Archives mensuelles : novembre 2015

Arthur Buies

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Arthur Buies

Les Québécois ont tendance à ne pas mettre en pratique leur devise « je me souviens ». Plusieurs évènements et personnages de notre histoire sont méconnus, effacés ou tout simplement oubliés. Notre devoir collectif est le maintient de notre identité, dans un monde de plus en plus multiculturel.

Adepte du principe multiculturel, tout comme l’Occident dans son ensemble, le Québec d’aujourd’hui n’a plus d’âme. A l’heure des remises en question du mouvement souverainiste, se souvenir, par la découverte de notre héritage historique, demeure un élément majeur de notre sauvegarde identitaire.

Récemment, j’ai redécouvert les écrits d’Arthur Buies (1840-1901). Buies a été un polémiste de la fin du 19e siècle. Son ouvrage La Lanterne fût très controversé et mis à l’index. Ses critiques acharnées d’un clergé omni puissant, sa défense de la liberté d’expression et de la démocratie furent les points d’encrage de ses écrits. Je me suis procuré un exemplaire de l’édition de 1964 de La Lanterne, publié par Les Éditions de l’Homme, de Marcel-A Gagnon. Une lecture de ses « propos révolutionnaires et de ses chroniques scandaleuses » est une véritable leçon d’histoire, permettant un voyage dans le temps, à une époque où le Québec semblait figé, emprisonné par un clergé étouffant. Ses écrits permettent d’apprécier, en plus du talent de l’auteur, son courage, lui qui fût ridiculisé et censuré.

En plus de la réappropriation de ce personnage dans l’établissement de notre histoire nationale, ses messages peuvent, dans un contexte moderne, s’appliquer à nous. Son désir de vouloir sortir le Québec (en Canada pour lui) du marasme, en critiquant les élites et les sources de cette stagnation doivent servir aujourd’hui d’exemples, où la liberté d’expression est de plus en plus menacée. Les syndicats, les groupes de pressions, les minorités culturelles, l’islam radical et même nos gouvernements ne doivent pas brimer le droit de nous exprimer librement. En 1875, l’Église avait tout les pouvoirs. En 2015, ces pouvoirs appartiennent à une élite – surtout médiatique – gauchiste et multiculturelle. Oser la critiquer et les conséquences seront immédiates : diabolisation, poursuite bâillon, insultes etc.

En 1875, l’Église contrôlait le discours ambiant, limitant ainsi le droit de parole de la population. En 2015, le politically correct devient l’équivalent. Gardons en mémoire ce polémiste de génie, autant par les réflexions suscitées que sa teneur historique et identitaire.

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