Un certain 11 novembre

Image : SSJB

Malgré une matinée froide, nous avons pu réchauffer notre cœur par la touchante cérémonie organisée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB) au Cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Le 11 novembre est, annuellement, une journée célébrant nos valeureux combattants qui ont su si brillamment préserver nos valeurs. En ces temps où le multiculturalisme efface progressivement nos traditions, le Jour du Souvenir vient nous réconforter, nous émouvoir, nous faire réfléchir.  

Image : SSJB

Le 11 novembre 2019 eu, en plus de ma grande admiration pour ces militaires, une consonance particulière. La SSJB honora 11 anciens combattants qui ont reçu la médaille de l’Assemblée nationale pour leur implication courageuse dans différents théâtres de guerre. Parmi les 11 honorés, mon grand-père Anastase Gauthier reçu une médaille à titre posthume.

Le Président général de la SSJB, M. Maxime Laporte, prononça ces quelques mots en guise de présentation :

« Monsieur Anastase Gauthier, né le 27 décembre 1913 à Québec, joint l’armée en 1941. Il fut parti du service militaire de la marine canadienne lors de la Deuxième Guerre mondiale. Il a navigué, entre autres, sur le HMCS Skeena et participa au torpillage du U-588. Au cours de sa vie, Monsieur Gauthier fut récipiendaire de médailles et de mentions, tel que la médaille de guerre 1939-1945, l’étoile de l’Atlantique et la médaille canadienne du volontaire. Il s’éteint en 2007, dans sa ville natale, la Capitale-Nationale.»

Grand-papa aurait été sans doute très fier de cet honneur. Il aurait sympathisé, verre à la main, avec ses collègues militaires et salué au passage ses anciens frères d’armes. Malgré sa fierté évidente d’ancien combattant, il resta jusqu’à la fin de sa vie discret sur cette époque dramatique. Un peu par tristesse, un peu par modestie? Etre témoin de l’horreur marque à tout jamais un homme. Un lien fraternel uni ces vétérans. Par leurs exploits et leur héroïsme, ces derniers pourraient tous, légitimement, faire preuve de vantardise et d’exubérance. C’est mal connaître leur humilité.

Image : Sylvain Gauthier

Le Jour du Souvenir est une leçon d’histoire en lui-même. Le multiculturalisme, guide spirituel de nos élites, accorde maintenant toute la place aux minorités ethniques. Pour réussir, la majorité historique doit disparaître. C’est la maxime de la gauche mondialiste. Nous sommes devant la censure et un révisionnisme historique inquiétant. L’idéologie multiculturelle règne partout. Nos élites en ont fait leur principale mission. C’est pourquoi toute opportunité de raconter notre histoire est la bienvenue. Le 11 novembre remet ainsi les choses en perspective et nous permet, peut être naïvement, d’espérer un futur ensoleillé. Que le nationalisme reprenne du galon. Un soldat seul semble inoffensif; mais un groupe de soldats, ensemble, soudé, travaillant pour la même cause, peut produire de grandes victoires. Le Québec doit prendre exemple de ces soldats qui collectivement, ont triomphé du nazisme. Le peuple québécois peut se relever et faire renaître la fierté identitaire jadis si imposante de cette nation unique d’Amérique.

En 2019, les médias sociaux nous poussent à la superficialité. Des vedettes instantanées naissent puis tombent dans l’oubli dès le lendemain. Les nouvelles générations devraient s’inspirer de nos vétérans. Le confort et l’individualisme nous dominent. Nos société pataugent aujourd’hui dans un progressisme gênant; la perte de nos traditions et de nos racines historiques s’accentue; la rectitude politique engendrée par le fanatisme des multiculturalistes rend nos sociétés liberticides; la bien-pensance de la gauche corrompt nos villes, nos villages; notre sol natal ne ressemble en rien à ce qu’il fût; des conflits ethnoculturels se pointent à l’horizon. La gauche moderne veut changer voire effacer la société pour laquelle des milliers de soldats périrent. Appelons là  la gauche régressive. Le territoire de nos ancêtres est envahi par des immigrants aux valeurs et pensées différentes. Pour qui le Québec importe peu. Qui n’est qu’une terre d’asile bonne à piller. Les invasions barbares version contemporaine. De solides et fiers, nous sommes devenus, par l’acharnement idéologique de la gauche, des individus lâches et irrespectueux du passé. La gauche nous entraîne dans la déchéance. Dans la décomposition occidentale.

Les combattants des deux grandes guerres mondiales auraient-ils pu imaginer que leurs efforts et sacrifices soient anéantis par leurs propres descendants? Une société occidentale qui s’est construite progressivement et qui en quelques décennies seulement frôle maintenant la catastrophe. Un multiculturalisme implanté comme doctrine d’État. Le Canada en est un chef de file. Le Québec en subit les conséquences de plein fouet. Nos fondements historiques se folklorisent. Nous sommes isolés dans un pays qui n’est pas le nôtre. Les Canadiens anglais se servent du multiculturalisme pour éliminer les dernières traces de notre patrimoine français et catholique.

Image : Sylvain Gauthier

Si les exploits de nos vétérans arrivent encore jusqu’à nous, qu’en sera-t-il dans 15 ans? Dans 25 ans? Le courage formidable de nos défenseurs mérite une reconnaissance éternelle. Allons-nous abandonner, détruire leur héritage? En avons-nous le droit? Moralement? Les luttes d’autrefois, celles qui nous a permis de rester debout, ont-elle été vaines? La guerre, par le dévouement de nos compatriotes, la douleur, le doute, la solitude, le sang coulé, la mort et la violence inouïe des champs de bataille, a frappé notre imaginaire. La guerre est dure. Elle est parfois nécessaire. En mémoire de mon grand-père et des millions d’autres vétérans qui croyaient en nos valeurs, à nos traditions et qui étaient prêts à mourir pour elles, célébrons encore et encore leurs exploits, leurs bravoures et reprenons le contrôle de qui nous sommes. 

Sacré patrimoine!

«On est rendu dans le mur, ç’a toujours été des demi-mesures. C’est un vrai sujet. Ce n’est pas juste une question de collectionneurs.»
– Dinu Bumbaru, d’Héritage Montréal, à propos de l’abandon des églises du Québec.

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Le multiculturalisme canadien impacte de bien des manières le Québec. Toujours négativement. L’immigration de masse, l’outil principal de la propagande multiculturelle, change notre démographie. Le rapport de force des Québécois francophones de souche s’amenuise continuellement. Il se marginalise à coup de milliers d’immigrants. Le multiculturalisme, qui est la doctrine officielle de l’état canadien, n’impose aucune intégration. Il prescrit plutôt l’inclusion, ce qui dans les faits, est fondamentalement différent.

Les élites ont tous été contaminées par cet esprit de tolérance abusive et de mondialisme. Les minorités ethniques sont chouchoutées minutieusement. Des accommodements religieux leurs sont octroyés aveuglément – nourriture halal, prières de rue, salles de prières, congés spéciaux etc. La gauche multiculturelle, devenue régressive, et la droite patronale, celle qui veut toujours plus d’immigrants à petits salaires, font front commun. La rectitude politique se présente maintenant comme une nouvelle norme sociale. Il s’avère impossible de critiquer l’islam, l’immigration, la perte identitaire. Les nationalistes se voient censurés et bafoués. Une étiquette de raciste est si vite arrivée.

Les multiculturalistes espèrent une société ghettoisée où chaque communauté respecte ses propres moeurs et coutumes. Celle-ci n’a pas à embrasser la culture et les traditions de la société d’accueil. Pour les multiculturalistes, la civilisation occidentale domine et use de son pouvoir pour opprimer les minorités. L’homme blanc est la source des malheurs planétaires. La religion catholique, symbole de cette domination, devra donc disparaître. Bref, les héritiers de la civilisation occidentale sont de trop. Les multiculturalistes veulent effacer toute trace d’un passé riche historiquement. Certains pays se battent – la Hongrie, la Pologne, l’Autriche, la Bulgarie et à un certain niveau, les États-Unis de Trump. Mais la plupart des pays occidentaux se laissent diriger par des franges fanatisées du multiculturalisme. Le Québec est à mi-chemin entre ces deux positions. Il est isolé dans un pays, le Canada, qui considère le multiculturalisme comme un idéal à atteindre, son objectif, et qui l’applique de façon autoritaire. Les décisions politiques et judiciaires canadiennes se déversent ainsi inévitablement sur le territoire québécois. Le Québec ne représente aujourd’hui, hélas, qu’une province soumise à la volonté fédérale.

Les Québécois se sentent toutefois différents. Leurs racines françaises et catholiques traduisent cette unicité nord-américaine. Le peuple québécois a toujours eu à l’intérieur de lui-même une flamme nationaliste. Ses luttes pour sa survivance et son émancipation l’illustrent. 2019 ne fait pas exception. Les multiculturalistes canadiens ont comme projet d’anéantir à tout jamais ce nationalisme québécois. A faire de nous une terre multiculturelle sans saveur. Ils aspirent à éliminer nos traditions, notre culture, notre passé. Par de l’immigration de masse. Par des lois liberticides. Par l’anéantissement de notre identité.

Notre identité se présente en diverses facettes : notre langue, nos origines, notre folklore. L’histoire représente la clé de cette identité québécoise. Celle-ci peut être racontée – ce que les multiculturalistes s’efforcent de dénaturer à l’aide d’une éducation corrompue par l’idéologie multiculturelle. L’histoire peut être aussi vue et admirée. C’est ici qu’intervient le patrimoine bâtit.

Notre patrimoine en danger 

Le Québec a une relation intrigante avec son passé. Le peuple québécois s’identifie comme étant, c’est vrai, une société distincte; on l’a vu par exemples avec les négociations constitutionnelles et par la modeste loi 21 du gouvernement caquiste. Mais il n’affiche jamais vraiment fièrement sa fibre identitaire. Il la cache. Il néglige en conséquence son patrimoine et son devoir de mémoire vis à vis ses ancêtres. Au cours de la dernière année, l’actualité a abordé l’enjeu de la conservation et de la mise en valeur des maisons ancestrales, ces témoins de l’histoire et de l’architecture d’un autre temps. L’actualité nous a aussi montré un patrimoine religieux en piètre état. Le Journal de Québec publiait en août dernier des statistiques alarmantes. Des églises en ruine, des églises démolies, des barricades les entourant, des graffitis sur les murs. De l’indifférence. De l’immobilisme. De l’incapacité à agir d’intervenants. Oui certaines églises ont eu un deuxième souffle par une conversion quelque conque. Mais la réalité a frappé: notre patrimoine se meurt. 

« Une recension effectuée en mai dernier par le Conseil du patrimoine religieux a révélé que 612 des 2746 églises qui avaient été répertoriées au Québec en 2003 avaient depuis été démolies, fermées ou recyclées [1]

La détérioration de ces images historiques a de quoi nous attrister. Mais à qui incombe la faute de cette déconfiture patrimoniale? Qu’ont fait les politiciens? Qu’elle stratégie adopter à partir de maintenant? Action Patrimoine (AP), un organisme privé à but non lucratif qui œuvre à protéger, à mettre en valeur et à faire connaître le patrimoine bâti et les paysages culturels du Québec, a tenté, avec quelques articles, de répondre à ces interrogations et préoccupations. AP rappelle tout d’abord le rôle fondamental que jouent les propriétaires de maisons anciennes ou de tout immeuble patrimonial. Posséder une maison ancestrale constitue pour plusieurs un rêve, notamment pour les amoureux du patrimoine. Mais qu’en est-il réellement au quotidien? Que représentent les défis de la préservation et de la mise en valeur d’un tel bâtiment?

« Action patrimoine est le propriétaire de la maison Henry-Stuart située à Québec. Au fil du temps, l’organisme a eu l’occasion de découvrir les implications d’une telle responsabilité et de tirer quelques leçons de cette expérience […]
Deux types de protection et de reconnaissance touchent la maison. Au niveau provincial, elle est classée immeuble patrimonial par le ministère de la Culture et des Communications. La protection s’applique également au terrain et au jardin, ainsi qu’aux biens meubles à l’intérieur. La résidence est aussi désignée lieu historique national du Canada par le gouvernement fédéral […] la maison connaît alors de grandes rénovations, notamment pour réhabiliter son intérieur. Une maison demande toujours de l’entretien. D’autres chantiers ont ainsi été réalisés au cours des années. Ces rénovations nous ont permis de constater les défis qui entourent de tels chantiers, à savoir les enjeux financiers, mais aussi les difficultés liées à la recherche d’une main-d’œuvre qualifiée […]
Les protections et reconnaissances de la maison peuvent, pour certains, sembler restrictives. Ces protections donnent cependant droit à de l’aide financière pour la restauration. Au niveau provincial, il existe le Volet I — restauration de biens patrimoniaux du programme Aide aux immobilisations et au fédéral, le Programme national de partage des frais pour les lieux patrimoniaux de Parcs Canada. Pour les propriétaires dont l’immeuble n’est pas désigné ou classé, d’autres moyens sont disponibles. Quelques municipalités offrent des programmes de soutien à certains travaux de rénovation ou de restauration, comme la Ville de Québec avec son Programme d’intervention et de revitalisation des bâtiments patrimoniaux. Elles sont toutefois encore trop peu nombreuses. Cela sans parler de l’absence de crédit d’impôt réservé à la rénovation et à la restauration de maisons patrimoniales. Quel que soit le palier de gouvernement de nouvelles mesures fiscales apporteraient une bouffée d’air non négligeable aux propriétaires vertueux et en inciteraient certainement d’autres à faire plus d’efforts pour préserver leurs biens.
Entretenir de façon adéquate une maison ancestrale demande évidemment d’effectuer un suivi régulier, mais aussi de faire appel à des spécialistes au savoir-faire rare, parfois unique […] De nombreux chantiers et programmes de subventions exigent certains permis comme les cartes de la Régie du bâtiment du Québec, ce qui a souvent pour effet de limiter l’accès des artisans sur les chantiers.
La clé est certainement l’entretien quotidien de notre bâtiment et notre vigilance par rapport à son état général. Chaque intervention compte. Pour un propriétaire, il n’est pas toujours simple de faire une restauration complète. D’où l’importance de prévoir un échéancier. Il est plus facile d’effectuer de petits travaux au fur et à mesure que d’attendre et de devoir gérer de fortes dégradations nécessitant une intervention majeure. Pour l’entretien courant, il est crucial d’aller chercher l’information pertinente afin de s’assurer de prendre les bonnes décisions. Il existe des ressources en mesure d’accompagner les propriétaires dans leurs travaux. Les ressources en patrimoine de certaines municipalités peuvent également aiguiller les propriétaires vers les bonnes pratiques. À terme, il serait profitable d’instaurer au sein des municipalités ou des MRC un accompagnement systématique pour les propriétaires de maisons anciennes […]
Occuper la maison Henry-Stuart avait un objectif double, soit celui de réinvestir un lieu résidentiel sans trop le dénaturer et de démontrer l’efficacité et les répercussions positives de la requalification des bâtiments. Outre les revenus de location, qui sont un bénéfice certain, des professionnels du patrimoine animent la maison au quotidien. Cela permet un suivi régulier de l’entretien et le maintien d’une maison au charme apprécié. Tout comme les églises ne peuvent pas toutes devenir des bibliothèques, les maisons anciennes ne peuvent pas toutes devenir des musées ou des bureaux. La requalification harmonieuse de bâtiments doit se faire selon plusieurs critères, en fonction notamment de l’environnement du quartier et des besoins de la communauté, mais également des ressources financières disponibles. En ce sens, la requalification de la maison Henry-Stuart est un exemple intéressant puisqu’elle intègre un usage contemporain en accueillant des bureaux et rend accessibles son intérieur unique et l’entièreté du site.
Les maisons anciennes font partie de notre patrimoine collectif, de notre histoire et de notre identité. Les rendre accessibles permet de développer un sentiment d’appartenance qui favorise la sensibilisation à ce patrimoine et sa préservation [2]

La démolition de plusieurs immeubles patrimoniaux a attiré, malgré la présence de propriétaires négligents et du manque d’intérêt des autorités, l’attention du public québécois. Les manquements concernant la gestion de notre héritage bâti québécois ont entraîné une prise de conscience collective quant à l’état de ces legs. Comment expliquer que l’on démolisse des bâtiments patrimoniaux, et ce, souvent dans une indifférence délirante? Que pourrait-on changer à notre manière de gérer le patrimoine? Comment se fait-il que des propriétaires puissent cesser d’entretenir leur bâtiment sans en subir de conséquences? Pourquoi les municipalités n’interviennent-elles pas avant qu’il soit trop tard? Comment explique-t-on que des immeubles classés ou cités s’effondrent? Sujet complexe, il va s’en dire. Un élément ressort néanmoins : il s’agit d’une mission partagée entre plusieurs intervenants et où il est primordial de connaître le rôle de tous et chacun. Plusieurs acteurs gravitent autour du patrimoine bâti : propriétaires, organismes locaux, organismes nationaux, municipalités, municipalités régionales de comté (MRC), gouvernements, le public etc. C’est en considérant chacun d’eux qu’il est possible d’avoir une vue d’ensemble de la gestion de notre patrimoine. AP a répondu aussi à ces questions. 

« Au quotidien, le rôle de première ligne revient aux propriétaires qui vivent dans leur bâtiment. Le bon entretien de leur bien est souvent une priorité, mais il représente également une charge financière considérable qui peut s’avérer difficile à assumer. Malgré leur attachement à leur milieu de vie, ils doivent parfois privilégier l’aspect financier, au détriment de la préservation du patrimoine. En dépit des demandes répétées du milieu, aucun incitatif fiscal n’a encore été mis en place pour les aider.
Des organismes locaux sont là pour appuyer et guider les propriétaires, mais avant tout pour la sauvegarde du patrimoine. À cet égard, une grande responsabilité repose sur eux, surtout considérant qu’ils ont des moyens financiers limités. Certaines divergences d’opinions peuvent apparaître entre propriétaires et organismes. La maison Busteed, en Gaspésie, fournit un bon exemple de discordance entre les points de vue d’un propriétaire et des organismes locaux. Elle met en lumière des particularités quant à la perception des notions mêmes de patrimoine et de mémoire dans les différentes communautés. Les organismes nationaux assurent une veille sur tout le territoire québécois et offrent, selon les cas, des activités de diffusion, de sensibilisation et de formation. Les attentes sont grandes envers ces petites structures qui ont, comme les organismes locaux, des ressources limitées.
Les municipalités, en tant qu’acteurs dans la gestion des infrastructures locales et la mise en application de la réglementation, ont également un rôle majeur à jouer. Le chapitre IV de la Loi sur le patrimoine culturel octroie aux municipalités le pouvoir d’identifier et de protéger le patrimoine. Force est de constater, toutefois, depuis la mise en application de cette loi, les lacunes relatives à ce pouvoir. Il n’est pas ici question de jeter le blâme sur les municipalités. Il s’agit plutôt de tenter de comprendre pourquoi elles ne sont pas plus nombreuses à se prévaloir de la citation pour protéger des bâtiments dont la valeur patrimoniale est jugée exceptionnelle ou, à l’opposé, pourquoi certaines protections ne suffisent pas à garantir la préservation et la mise en valeur du patrimoine. Pour répondre à ces questions, il faut considérer plusieurs facteurs, comme les ressources parfois limitées des municipalités, le manque de volonté politique, une méconnaissance du patrimoine ou encore la pression des entrepreneurs. En parallèle, il y a des municipalités qui réussissent bien dans ce domaine et nous aurions intérêt à diffuser et à analyser leurs actions pour comprendre leur succès.
Les MRC ont un rôle dans l’aménagement du territoire. Elles se veulent, notamment, un agent facilitateur pour la mise en commun de services. En vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, elles peuvent réaliser des inventaires du patrimoine bâti, ce qui permet d’avoir une vue d’ensemble du patrimoine d’un territoire. Par contre, les pouvoirs relatifs à la protection d’un immeuble patrimonial, dont la citation, reviennent aux municipalités.
Enfin, le gouvernement québécois doit faire preuve d’exemplarité et de leadership dans la protection du patrimoine et ainsi exercer un rôle de premier plan. Pour ce faire, plusieurs ministères sont responsables du patrimoine, notamment le ministère des Transports, celui des Affaires municipales et de l’Habitation, celui de l’Environnement et évidemment, celui de la Culture et des Communications. Ce dernier a un rôle de sensibilisation et doit se doter d’une vision claire en matière de patrimoine. Le classement est un des outils dont il dispose pour assurer la protection du patrimoine bâti. Toutefois, nous constatons, entre autres avec le moulin du Petit-Sault à L’Isle-Verte, que même les bâtiments classés peuvent être en danger. En effet, dans cet exemple, une partie de cet ancien moulin à farine, construit en 1823 et pourtant classé depuis 1962, a dû être démolie. Encore une fois, le manque de ressources financières a une incidence directe sur l’efficacité avec laquelle le ministère peut jouer son rôle. À titre d’exemple, la Direction générale du patrimoine a vu ses effectifs amputés d’environ 80 % depuis les années 70 […]
En plus des enjeux financiers décriés, nous assistons également à une déresponsabilisation de plus en plus montrée du doigt par les médias. Ainsi, bien que la responsabilité en patrimoine soit partagée, les différents acteurs ont tendance à se renvoyer la balle pour diverses raisons [3].»

Tous les intervenants et les paliers décisionnels doivent s’allier pour atteindre un objectif commun, soit celui de s’engager à valoriser l’héritage de notre patrimoine bâti. Ces intervenants, par leur travail collectif, doivent s’arrimer pour faire fonctionner une mécanique vouée à la préservation et à la mise en valeur de notre patrimoine. À cet effet, la vigilance des groupes citoyens va s’avérer d’une grande utilité pour ces acteurs.

« Afin de mieux comprendre ce qui peut mettre un bâtiment patrimonial en péril, examinons de plus près un cas, celui de l’ensemble conventuel des Moniales dominicaines de Berthierville. Depuis plusieurs années, la communauté religieuse tente de vendre l’ensemble conventuel. Vacant depuis sept ans, il trouve preneur à la condition que le bâtiment soit démoli. Le promoteur achète donc l’édifice et dépose une demande de permis de démolir. Puisque le bâtiment ne bénéficie d’aucune protection, la demande est acceptée. C’est précisément à ce moment que les acteurs du milieu s’emparent du dossier.
Bien que l’inventaire de la MRC de D’Autray octroie une valeur exceptionnelle à l’ensemble conventuel, qualifie son état physique d’excellent et recommande une interdiction de le démolir, ces éléments n’ont pas été considérés lors de la demande de permis de démolition. Pourquoi? Parce que le pouvoir décisionnel revient aux municipalités et que, malgré la reconnaissance publique de la valeur du bâtiment, les recommandations de l’inventaire de la MRC n’ont pas été suivies. Berthierville n’a pas jugé bon de mettre en place une réglementation. Devant l’urgence de la situation, la ministre de la Culture s’est emparée du dossier et a émis une ordonnance de 30 jours pour faire temporairement arrêter le projet. Depuis, la ministre a demandé un avis d’intention de classement au Conseil du patrimoine culturel du Québec. Dans cet exemple, la remise en question ne provient pas de l’octroi du permis qui, en soi, ne va à l’encontre d’aucun règlement. Elle résulte plutôt du manque de volonté des municipalités de se doter des outils réglementaires de préservation du patrimoine à leur disposition (citation, plan d’implantation et d’intégration architecturale [4]).»

Malheureusement, le dossier berthelais n’est pas une exception. Bon nombre de constructions patrimoniales de grande valeur régionale ou locale tombent sous le pic des démolisseurs. Les cas de figure varient, mais le résultat demeure le même. Si chacun a un rôle à remplir, il arrive que différents intérêts entrent en contradiction. À l’heure actuelle, beaucoup de responsabilités reposent sur les propriétaires de bâtiments ou de maisons anciennes et sur les fabriques dans le cas du patrimoine religieux. Les propriétaires qui désirent vendre sont à la merci des acheteurs, souvent des promoteurs qui n’ont malheureusement pas le souci d’assurer la préservation du lieu et qui ont pour objectif de rentabiliser leur investissement. Cela provoque des ventes précipitées sans projet concret, des abandons, des démolitions. Un beau bordel en d’autres termes. 

Les défaillances patrimoniales québécoises ont aussi été mises de l’avant par la démolition de l’église Saint-Coeur-de-Marie de Québec. Le sort réservé à ce lieu d’un charme fou, qui fût au centre d’un laborieux litige entre la ville et le promoteur, illustre et résume à lui seul le malaise patrimonial que nous vivons au Québec; des fonds insuffisants pour l’entretien, le manque d’incitatifs financiers, l’hésitation des autorités, mille et une autre priorités politiques, la méconnaissance des règles et options entourant le patrimoine, un nationalisme déficient, une indifférence généralisée quant à l’importance du patrimoine pour une communauté et une nation, une laïcité qui méprise le catholicisme, le manque d’originalité pour donner une deuxième vie à un établissement, l’attitude belliqueuse et capitaliste de promoteurs, une prise de conscience collective tardive.

Le patrimoine doit générer plus d’émotion dans la population québécoise. Il s’agit de témoins de notre histoire, d’objets identitaires appartenant à notre collectivité. Mais comment une municipalité peut-elle intervenir sans déplaire à des promoteurs parfois très influents? Le patrimoine est un outil de séduction et d’orgueil national mais également une contrainte dans quelques cas. Les intervenants doivent concilier les intérêts économiques de la municipalité, les budgets, l’aspect touristique, les besoins des citoyens et l’acceptabilité sociale. La revitalisation d’un quartier historique, l’aménagement d’un parc commémoratif ou la rénovation d’un immeuble patrimonial engendra inévitablement des mécontents. De tels projets réclament de la patience et de la compréhension pendant leurs réalisations, sollicitent l’argent des contribuables, déchaînent de la jalousie. Mais répétons le : le patrimoine bâti du Québec est une richesse collective à préserver pour les générations futures. Honorer les piliers de notre passé n’est ni un luxe ni de la superficialité. Ni un caprice. C’est la célébration de qui nous sommes. C’est le respect de nos pionniers mais aussi de nous mêmes. C’est la pérennité. La base de l’humanité. 

Nous devons réfléchir à l’impact de la disparition d’une maison, d’une église ou de tout autre emblème patrimonial sur un village, une municipalité, une région, ou pour l’ensemble des Québécois, et aussi aux répercussions positives de sa présence sur la qualité des milieux de vie. Au-delà des dollars à investir, maintenir une propriété ancienne en bon état, c’est traduire le désir, encore plus important, de transmettre l’amour de sa patrie. Il faut de la vision, de la passion et de la détermination pour répondre au défi que représente la préservation et de la valorisation du patrimoine. La protection du patrimoine personnifie, pour paraphraser un politicien célèbre, « un beau risque ». Contribuons collectivement à la mise en valeur de notre quartier, à la visibilité de notre ville, à l’attractivité de notre région et à la glorification de notre patrie.

Une ville pas comme les autres : Québec

Je suis un citoyen de Québec depuis toujours. J’ai aussi quelque peu voyagé. Notre capitale nationale n’a rien à envier au monde entier. En fait, cette affirmation n’est vraie que partiellement. Je suis allé récemment à Boston, au Massachusetts, la ville états-unienne duquel on compare parfois Québec; pour son charme, son histoire, son patrimoine. Boston ressemble en plusieurs points aux grandes villes des États-Unis. Sa richesse côtoie une grande pauvreté; on peut dénombrer des dizaines de sans abris; de nombreux déchets jonchent les rues; l’odeur typique des métropoles états-uniennes; les nombreux gratte-ciels, le cosmopolitisme; la congestion routière; le bruit. Québec ne vit pas la même problématique sociale que celle de nos voisins du sud. Mais une chose frappe toujours l’imaginaire lors d’un périple aux États-Unis : leur fierté. Boston ne fait pas exception. Elle la déploie dans les soins apportés à son patrimoine et à la valorisation des lieux et personnages qui ont marqué l’histoire nationale des États-Unis. Les lieux de culte, les maisons anciennes et les bâtiments publics y sont minutieusement entretenus et préservés. Boston n’est pas parfaite. La ville a connu ses défis patrimoniaux, ses disputes, ses échecs. Il parait illusoire d’être en mesure de tout sauvegarder. La tâche serait herculéenne.

Il n’est pas dit non plus que la ville de Québec n’emploi aucun effort patrimonial. Mais il est facile de comparer. L’amour que portent les Bostonnais pour leur histoire conduit Québec à retenir quelques leçons. Et à réveiller nos politiciens. Beaucoup de personnages y sont honorés. Tellement plus que chez nous. Le nombre de statues et de monuments y est étonnant. En bronze tout particulièrement. Le bronze apporte de la dignité et de la magnificence. Un hommage au passé par un lieu de recueillement et de mémoire. Une force pédagogique indémodable. Une marque de respect pour un homme ou une femme qui aura contribué à l’essor d’une nation.

Le manque d’attention que porte les Québécois à leur histoire est l’une de nos plus grandes faiblesses. Les multiculturalistes, oui, font un ravage idéologique qui touche l’imaginaire historique des nations. Le Québec n’y échappe pas. Le malaise est toutefois plus profond. Notre déficit patrimonial est, avant toute chose, une question d’intérêt et de leadership. AP l’a brillamment démontré : les autorités politiques ont un énorme rôle à jouer. Elles doivent prendre les devants. Démontrer du sérieux. Les politiciens municipaux ont très souvent des priorités de la vie quotidienne à gérer ce qui placeront, par conséquent, des dossiers comme le patrimoine sur la voie d’évitement; un réseau d’aqueduc qui flanche; une nouvelle rue à construire; un conflit de travail; une catastrophe naturelle; la lutte à la pauvreté; les services de proximité; le transport en commun, les taxes. Les citoyens s’attendent à ce que les élus répondent à leurs besoins immédiats. Le gouvernement du Québec a devant lui des enjeux nationaux difficiles à esquiver; le système de santé, les aînés, les infrastructures routières, la loi et l’ordre, la sécurité civile, les relations intergouvernementales, l’éducation. Les politiciens auront ainsi tendance à gérer à la petite semaine, sur du court terme. Par nécessité, par électoralisme et beaucoup par manque de profondeur intellectuelle et historique.  

Le patrimoine oblige une vision à long terme. Non pas une gestion sur un bout de papier. Intervient ici l’agenda politique. Un gouvernement peut avoir comme grand dessein de construire un barrage électrique, créer des garderies quatre ans, établir un réseau de transport moderne. Et pourquoi ne pas avoir en plus une vision nationaliste qui par exemples,  impliquerait la protection de langue française, la fin de l’immigration de masse et une stratégie globale pour le patrimoine? Une ville peut aussi avoir une telle vision. Plus modeste évidemment que les autres paliers de gouvernement. Tandis que le gouvernement du Québec dessinera des concepts et une vue d’ensemble, une ville aura à être précise et concise sur les gestes à faire sur son propre territoire. Identifier les lieux problématiques. Intervenir rapidement lors de l’abandon d’un édifice. Trouver des solutions créatives. Regrouper les intervenants. Mettre de la pression sur les élus provinciaux. Réagir publiquement. Une ville est dans le concret. La ville de Québec a les moyens financiers pour établir un plan de match patrimonial crédible et complet. Il faut dans tous les cas des politiciens solides, de bonne foi, qui aiment réellement sa patrie. Des politiciens qui agissent dans un contexte de continuité historique. A nous de voter pour ce genre de politiciens. Ceux qui pensent d’abord à la nation et non à travers le prisme du multiculturalisme. 

Un maire aura une vision qui lui appartient. Son action ou son inaction aura des répercussions sur le cadre patrimonial de sa ville. Régis Labeaume a, lui, placé ses billes dans des projets très onéreux – un anneau de glace, un marché public, un projet de tramway, un nouvel amphithéâtre. Des projets souvent absout d’un consensus populaire. Les politiciens à la Labeaume préfèrent les taxes engendrées par la démolition d’un immeuble ancien et la construction d’un bâtiment moderne. Ils se refusent à investir massivement dans le patrimoine, pourtant gage de charme et d’attraits touristiques. Ils favoriseront le modernisme banal et terne d’un immeuble à condos à un patrimoine riche en histoire et en potentiel.

Un politicien sans stratégie claire pour le patrimoine finira par le négliger. Malgré de belles paroles initiales. Il s’en occupera, au mieux, à la pièce. Tout décideur municipal, et encore plus dans une ville patrimoniale comme Québec, a le devoir de s’entourer d’experts en patrimoine. Et d’y élaborer par la suite un plan de match rigoureux. Mais les politiciens ne perçoivent que les sujets potentiellement intéressants électoralement. Si la population se rassemble derrière le patrimoine ou si des acteurs importants de la ville contribuent à le promouvoir, le politicien, qui, c’est dans sa nature, veut se faire aimer puis réélire, écoutera. Pour que le patrimoine génère un tel engouement populaire, un nationalisme devra se développer et se déployer. Les Québécois doivent redécouvrir leur histoire nationale. Retomber en amour avec elle. C’est de cette manière qu’ils remarqueront la fragilité de leur patrimoine. 

Certains politiciens se passionnent pour le patrimoine. Certains sont aussi largement nationalistes. Ils sont aujourd’hui en nombre insuffisant. Un nationaliste québécois peut sous-estimer l’importance du patrimoine dans le destin de sa patrie. L’indépendance du Québec passe par la question identitaire. Nulle part ailleurs. Les multiculturalistes mettront cependant les bouchées doubles pour anéantir tout déploiement nationaliste. Ils aspirent au mondialisme et non à de nouvelles nations. Le patrimoine a donc devant lui des adversaires coriaces : les multiculturalistes, la méconnaissance et l’indifférence.

AP a aussi longuement traité d’un cadre réglementaire flou et mal ficelé. Elle nota aussi que de nouvelles mesures financières sont requises. Des crédits d’impôts, des subventions, mais aussi une baisse générale du fardeau fiscal et de la bureaucratie québécoise aideraient les propriétaires d’immeuble patrimoniaux. Trop de taxes. Trop d’impôts. Trop de paperasse. Trop de bureaucrates. Le propriétaire d’une maison ancienne ou d’un bâtiment historique a besoin de l’appui des gouvernements. Et non de bâtons dans les roues. Une fiscalité québécoise globalement moins lourde combinée à quelques incitatifs financiers auraient déjà, pour tout propriétaire d’immeuble ancien ou patrimonial, une incidence non négligeable. Ce sont des mesures concrètes et rapidement applicables. Les politiciens ont des décisions à prendre. Les Québécois doivent simplement avoir plus d’argent dans leurs poches.

Les résidents de Québec aiment leur ville. Pourquoi tant de gens décident de venir y vivre? Pourquoi le tourisme se porte si bien? Est-ce pour apprécier sa plus récente tour à condos? Pour s’émerveiller devant un nouveau quartier résidentiel? Ou pour admirer son étalement urbain? Bien sûr que non. Son charme n’a pas jaillit soudainement. C’est pour sa beauté, son histoire française et catholique, sa richesse patrimoniale. Chaque démolition ou disparition d’un morceau de notre patrimoine laisse un trou massif dans le tissu urbain. Un symbole de disparu. Notre image de marque fragilisée. Il faut prendre pour exemples évidemment Boston, Paris, Barcelone, mais aussi avoir du recul et reconnaître ce qu’en tant que ville et peuple, nous avons accomplis. Un immeuble patrimonial peut et doit avoir une deuxième vie. Une église transformée en musée ou en bibliothèque incarnent l’apothéose de la conversion réussie. Le Morrin Center, la Maison de la littérature et la Bibliothèque Claire-Martin sont des démonstrations les plus frappantes. De belles réussites. Magnifiques. Élégantes.

La démolition de l’église Ste-cœur-de-Marie et les problèmes rencontrées par les églises du Très-St-Sacrement et St-Jean-Baptiste, en plein coeur de Québec, ont révélé une gestion déficiente de la ville de Québec. Ce que nous ne devons pas faire. Ces églises sont centenaires. Elles ont été abandonnées. Elles pourrissent. On laisse trop souvent les propriétaires insoucieux et avides de gains de ces églises agirent à leur tête. Ils s’arrangent pour que l’ancienne église se détériore au point de menacer de s’écrouler et blesser les passants. La démolition devient alors la seule alternative possible. Une verrue maintenue artificiellement pendant des années par des capitalistes qui se moquent du cachet historique d’une ville. La mésentente entre la ville de Québec et le propriétaire n’améliora en rien le sort de l’église. Ce dossier est sans doute complexe. Des détails nous échappent. Peu importe les excuses et raisons données par la ville, le promoteur et les politiciens pour expliquer la tournure des évènements, la finalité reste la démolition de l’église. Pourquoi ne pas poursuivre la conversion d’églises en bibliothèques? Jumeler l’histoire et la culture. Ou en musées nationaux; un équivalent québécois des bibliothèques présidentielles états-uniennes; ou pour célébrer nos grands auteurs québécois; un musée de la science et de la technologie; un musée des enfants; un musée de la musique. Ou par la création d’un panthéon des sports du Québec qui viendrait relater l’histoire sportive québécoise? Il y a tellement d’options. 

Contrairement aux villages québécois chez qui l’église représente le joyau ou le centre des activités culturelles et sociales, les grandes villes comme Montréal et Québec minimalisent l’attention portée à la préservation de notre patrimoine religieux. Le Montréal multiculturel de la mairesse Valérie Plante ne pleure pas devant le triste sort de ses églises. La laïcité de l’état québécois n’apporte pas que du positif. On en veut à la religion catholique. Ou veut l’effacer de notre histoire. Il est possible d’être athée ou embarrassé des bourdes et scandales du catholicisme. Mais la protection de notre patrimoine n’a qu’un lien modeste avec le culte et l’institution elle-même. Avec le patrimoine, on manifeste son attachement à la patrie et à son vécu, non pas aux dogmes de la religion ou au faste du Vatican. Les Québécois doivent le comprendre. En se promenant à travers le Québec et approchant d’un petit village, l’église et son presbytère illuminent le paysage. Ces emblèmes villageois sont aussi les nôtres. Ils nous identifient comme peuple. Ils perpétuent nos traditions. « Je me souviens ». 

Sans réaction politique ni émotion populaire la préservation de notre patrimoine s’effritera encore. Un lent déclin. Tous ont un rôle à jouer. Répétons le. Les politiciens et gouvernements doivent avoir la volonté nécessaire. Le mécénat, réflexe encore timide au Québec, a le devoir de s’impliquer davantage. L’épiscopat doit tenir bon. Sensibiliser la population pour qu’elle puisse s’y investir pleinement. Les médias ont à diffuser l’information et les cas problématiques. Les élus d’une ville s’avèrent être bien souvent la pierre angulaire de l’activité patrimoniale. Ils doivent se lever. La richesse patrimoniale rend une ville plus belle, plus attrayante, plus fière, plus patriote.

Nous aimons la ville Québec. Voulons-nous d’une ville terne, d’une ville comme les autres, pleine de banalités? Car oui les tours à condos ou à bureaux modernes n’ont généralement aucun cachet, aucune unicité. Elles ressemblent à ce que nous pouvons retrouver partout ailleurs. Québec a des atouts : elle est le berceau de l’Amérique française, elle a été  témoin de tant d’événements d’envergures, elle a un paysage naturel extraordinaire, des gens accueillants, une histoire à raconter. Célébrons ce passé. Nos ancêtres. Ne détruisons pas le travail et le labeur de centaines de nos compatriotes. Ne nous contentons pas que du minimum. Notre patrimoine mérite mieux.

[1] Extrait d’un article du Journal de Québec du 17 août 2019. On peut retrouver une version électronique au journaldequebec.com.
[2] Extraits d’une chronique Point de mire du mois de juin 2019 qui parue au actionpatrimoine.ca.
[3] idem
[4] idem

Dialogue avec un étudiant

Université Laval

J’ai discuté jeudi matin de nationalisme québécois avec un étudiant à la maîtrise en anthropologie de l’Université Laval. Ce dernier travaille sur un mémoire à propos du mouvement identitaire québécois.

Il a été entre autres question des lacunes du milieu scolaire québécois concernant l’enseignement de notre histoire et de l’ignoble cours Éthique et culture religieuse (ECR) qui est rien de moins qu’un outil de propagation multiculturaliste. Je lui ai aussi résumé ma vision du nationalisme québécois, de ses influences, de son importance et des raisons menant à la nécessité d’accéder à notre indépendance.

Ce jeune homme est un universitaire suisse étudiant au Québec et qui, semble-t-il, s’intéresse énormément à notre destinée et à nos aspirations.

J’ai confiance – malgré le biais multiculturaliste de l’establishment, de la nouvelle génération et de bien des chercheurs et professeurs universitaires – de la bonne foi de cet étudiant. Que celui-ci n’avait pas, dès le départ, de parti pris mondialiste. Que ses conclusions seront justes et honnêtes. Qu’il ne cherche pas à dénigrer le nationalisme québécois. Qu’il comprend qu’ici, en Amérique du nord, un peuple fragile et unique existe. Qu’il ne considère pas d’emblée le nationalisme comme une forme de racisme et d’intolérance. Ai-je eu tort de me livrer ainsi? Je ne crois pas. Un nationaliste doit saisir chacune des opportunités d’y défendre le patriotisme. Raison de plus si cette opportunité cadre avec le milieu universitaire, milieu gauchiste souvent biaisé, militant, qui censure les idées contraires. Y faire pénétrer les idées nationalistes s’avère une belle réussite. Néanmoins, si son travail est bâclé ou malhonnête, on aura un exemple supplémentaire de la lâcheté et de la dangerosité de la gauche mondialiste.

Chacun d’entre nous a le devoir de s’impliquer d’une manière ou une autre. Le Québec mérite ces efforts.

Le travail d’écriture de l’étudiant se terminera d’ici la fin de 2019. Une première ébauche me sera ensuite disponible. Je vous tiens au courant et si possible, vous aurez droit à quelques extraits histoire d’avoir un aperçu de son mémoire.

Outil nationaliste

 

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Le banquet fondateur (1834)

 

Fondée en 1834 par le journaliste Ludger Duvernay, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB) constitue, encore aujourd’hui, une figure essentielle de la promotion et de la défense de ce peuple issu de la Nouvelle-France; ces valeureux pionniers. Dès son envol, la SSJB s’impliqua activement dans la vie culturelle, sociale et économique québécoise. La Société joua un rôle central dans les manifestations patriotiques – la Journée des Patriotes, le Jour du drapeau et la Croix du Mont-Royal. Elle rassemble les citoyens et organismes dans un but d’unification collective. A l’origine de la Fête nationale du Québec, notre 24 juin, la SSJB contribua également au développement économique du Québec, par les Hautes études commerciales, la Chambre de commerce de Montréal, les premières mutuelles d’assurances, la première caisse d’épargne, la Société nationale de fiducie; à une croissance intellectuelle et technique par une éducation nationaliste, la création de cours publics et de l’École des Beaux-arts; à une effervescence culturelle, par l’édification du Monument national, sa participation à l’adoption du fleurdelisé comme drapeau officiel et du français comme langue officielle du Québec [1] etc.

La lecture de l’Histoire de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal: des patriotes au Fleurdelisé, 1834-1948, par l’historien Robert Rumilly nous plonge dans une véritable lutte nationaliste. De nombreux patriotes, à travers les années, donnèrent généreusement de leur temps et argent pour la défense de la patrie. Ces bâtisseurs de notre histoire sont pourtant en 2019 totalement méconnus du grand public. Plusieurs de ces illustres personnages y laissèrent santé, énergie et loisirs. Pour eux , la défense de notre langue française, l’épanouissement de notre économie, l’éducation de nos jeunes, la commémoration de notre histoire, notre patrimoine et de nos ancêtres, la lutte pour notre autonomie provinciale et l’aide à nos compatriotes Canadiens-français et Franco-américains éparpillés à travers l’Amérique du Nord, s’avéraient indispensables. Les avancées nationalistes propulsées et influencées par la SSJB se comptent par dizaines. Souvent, ces luttes furent menées discrètement, sans artifice. Les divers artisans de la SSJB ne cherchèrent ni la gloire personnelle ni l’appât du gain. La patrie avant tout. L’émotion de notre passé. De nos terres. De notre nature. De notre fleuve. De notre culture. De notre beauté collective. Le Nous fièrement défendu.   

La SSJB contemporaine a moins d’ampleur et a perdu certes un peu de son lustre. Elle est parfois ridiculisée par des fédéralistes et multiculturalistes en manque d’attention, mais elle symbolise encore le rayonnement du peuple québécois. Le nationalisme citoyen, si présent autrefois, plutôt timide en ces temps multiculturalistes, doit reprendre sa place, s’affirmer et détrôner, en quelque sorte, les tentacules d’un État canadien centralisateur comme jamais.

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Gardons en mémoire ces Duvernay, David, Trépanier, Vanier, Dansereau… Sans les nombreux dirigeants, membres et bénévoles de cette grande société, le Québec formerait en ce 21è siècle une province canadienne parmi les autres, simple, sans saveur ni vie. Une population francophone assimilée en rupture avec ses traditions et aveuglée par le multiculturalisme. Le labeur des défricheurs de nos contrées oublié à jamais.

Si nous, Québécois modernes, eurent l’opportunité de se rassembler et de rêver à un État français, notre destinée ultime, nous le devons à des sociétés patriotes, humaines et fières qui, malgré les échecs, les erreurs, les tiraillements internes, les événements politiques, les deux grandes guerres mondiales et les agissements parfois disgracieux du gouvernement fédéral, surent se tenir debout courageusement. La SSJB combattit deux de nos plus grandes menaces : l’immigration massive, qui tend à nous noyer et la centralisation fédérale, aux visées assimilatrices.

La lutte continue! Pour eux. Pour nous. 

[1] Les informations sur la SSJB proviennent de :  Histoire de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Robert Rumilly, l’Aurore, 1975.

Le fantasme d’un Québec indépendant et Daniel Johnson

Je le répète régulièrement, les Québécois oublient. La nouvelle génération, tout particulièrement, ignorent totalement les personnages importants de notre histoire nationale. Paresse. Enseignement déficient. Formation multiculturelle écartant toute forme de nationalisme.

L’histoire, domaine complexe, mais pourtant essentiel à la survie d’une patrie, s’achemine progressivement à un niveau orwellien, à une réécriture par une gauche totalitaire. Si cette révision annonce un régime liberticide, l’histoire amène également son lot d’hypothèses et de suppositions. La Nouvelle-France aurait-elle pu survivre advenant des renforts d’outre-mer? L’Amérique présenterait-elle un visage différent avec une Nouvelle-France catholique et huguenote? Une Nouvelle-France toujours debout retarde-t-elle le rêve d’indépendance des treize colonies anglaises d’Amérique? Un Louis XV visionnaire optant, lors du traité de Paris de 1763, pour ses possessions américaines préférablement aux îles à sucre, change-t-il la destinée mondiale? Une France bonapartiste financièrement solide ne cédant pas une partie de la Louisiane pour se renflouer permet-elle un renouveau français en Amérique? Bref, ce jeu de présuppositions conditionnelles, amusant pour certains, crève-coeur pour d’autres, consent du moins à des débats, découvertes et une curiosité intellectuelle. En cette ère de diversité éteignoir d’identité, l’histoire et le nationalisme apportent de l’espoir.

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Politicien aujourd’hui méconnu et négligé, Daniel Johnson père, malgré un règne éphémère comme premier ministre, marqua un Québec alors en effervescence. Son gouvernement poursuivit les efforts étatiques amorcés sous Jean Lesage. Si la modernité plana sur le Québec, le nationalisme vigoureux de Johnson définit son action politique. Le dynamisme de ses revendications autonomistes, appuyé par une utilisation stratégique de l’option indépendantiste comme ultimatum, marqua un tournant décisif en matière de négociations constitutionnelles. Johnson fut l’un des premiers politiciens québécois à frayer ouvertement avec l’idée d’un Québec libre, crédibilisant et légitimant une idée jusque-là marginale. De minorité francophone en sol canadien, on y concevait maintenant une majorité francophone en territoire québécois, selon un concept clair de nation distincte.

La publication de son «Égalité ou indépendance», ouvrage regroupant l’idéologie unioniste de 1965, illustre principalement un Québec différent des autres provinces et une reconnaissance tangible de deux nations à l’intérieur même du Canada, fruit d’une alliance entre celles-ci;  l’une d’origine française et l’autre d’origine anglaise. Le Québec revendiquait une décentralisation des pouvoirs fédéraux et le principe d’égalité constitutionnelle et gouvernementale face à une communauté anglophone dominante, assimilatrice et méprisante. A la tête d’un Québec galvanisé par la Révolution tranquille et l’Expo 67, Johnson clama sans hésitation et en diverses occasions les doléances québécoises. La présence du Québec dans la francophonie mondiale et le support indélébile d’une France gaulliste qui dressa des liens fratricides avec le peuple québécois, gênèrent parallèlement un gouvernement fédéral médusé et soucieux de ce réveil nationaliste.

La mort de Johnson en 1968 changea notre histoire. Au même titre qu’un Honoré Mercier victime d’une œuvre inachevée, Johnson mijotait tant d’aspirations pour son peuple. Sa potentielle lutte face à un Pierre Elliott Trudeau qui allait, à notre plus grand malheur, rapatrier la constitution canadienne, aurait pris énormément d’importance. Un Trudeau refusant toute concession exposait alors le Canada à une crise politique mené par un Québec fier, dirigé par un Johnson prêt à déployer, et ce, bien avant la victoire de 1976 du PQ, l’indépendance du Québec. Johnson affichait un réalisme et un pragmatisme qui dans ce revirement historique, allait conduire l’édification d’un nouveau pays par un processus pacifiste, juste et honnête. Le gouvernement Johnson, sans brusquer quiconque, octroyait au préalable, à ses partenaires canadiens, l’opportunité d’une nouvelle entente constitutionnelle, c’est-à-dire d’un renouveau ou d’une alliance, qui se traduisait par des gestes de rapprochement et de négociations sincères.

Son décès soudain ralentit ce bel élan nationaliste. Le déclin de l’Union nationale, l’arrivée d’un nationaliste modéré en Robert Bourassa et un clan souverainiste, le PQ, encore fragile, permirent à Trudeau d’étaler son pouvoir et de préparer son plan machiavélique de noyade migratoire du Québec. Que prévoir d’une ronde de négociations constitutionnelles entre un politicien aguerri en Johnson et un Trudeau nouvellement élu? La signature d’un nouveau pacte nécessairement plus profitable que celui imposé en 1982, monstre qui allait, par le multiculturalisme, décimer le Québec francophone? Un Québec indépendant en l’absence d’un accord? Un Québec libre ne paraissait pas si éloigné en 1968. Sans la disparition de Johnson, nous étions peut-être à la portée de ce rêve. Davantage encore qu’en 1980 et 1995. L’histoire et ses hypothèses.

Une campagne malgré tout cruciale

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La campagne électorale arrive enfin à sa fin. Cette élection s’avère cruciale pour un Québec perdant progressivement son identité historique. D’abord, en excluant le thème de l’immigration et de l’indépendance du Québec, cette élection ne regroupe, chez les principaux partis, que des desseins progressistes, un désir d’un interventionnisme étatique hélas accru. Les aspects économiques trouveront toujours une place de choix dans un joute politique. Néanmoins, l’immigration a aussi largement été débattue.

Une pénurie de main d’œuvre sévirait par exemple partout au Québec. Maires et entreprises sollicitent l’arrivée massive d’immigrants. Plusieurs études démontrent pourtant que l’immigration ne règlera en rien la situation. L’essai Le Remède imaginaire, de Benoît Dubreuil et de Guillaume Marois, l’illustrait aussi parfaitement. Nos médias biaisés fuient pourtant cette version.  

Oublie-t-on que pour pallier à cette prétendue difficulté, nous avons des dizaines de milliers de chômeurs aptes au travail, des Premières Nations à motiver, ainsi que des retraités pour qui toutefois, un retour au travail n’est pas nécessairement avantageux fiscalement? Alors que plusieurs s’inquiètent du chômage présent dans certaines régions québécoises, paradoxalement, on souhaite une forte immigration pour venir remédier à une insuffisance d’employés. La gauche inclusive se contredit régulièrement pour mousser sa doctrine multiculturelle. Une certaine droite patronale se rendra également  pathétique en exigeant une immigration de masse, prétextant un nombre déficient de salariés disponibles. Leur but inavoué réside en fait à une main d’oeuvre bon marché permettant ainsi à une baisse de la rémunération. Besoin de l’immigration? Foutaise.

La population québécoise note maintenant le fouillis total en matière d’immigration. Un vrai casse-tête. Un dédale bureaucratique. Idéalement, un moratoire sur l’immigration s’imposerait. Un ménage, une remise à neuf, des idées nouvelles. Pour le moment, seule une immigration européenne francophone se trouverait, pour le Québec, acceptable. Facilement intégrable, nos valeurs occidentales n’en subiraient de ce fait aucun contrecoup. Mais nos élites, apeurées de se voir étiquetés de racistes et d’intolérants, encouragent plutôt une immigration maghrébine, haïtienne, indienne, pakistanaise et africaine. Un non sens culturellement. 

Une incompréhensible vision de l’immigration plaça le chef caquiste en mauvaise posture. Un sujet si controversé nécessite des propos solides et claires ainsi qu’un ton affirmatif. Un politicien courageux gagnera souvent des points mais dès le départ, Legault s’est vautré dans une rectitude politique qui réduisit la portée de son nationalisme déjà très modéré. Attiré par la gauche par électoralisme et peur de la critique, il perdit le contrôle de sa campagne. Pourquoi craindre une position identitaire forte? Une explication d’abord franche sur le refus d’accorder la citoyenneté à un étranger aurait empêchée toute forme de reformulation, un glissement vers l’« expulsion », mot effectivement à connotation très préjudiciable.

Philippe Couillard incarne la démesure multiculturelle. L’identité du Québec décline. Stoppons d’abord l’hémorragie en battant son parti. La destruction libérale affecte particulièrement la question nationale, mais elle écorche tout autant la société québécoise dans sa globalité. Sans rire, Couillard affirme régulièrement que nos problèmes actuels découlent des coupures péquistes sous Lucien Bouchard; jamais des 15 ans de règne libéral. Cette longue épopée gouvernementale libérale se solde par un échec total. Corruption; de l’attente partout; infrastructures déficientes; gaspillage éhonté; hausse du fardeau fiscal des contribuables; subventions aux entreprises; énorme bureaucratie; imposante dette; langue française en déclin; patrimoine en danger; valet de l’islam; noyade migratoire; maintien du cours ECR, perte identitaire etc.

Le premier ministre sortant ne vit que pour l’immigration. En adepte extrémiste du multiculturalisme, il détruit notre identité historique. Il banalise le voile et les signes religieux. « Vous êtes contre la majorité des Québécois », « Vous ne voulez pas défendre les valeurs des Québécois » formulait Legault en réplique à un Couillard visiblement anti-québécois. Disons le franchement, Couillard personnifie la traîtrise. Les minorités culturelles importent plus pour lui que le bien-être de la patrie.

Dans une autre affirmation loufoque, le chef libéral insinuait que le français se portait bien à Montréal. Mensonge. Un tableau récemment aperçu lors d’une visite à l’Observatoire de la Capitale établit que le français est la langue maternelle de moins de 50% des Montréalais. Un déclin tranquille. Le débat en anglais fût dès lors une erreur monumentale. Le français représente la seule langue publique. Les anglophones affirment parfois être des citoyens de seconde classe dans notre société. Par ces pleurs, répondons par un durcissement de la loi 101. L’anglais menacera continuellement la langue française, mais n’oublions surtout pas l’enfer multiculturel véhiculant une multitude de nouvelles langues. Nous ne combattons pas les anglophones; nous plaidons pour le français. Une patrie résolument française est réalistement la seule issue possible dans cette mer nord-américaine anglophone.

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Extrait de l’exposition Parcours-horizons, présenté à Observatoire de la Capitale

Cette identité québécoise a produit des flammèches lors de la campagne. Ce sujet éveille peut-être maintenant un certain élan patriotique. Protégeons notre patrimoine, notre passé, notre langue. Soyons fier de nos racines historiques et battons nous. Le sort de notre Québec en dépend.

 

 

 

Le Parti libéral du Québec, d’un symbole à un adversaire du nationalisme québécois

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Honoré Mercier (1840-1895) fût premier ministre du Québec de 1887 à 1891. Il s’agit de l’un des plus illustres politiciens du Québec. Visionnaire et patriote, son nom est pourtant aujourd’hui méconnu, tout comme la plupart de nos personnages importants. Nos jeunes, notre avenir, endoctrinés en apologistes du multiculturalisme inculqué dans nos écoles converties en laboratoires orwelliens, méconnaissent les oeuvres classiques, la littérature, la culture générale et tout spécialement l’histoire nationale québécoise. Notre société aseptisée, nourrit à la rectitude politique excessive, censure l’art, les opinions contraires à la gauche multiculturelle, amenuise toute forme de patriotisme et de valorisation de notre passé catholique. Depuis les débuts de l’âge médiévale, la civilisation occidentale n’a cessée de progresser et de se développer par la science, la médecine, la technologie, l’essor des droits de l’homme, la démocratie, la liberté d’expression etc. Le message totalitaire des trolls de la gauche régressive, soutenu par le biais de l’élite journalistique, parvient aujourd’hui aux politiciens, qui par peur d’être ostracisés, attaqués publiquement et d’incarner de ce fait l’intolérance et le racisme, implantent un climat multiculturel malsain, dévastateur, conflictuel, conférant à l’Occident le signal d’un déclin annoncé. Le mutisme et la faiblesse politique entraîneront forcément le Québec dans ce tumulte. L’identité historique québécoise se volatilise donc progressivement.

Un réveil patriotique devra émerger. Ce nationalisme moderne diffère évidemment de celui des époques antérieures. Une survivance quotidienne modelait les contemporains de la Conquête de 1759; l’aspiration d’un gouvernement responsable et démocratique anima la rébellion de 1837-38; l’appel d’une souveraineté canadienne guida Honoré Mercier; l’évocation d’un Québec totalement libre pris racines avec Lionel Groulx puis émergera avec le mouvement séparatiste des années 60; en 2018, le nationalisme symbolise la fierté d’une identité à défendre – celle érigée par nos courageux ancêtres – face à un multiculturalisme exterminateur. Où se cache à présent l’indispensable leadership de la cause nationale? Assurément, des groupuscules citoyens s’organisent. La réussite du mouvement identitaire passe néanmoins par une force rassembleuse et vigoureuse. L’histoire du Québec a connu un homme de ce calibre : Honoré Mercier.

Mes dernières semaines furent consacrées à la lecture des discours de ce marquant premier ministre. Ouvrage lourd, nécessaire et passionnant, ce recueil résume la prolifique carrière de Mercier, sans toutefois négliger sa terrible chute provoquée par des adversaires adoptant une redoutable partisanerie politique. Le charismatique Mercier dérangeait. La population l’adulait mais ses ennemis politiques et médiatiques l’ont terrassé, le conduisant ainsi à une déconfiture gouvernementale, sa disgrâce, puis sa ruine personnelle. Pour Mercier, le patriotisme, les réussites de sa patrie et l’unité nationale, primaient sur les luttes fratricides et partisanes. Quoique quelle fût totalement méprisée par des rivaux jaloux et crapuleux, cette conception de la vie publique et parlementaire, exprimant un noble désir de collaboration et solidarité politique, expose tout de même la voie à suivre pour nos dirigeants actuels. Utopie? Probablement. Dans le cirque politique, l’ego, la superficialité et l’attrait du pouvoir prédominent toujours largement.

« Nos ennemis sont unis, dans leur haine de la patrie française; et nous, nous sommes divisés dans notre amour de cette chère patrie. Pourquoi ? Nous ne le savons pas ! Nous sommes divisés parce que la génération qui nous a précédés était divisée. Nous sommes divisés parce que nous avons hérité des qualifications de rouges et de bleus; parce que le respect humain nous dit de nous appeler libéraux ou conservateurs […]. Brisons, messieurs, avec ces dangereuses traditions; sacrifions nos haines sur l’autel de la patrie ; et dans ce jour de patriotiques réjouissances, au nom et pour la prospérité de cette province de Québec que nous aimons tant, donnons-nous la main comme des frères, et jurons de cesser nos luttes fratricides et de nous unir[1] ».

Cette attitude rassembleuse personnifierait, devant le dynamisme du multiculturalisme, une alternative indispensable pour les tenants identitaires. Outre sa mentalité réunificatrice, Mercier positionne l’éducation comme point d’encrage au développement du Québec.

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« L’instruction élémentaire, messieurs, c’est la première nécessité d’un pays constitutionnel. […] Aux constitutions, comme aux édifices, il faut un sol ferme et nivelé. L’instruction donne un niveau aux intelligences, un sol aux idées. L’instruction des peuples met en danger les gouvernements absolus; leur ignorance, au contraire met en péril les gouvernements représentatifs, car les débats parlementaires, pour révéler aux masses l’étendue de leurs droits, n’attendent pas qu’elles puissent les exercer avec discernement [2]».

Pour lui, l’école et le livre se déployaient au coeur de l’action politique, formant la base même de la démocratie, du patriotisme et du progrès collectif. Une population instruite détectera les abus gouvernementaux et affichera son épanouissement culturel, artistique, scientifique et économique. Période décisive d’un programme pédagogique, l’apprentissage de l’histoire nationale solidifie la fierté, la fibre patriotique et la vitalité d’un peuple. Afin d’y atteindre le but souhaité, le tout nécessitera un enseignement d’une qualité exceptionnelle, présenté par des passionnés suivant des concepts rigoureux, factuels, nationalistes et dénués de révisionnisme historique, particularité de la gauche multiculturelle pour qui l’homme blanc représente le racisme, l’esclavagisme et la tyrannie; l’hostilité à son égard le mènera, souhaite cette gauche totalitaire, à son anéantissement et à sa complète déchéance. La folie multiculturelle n’épargnera donc pas certains personnages disparus depuis fort longtemps, tandis que les moeurs guidant chaque époque se trouvèrent pourtant opposées à celles du 21è siècle. L’irresponsabilité gauchiste menant à une indéniable idiocratie.

La pédagogie ne se limite certainement pas à son parcours scolaire. La vie citoyenne se ponctue de leçons, conseils, connaissances, bref, d’une maturité intellectuelle. La lecture de mon premier essai L’Occident dans la soupe chaude atteint, humblement, ce fragment de la conscience humaine, celle de l’éveil de la fibre nationaliste d’un individu.        

Mercier symbolise ce nationalisme québécois à ranimer. Sa vision autonomiste, sa confiance d’un Québec aux premiers rangs de la confédération canadienne et son vibrant optimisme sur le patriotisme – une affection particulière pour leur patrie d’origine et ses emblèmes : le patrimoine, la terre, les institutions, la langue et le catholicisme – des Canadiens français émigrés prirent hélas une tournure catastrophique. La venue du 20 siècle rappela ensuite notre fragilité. Jules Lantagnac, personnage fictif de Lionel Groulx, chez qui L’appel de la race resurgit, constituait alors une exception. L’assimilation des Franco-américains, la disparition quasi-totale des francophones de l’ouest et une insensibilité nationaliste, phénomène vivement condamné par Groulx, l’Action française et certains intellectuels, isolèrent un Québec devenu minoritaire et vulnérable. Il faudra attendre le nationalisme duplessiste puis spécialement celui des années 60 pour entrevoir un Québec debout, assuré, confiant, maître de son destin.

Avec un certain recul historique, Mercier, exemple de courage et de volonté, a certes commis des erreurs stratégiques et sous-estimé le degré de patriotisme de ses compatriotes. Néanmoins, il aimait son peuple et sa chère patrie. Fortement ambitieux pour elle, il y percevait un potentiel immense, ému par ses racines historiques, l’énergie, la détermination et les valeurs de ses habitants. Un politicien n’agissant que pour la nation québécoise, ses semblables, l’intérêt public; une véritable leçon pour nous, ses successeurs, atteints de la maladie multiculturelle. Le Québec requiert dès maintenant l’avènement d’un Honoré Mercier contemporain, un guide, un mentor, un chef, pour qui la nation l’emporte sur les querelles partisanes, les gains électoraux et la simple popularité. Les politiciens anti-québécois et traîtres à la Philippe Couillard, funestes à la destinée identitaire d’un peuple, y occasionnent un tort considérable et durable. Le Parti libéral du Québec, né du mouvement patriote et autrefois doté d’un sens aiguillé du nationalisme québécois, dirigé entre autres par Mercier de 1883 à 1892, se manifeste aujourd’hui par un ramassis d’opportunistes et de carriéristes unis simplement pour le pouvoir, un parti pour qui la victoire a précellence sur l’avenir même de la nation. Les minorités culturelles, ensorcelées par le discours alarmiste libéral concernant une hypothétique souveraineté, puis séduites également par le visage pantouflard libéral, constituent de fidèles supporters, un électorat maintenant naturel. L’immigration de masse, atout essentiel à la troupe libérale mais qui écrase les ambitions identitaires québécoises, celles absolument décisives pour notre survie nationale. Une fierté habitait jadis le PLQ. Sous le règne de Philippe Couillard, le parti aura atteint la médiocrité et une dangerosité sans précédent.

 

 

 

[1] Discours à l’inauguration du Monument Cartier-Brébeuf, Québec, le 24 juin 1889, Claude Corbo, Honoré Mercier. Discours, 1873-1893, Montréal, Delbusso éditeur, 2015.
[2] Un programme pour les prochaines élections, Montréal, Club Letellier le 30 octobre 1885, Claude Corbo, Honoré Mercier. Discours, 1873-1893, Montréal, Delbusso éditeur, 2015.