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James Bond : Spectre

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Je déteste aller au cinéma lorsque la salle est bondée. J’aime avoir de l’espace. Ca peut paraître égocentrique, mais c’est la vie! Profitant de l’accalmie d’un 24 décembre – et surtout du fait que le film est sorti depuis la fin octobre et que la majorité des clients du cinéma venait voir le nouveau Star Wars – j’ai enfin visionné la nouvelle aventure de 007, Spectre.

Ayant lu l’oeuvre d’Ian Fleming et vu tout les précédents films, je peux me considérer comme un grand fan. Trop, peut-être, car j’ai toujours le réflexe de critiquer, de comparer, d’analyser et de revenir dans le passé. Je jouis tout de même du moment lors de l’écoute du film!

Tout d’abord, ce nouvel opus de l’agent secret cadre parfaitement avec l’univers de son prédécesseur, Skyfall. Sam Mandes, le réalisateur des deux films, démontre son ingéniosité et son talent. La qualité des films de l’ère Daniel Craig n’est plus un secret. On est loin de celle de Pierce Brosnan, où souvent ridicule rimait avec exagération. Malgré un Bond physiquement ressemblant à celui des romans de Fleming, l’époque Brosnan regorgeait de clichés, de scénarios ternes et prévisibles : des réalisations à la Hollywood, voir ici des films d’action ordinaires, comme les autres. La série était devenue une caricature d’elle-même. L’essence des romans était complètement évaporée, la qualité cinématographique un lointain souvenir.

Les films de l’ère Craig ramène le Bond des livres et redonne envie de plonger dans cet univers. Les responsables de la série ont décidés, avec un certain risque, de replonger Bond à « ses débuts ». La mode des années 2000 pour plusieurs héros fut justement ces retours en arrière. On l’a vu avec la récente trilogie de Batman, notamment. Évidemment, la relecture des aventures de Bond a amené une lutte entre le moderne (gadgets, actualité etc.) et les années 60, le point de départ de la série. Axer les aventures du Bond de 2006, le premier de Daniel Craig dans Casino Royale, avec les éléments des années 60 était envisageable et possible, car les films conçus avec une reconstitution historique sont incontestablement nombreux. Les dirigeants ont néanmoins préférés voir leur héro interagir dans le monde actuel. C’est très acceptable! Étant un puriste de James Bond, il m’est encore un peu difficile de l’accepter.

Spectre nous ramène l’ennemi juré de Bond, Ernst Stavro Blofeld. La première véritable rencontre entre les deux est racontée de façon outrageusement différente si l’on compare Spectre et le film de 1967 On ne vit que deux fois, avec Sean Connery. Tout diverge : le pays, les circonstances, les acolytes, la situation du MI6 etc. Mais est-ce si important? Les circonstances du début de la rivalité entre Batman et le Joker ont si souvent différées qu’il est maintenant difficile de les compter. C’est la même chose entre Superman et Lex Luthor. Pourquoi ne pourrait-on pas agir ainsi à l’égard de Bond et Blofeld? Et n’oublions pas que le premier choc au cinéma entre Bond et Blofeld ne représente aucunement celui des romans de Fleming. Aucune connexion n’existait entre l’histoire écrite de On ne vit que deux fois et celle du film. Le grand écran prend souvent de larges libertés versus l’oeuvre originale.

Rien n’est parfait et satisfaire les plus difficiles comme moi parait une utopie. Honnêtement, une seule question devrait surgir : est-ce le film est bon? Point. Malgré les aléas du scénario vis à vis le passé, Spectre mérite les éloges. Il y a certes, comme dans tous James Bond, de l’action musclé et quelques scènes amoureuses « rose bonbon », mais la réussite de Spectre consiste en son histoire et surtout l’aspect psychologique, fait rare pour ce type de film. La scène où Bond est cloué à une chaise pendant que Blofeld lui raconte le passé entrera dans les annales de la série. C’est ce que nous voulons de Bond : voir un homme torturé, souffrir, réfléchir. La continuité de l’histoire, à travers l’ère Craig, est aussi remarquée. On revient en quelque sorte à ce que voulait Ian Fleming. La réalisation, la musique, le jeu des acteurs et l’intrigue nous font oublier que le film dure plus de 2h30. Même si inconsciemment, j’espérais entendre une allusion au Dr No ou à Emilio Largo, ce film est excellent. Un bon divertissement, un bon moment!

Je pourrais aussi longuement parler de l’excellent acteur Christopher Waltz, celui qui incarne le parfait vilain, que ça soit dans Spectre ou Inglourious Basterds de Quentin Tarantino. Une autre fois peut-être…

Bon cinéma!

 

 

 

 

 

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