde, une absence d’évaluation du corps professoral, un ministère écoutant trop certains bureaucrates encrassés et déconnectés de la réalité, contribuent au déclin continuel de l’enseignement au Québec, à une agonie du souci historique et ce, de génération en génération. Les Québécois de souche ne se reproduisant pas à la même vitesse que nos concitoyens immigrants, les valeurs traditionnelles de notre coin de pays seront de moins en moins étoffées, présentes et respectées. Cela sera encore plus vrai si on s’éloigne de nos valeurs et en laissant se faufiler une immigration voulant s’isoler, sans désir d’intégration. Dans 25 ans, on risque de voir une société québécoise complètement ignorante de son passé et de sa culture : nous serons fort probablement plongé dans le multiculturalisme tant souhaité par Trudeau père, soit remplis de groupuscules sans noyau commun.

Le Québec pouvait se targuer il n’y a pas si longtemps d’avoir une identité propre, mais le danger de la voir disparaître nous menace, comme pour les autres sociétés d’Occident  par ailleurs. On criait pour se faire reconnaître en tant que société distincte, mais comment pourrions nous aujourd’hui le demander, si on ignore qui nous sommes. L’Histoire, on le répète, permet de se forger une fierté, fierté qui semble être disparue ou en voie de disparition au Québec. Posez des questions faciles sur notre histoire à n’importe qui sur la rue et une grande proportion des gens interrogés va échouer. La situation est critique à ce point !

La population se désintéresse de plus en plus de la politique, et elle se laisse gouverner sans rien dire, sans réagir, en laissant le soin à des groupes minoritaires de faire sa loi. On peut parler évidemment des divers groupes de pressions, mais également des accommodements religieux accordés.

Que faire de plus ?

En plus d’un enseignement de grande qualité, l’ajout (et le maintient) de commémorations et l’érection (et l’entretient) de monuments seraient d’autres options intéressantes afin d’établir et de prolonger notre devoir de mémoire collective. Une statue ou un monument laissent une trace sans équivoque dans le paysage d’une ville. Des dizaines de personnes peuvent quotidiennement les voir. Ajoutons aussi qu’habituellement, l’aspect magnifique d’une oeuvre rend l’endroit agréable à regarder et améliore la beauté d’une ville. N’oublions pas le patrimoine bâtit, que nous devons préserver précieusement : les églises, maisons ancestrales etc.

Rêvons un peu! Un espace public célébrant notre Histoire, avec ses évènements mémorables, devrait être crée à Québec : rendre attrayant un endroit délaissé, pour le remplacer par ce type d’espace historique et possiblement touristique. Un coin de notre ville qui serait un havre de paix, de réflexion, mais aussi un endroit phare pour le touriste venant découvrir Québec. La ville de Québec se cherchait un legs pour le 400e, héritage qui se fait toujours attendre. Ce genre d’idée exclusive aurait été une parfaite réussite. Une grande oeuvre ressemblant à un grand livre ouvert, accessible 365 jours par année. Fabulation peut-être, mais il n’y a rien de plus beau qu’un peuple fier et contemplatif de son passé.

Je ne suis pas un partisan de la souveraineté du Québec, mais un congé comme celui de la fête des Patriotes, créé il y a une quinzaine d’années, est un exemple de commémorations. Ce type de commémoration permet de faire ressortir un pan de notre histoire, de l’expliquer grâce à certains analystes et commentateurs, de faire vibrer une fibre sensible « patriotique », ou tout simplement, d’en faire parler, dans les médias ou ailleurs. La fête de la Reine, La Confédération (1er juillet), La St-Jean Baptiste ou l’anniversaire de Québec (3 juillet) ont la même résultante. Le succès de ces journées en tant que créateur d’unité nationale et d’esprit mémoriel ne tient qu’à un fil : la prise de position politique doit être exclue, afin de ne pas y soustraire une portion de la population. Au Québec, dans certains cas, on ne semble pas le comprendre!

Plusieurs ont décrié les sommes dépensées pour le bicentenaire de la guerre de 1812, celle anglo-américaine, mais cette commémoration était justifiée. Elle nous a permis de découvrir et d’accentuer notre fierté envers nos héros du passé, des personnages marquants. En d’autres termes, la célébration d’un événement passé, par une date anniversaire par exemple, n’est qu’une autre représentation de notre devoir citoyen de mémoire. Pensons à la souvenance actuelle de la première guerre mondiale pour ses 100 ans, à l’Expo 67 célébrant le centenaire de la Confédération ou évidemment le 400e de la ville de Québec, en 2008.

Devoir de réserve

Au cours des dernières années, certaines personnes avaient avancé l’idée du changement de dénomination de « l’Autoroute Henri IV« , pour celui « l’Autoroute de la bravoure« , en soutient à l’armée canadienne. Le respect que nous devons à nos soldats doit être infini. Nos soldats sont des êtres exemplaires sur qui nos idéaux reposent. Toutefois, on devrait longuement hésiter au fait d’accepter de changer le nom d’un endroit par un autre, surtout lorsqu’une personne ayant déjà existée et qui fût une figure de proue, verrait ainsi disparaître le sien. C’est une forme d’éloignement et de suppression du rayonnement d’un personnage, une espèce de finalité de son empreinte dans le temps. Heureusement, il y a eu un compromis dans ce dossier, une portion seulement de l’autoroute a été modifiée.

A propos :  Henri IV a été important pour nous, ayant permis la fondation de Québec, jugeant nécessaire d’implanter une colonie française en Amérique. Il a été un visionnaire et celui qui a permis à Samuel de Champlain d’ériger la ville de Québec, en 1608. Henri IV a été un roi marquant, un personnage clé et précurseur de notre histoire, pourquoi ainsi avoir voulu effacer sa mémoire? Un monument distinct devrait même être crée en son honneur!

A un autre moment, il a été question de renommer la « Plage Jacques Cartier » du nom d’Andrée P. Boucher, la regrettée mairesse de Québec. La défunte politicienne se devait d’avoir une marque de reconnaissance, mais on ne pouvait effacer un nom si célèbre d’un lieu publique.

La ville de Québec comme exemple

La ville de Québec donne toutefois l’exemple avec son site web de qualité, ses épigraphes et sa toponymie.

 53w (Exemple d’épigraphe)

On peut trouver les sections Histoire et Patrimoine à partir de son site web :

*http://www.ville.quebec.qc.ca/apropos/portrait/histoire/

*http://www.ville.quebec.qc.ca/culture_patrimoine/patrimoine/index.aspx

Elle a aussi fait écrire divers recueils, que l’on peut retrouver en bibliothèque ou à l’Observatoire de La Capitale, entre autres. Ces ouvrages de qualité manque de visibilité, ce qui est dommage. Comment rendre plus disponible ces références, sans trop coûter cher aux contribuables ? La question est lancée.

J’ai eu la chance de lire un magnifique ouvrage sur les 400 ans de Québec, « Les chroniques de La Capitale, 1608-2008 », écrit par Jean-Marie Lebel. En 2008, ce livre aurait été un beau cadeau à offrir gratuitement à tout les foyers de Québec.

Finissons en beauté avec ces citations sur l’Histoire :

Nietzsche « L’homme de l’avenir est celui qui aura la mémoire la plus longue. »

ElieWiesel « Un homme sans passé est plus pauvre qu’un homme sans avenir. »

François Mitterrand « Un peuple qui n’enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité. » (1982, lors d’un Conseil des Ministres)

Racine « Ce que je sais le mieux, c’est mon commencement ».

Harry Truman « Ce qu’on dit être nouveau en ce monde, c’est l’Histoire qu’on ignore ».